Le cri du Patchwork
Magazine
Dimanche 3 juillet 2016
1h

Electricité (4/4) : Décharges électriques

Dernière émission de l'année, dernier épisode de notre thématique : l'électricité. Une émission sous forme d’archives détournées, dans une vrai-fausse-vraie interview d’acteurs des musiques électriques et électroniques.

Electricité (4/4) : Décharges électriques
Lightning strike above buildings © Alfons Teruel / EyeEm / Gettyimages
SONOTHEQUE
SONOTHEQUE

Vocoder

Le vocoder. Cette technologie inventée au cours des années 70 pour pouvoir électriser la voix humaine. Un son qui hante nombre de tubes des décennies 70 et 80, pour réapparaître progressivement au cours des années 2010, nostalgie oblige. Forcément, on est imprégné de vocoder. Petit tour de tubes, ou pas, sous vocoder :

Giorgio Moroder, Einzelganger (1975)
Daft Punk, Around the world
Earth, wind and fire, Let’s groove tonight
Michael Jackson, P.Y.T. (Pretty Young Thing)
Conrad Schnitzler, Auf dem schwarzen Kanal (1980)
Gay cat park, I am a vocoder
Robert Glasper, For you (Benjamin Casey au vocoder)

Le fonctionnement d’un vocoder est finalement assez simple à décrire : vous parlez dans un micro, puis le signal de votre voix est passé par des filtres électroniques dont celui ayant le pouvoir de doter votre voix de hauteurs. Faire chanter une voix qui ne chante pas. Tentant, n'est-ce pas ?

Le premier exemple de vocoder se trouve dans les expérimentations de Bruce Haak, farfelu défricheur de sons électroniques à la fin des années 60. La machine qu'il crée alors s'appelle Farad, en hommage à l’inventeur génial Michael Faraday. C’est un proto-vocoder, d’abord discret mais très rapidement constamment présent dans les créations de Bruce Haack. Comme dans ce morceau appelé Électric to me turn. Nous sommes en 1970 face à un OVNI musical de l’époque.

Bruce Haack, Electric to me turn (1970)

Pink Floyd, Pigs
EMI [5099902895123]

Killing Spree, Stinky Flower
Ayler Records [AYLCD-143]

Kraftwerk, Endless Endless (1977)
Capitol [CDP 7464732]

Ludwig van Beethoven, Symphonie n° 9 - Final / Version Orange mécanique de Kubrick, avec vocoder
SISC [SSD 1097]

Throbbing Gristle, Destoria

Laurie Anderson, O Superman
Warner Bros [WB 257 002]

Une utilisation sensible des effets liées au vocoder. Laurie Anderson, en 1982, mêle le timbre de sa propre voix avec celui de sa voix synthétique, dans ce chant troublant : O superman, imaginé à partir d’un air de Jules Massenet, “O souverain, ô juge, ô père” de l’opéra Le Cid de 1885, transformé ici en “O superman, o judge, o mum and dad”

The A'bel and A'reng, Co Tu and Ta Oi Pako (Province de Hue, Vietnam)
http://www.soundart.zone/2015/12/09/ta-oi-people/

Alvin Lucier, North American Time Capsule (pour narrateurs et système de Vocoder)
Choeur de chambre de l'Université Brandeis, Alvin Lucier (direction)
CBS [61 066]

Le compositeur Alvin Lucier a été l’un des rares à s’interesser Aix possibilités du vocoder. Dans son Northampton American Time Capsule, que nous écoutons en ce moment, des exécutants sont priés de se créer un vocabulaire de mots qu’ils vont dire dans un micro pour être ensuite diffusé sur une bande passante très étroite (de type radio ou téléphone), puis modifier par un vocoder relativement aléatoire. Le résultat n’etant pas contrôlé par le compositeur, on pourrait parler ici d’oeuvre ouverte avec vocoder. Sans doute le seul et unique exemple de ce type.

Haco & Hiromichi Sakamoto, Airhead
RER Recommended [RER 3226]

ENTRETIEN
ENTRETIEN

Electricité : la vraie-fausse interview

Les invités : Léon Theremin, Maurice Martenot, Olivier Messiaen, Brian Eno, Iannis Xenakis, Jean-Michel Jarre, Edgar Varèse, Luciano Berio, Michel Philippot

Séquence réalisée à partir d'archives de l'Institut national de l'Audiovisuel

Programmation musicale :

Bernard Parmegiani, Outremer
"Bernard Parmegiani / Joseph Maria Mestres Quadreny -- Espaces Sonores No. 1" (Pathé Marconi EMI, 1972)

Iannis Xenakis, Mycenae Alpha

Edgard Varèse, Poème électronique
Decca [460208-2]

ZOOM
ZOOM

David Tudor, Rainforest

Une forêt de sons au départ destinée pour la création Rainforest de la compagnie de danse de Merce Cunningham. Mais qui va prendre son indépendance pour avoir une réelle évolution musicale. Plusieurs versions connaîtrons le jour entre 1968 et 1975, permettant à David Tudor de tester des modes de transmission des signaux électriques diffusés de toute part dans cette forêt sonore luxuriante.

David Tudor, Rainforest I
Ellipsis Arts [CD3690]

Dans Rainforest, David Tudor questionne la diffusion de sons électroniques non pas dans des haut-parleurs, mais à travers des objets, fabriqués pour l'occasion ou simplement piochés dans notre quotidien. Tudor découvrit en effet à cette époque les premiers transducteurs fabriqués par la marine américaine. En appliquant ces transducteurs sur des objets de toute sorte, David Tudor pouvait alors étudier la propagation des ondes dans des corps solides. Toutes les modulations de sons, d'intensité, de spatialisation sont obtenues alors en modifiant les endroits de contact entre les objets et les sons.

L'équipe de l'émission :