Le concert du soir
Concerts
Jeudi 18 janvier 2018
1h 57mn

La 3e de Mahler par l'Orchestre national de France dirigé par Robert Spano

En direct du Théâtre des Champs Elysées, l'Orchestre national de France affronte la gigantesque et puissante troisième symphonie de Gustav Mahler. ATTENTION : pour des raisons contractuelles, ce concert ne sera pas proposé à la réécoute.

La 3e de Mahler par l'Orchestre national de France dirigé par Robert Spano
Robert Spano dirige l'Atlanta Symphony en 2006, © Getty / Anne Cusack/Los Angeles Times

Le concert

Gustav Mahler
Symphonie n°3
Anna Larsson, contralto
Chœur de femmes de Radio France
Maîtrise de Radio France
Sofi Jeannin, chef de chœur
Orchestre national de France
Robert Spano direction

L'après concert

  • Interview avec Anna Larsson.
Anna Larsson
Anna Larsson, © AnnaLarsson.nu

La contralto solo de cette 3ème Symphonie de Mahler est ce soir la Suédoise Anna Larsson, diplômée du cursus d’Opéra de l'université de Stockholm en 1996. Mahler est un compositeur important pour cette chanteuse qui fait ses débuts dans la 2ème Symphonie de Mahler sous la direction de Claudio Abbado. Et à l'opéra, elle fit ses débuts dans le rôle d’Erda dans L’Or du Rhin au Deutsche Staatsoper Berlin, sous la direction de Daniel Barenboim. Les rôles fétiches d'Anna Larsson ? Ce sont Kundry, Herodias, Waltraute, Orphée, Fricka, Dalila, Lucrèce, la Princesse Zia, personnages qu’elle incarne sur les grandes scènes européennes. Un répertoire qui s'est peu à peu enrichi, avec les rôles de Clytemnestre (Elektra) au Wiener Staatsoper, iy Waldtaube dans les Gurrelieder à l’Opéra d’Amsterdam. Dans les rôles récents d'Anna Larsson, citons en 2016-2017, Mrs Quickly (Falstaff) à l’Opéra de Francfort, ou encore Kundry au Deutsche Staatsoper de Berlin avec Daniel Barenboim, ainsi que de nombreux concerts dont Le Chant de la terre sous la direction d’Eliahu Inbal au Festival de Verbier. Cette saison, elle chante le rôle de Geneviève (Pelléas et Mélisande) à l’Opéra de Paris et au Deutsche Staatsoper de Berlin. Elle revient à l’Opéra des Pays-Bas pour faire revivre Waldtaube.

Benjamin François : Vous avez été dirigée par les plus grands chefs malhériens de notre époque : Claudio Abbado, Zubin Mehta, Daniel Harding, Esa-Pekka Salonen, Lorin Maazel et Kurt Masur, et qui a écrit une longue histoire avec Mahler, depuis ses débuts internationaux avec la 2ème Symphonie « Résurrection ». Je rappelle aussi que vous avez enregistré par 3 fois cette 3ème Symphonie avec Abbado, Salonen et Gergiev. De votre point de vue, Anna Larsson : comment était le concert de ce soir ?

Anna Larsson : C’est toujours formidable de faire la 3ème de Mahler. Bien sûr, c’est une de mes pièces favorites, j’étais en train d’y repenser durant la répétition ce matin, aussi bien quand je suis assise que quand je chante. Je ne peux que goûter intensément au dernier mouvement qui est peut-être la musique la plus délicieuse que Mahler ait jamais écrite. Une musique pleine d’amour, je dois dire que je l’adore tout simplement.

Benjamin François : Vous la chanteuse wagnérienne qui endossez les rôles de Erda, Fricka, Kundry et Brangäne, est-il si différent de chanter une symphonie de Mahler avec voix, ce qui ressemble plutôt à un oratorio et même aussi à un lied avec accompagnement d’orchestre ?

Anna Larsson : On me pose souvent cette question, mais pour moi, c’est du pareil au même. Pour moi, cela revient à raconter une histoire. Et si vous chantez des lieder, c’est vraiment important d’avoir une expérience de l’opéra. Et là vous arrivez, et vous vous produisez sans masque, sans perruque, l’éclairage et tout l’artefact de la scène, et vous racontez l’histoire. Vous êtes complètement à nu, exactement comme une actrice qui tourne un film. Vous racontez l’histoire en étant tout proche, le public peut tout observer, c’est vraiment excitant. Et après vous vous produisez dans un opéra et là vous vous dîtes : je n’ai pas besoin d’en faire autant. Je peux vraiment raconter l’histoire avec ma voix, mes paroles, et tout ce qui est autour n’est qu’une partie de cela. Et même parfois, quand je chante un rôle d’opéra, je reviens au texte, parce que j’ai chanté des lieder avec orchestre, puis je suis revenue à l’opéra et je me suis dit que je devais mieux mettre le texte en valeur. C’est donc comme un kaléidoscope aux prismes multiples. Vous percevez donc différentes couleurs, mais qui sont issues de la même source.

Benjamin François : La poésie de Nietzsche est un peu compliquée à saisir pour un très large public. Vous qui êtes une ambassadrice de la musique classique, comment l’expliqueriez-vous à des enfants par exemple ?

Anna Larsson : Ce n‘est pas si facile à définir… mais je pourrais dire qu’il existe des poèmes et des textes qui ne sont pas si faciles à appréhender avec votre cerveau. C’est quelque chose qui fait énormément appel aux émotions. Et cela peut être mystérieux, et vous êtes autorisé à en faire votre propre expérience. Cela est valable pour la poésie, et aussi pour la musique classique. C’est quelque chose que nous faisons parce que nous ne pouvons pas le décrire avec des mots. Nous ne sommes pas capables d’en parler. C’est très difficile à expliquer, et c’est pour cela que cela existe.

Propos recueillis et traduits de l'anglais par Benjamin François le 18 janvier 2018.

Pour aller plus loin

Prochain concert de l'ONF

Le jeudi 25 janvier 2018 à 20h à l'Auditorium de Radio France avec la violoniste Arabella Steinbacher et l'Orchestre national de France dirigé par James Feddeck.

Au programme :

  • Jean-Sébastien Bach / Anton Webern : Ricercare
  • Paul Hindemith : Concerto pour violon
  • Serge Rachmaninov : Symphonie n°2

Ce concert est diffusé en direct sur France Musique.

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