Le concert du soir
Concerts
Jeudi 25 janvier 2018
1h 59mn

La 2e de Rachmaninov & le concerto pour violon de Hindemith par Arabella Steinbacher et l'ONF dirigé par James Feddeck

Une oeuvre symphonique incandescente conçue par un Rachmaninov tourmenté lors d'un exil à Dresde pour échapper à la pression politique de la Russie. En amont, Hindemith & son concerto pour violon composé en 1939. Et à l'entracte, une rencontre avec Arabella Steinbacher et James Feddeck.

La 2e de Rachmaninov & le concerto pour violon de Hindemith par Arabella Steinbacher et l'ONF dirigé par James Feddeck
Arabella Steinbacher, © Peter Rigaud

Le concert, 1ère partie

Jean-Sébastien Bach / Anton Webern
Ricercare
Orchestre national de France
James Feddeck, direction

Paul Hindemith
Concerto pour violon
Arabella Steinbacher, violon
Orchestre national de France
James Feddeck, direction

BIS : Eugène Isaïe
Obsession, Sonate, Premier mouvement
Arabella Steinbacher, violon

-
-, © Radio France

Avec Arabella Steinbacher et James Feddeck

James Feddeck et Arabella Steinbacher
James Feddeck et Arabella Steinbacher, © Peter Rigaud - Terry Johnston

Illustrations musicales :

  • Franz Waxman : Carmen fantasie, par Arabella Steinbacher (violon), Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, Lawrence Foster (direction)
  • Jules Massenet : Méditation de Thaïs (Acte II), par Arabella Steinbacher (violon), Orchestre philharmonique de Monte Carlo, Lawrence Foster (direction)

Benjamin François : Comment replacer cette 3ème Symphonie de Rachmaninov dans l’école russe du début du 20ème siècle ?
James Feddeck : Pour Rachmaninov et cette idée, je pense toujours à ses mélodies. Ces mélodies longues, magnifiques, qui ne finissent jamais. Et vous pensez : maintenant, elle va se terminer, voici une cadence, et elle continue et continue toujours. Et je pense que c’est la raison pour laquelle cette pièce est si populaire. Et c’est une des raisons pour laquelle la musique russe est toujours aussi populaire et sur ce point, son dénominateur commun.
Benjamin François : Pourquoi a-t-on été tenté dans les années 1950-60 de couper et même de mutiler cette 2ème Symphonie de Rachmaninov ? Cela nous paraît un peu suspect aujourd’hui ?
James Feddeck
: C’était une chose très répandue, et ça l’est toujours, même dans des représentations actuelles. Un peu moins, mais cela arrive toujours aujourd’hui que des orchestres ou des chefs décident de faire des coupes. Pour ma part, j’ai eu à travailler comme chef avec l’Orchestre de Cleveland, et nous possédons dans notre bibliothèque une série de coupures pratiquées par Rachmaninov lui-même qui émigra aux Etats-Unis dans la dernière partie de sa vie, et il était très actif en tant que pianiste ; il vint travailler avec l’orchestre de Cleveland, et à ce que l’on dit, il aurait probablement autorisé ses coupes.
Benjamin François : A-t-on suffisamment de recul aujourd’hui, en 2017, pour interpréter cette 2ème Symphonie de Rachmaninov, y compris en prenant ses distances avec les recommandations du compositeur ?
James Feddeck : J’adore jouer différentes œuvres avec un orchestre, mais j’adore aussi dirriger des standards du répertoire. Pour être honnête, nous avons un merveilleux orchestre ce soir, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, et la première répétition aurait probablement suffit pour donner un résultat magnifique ce soir au concert, c’est clair, ils peuvent le faire, mais nous avons investi le temps, pour jeter un regard nouveau sur ce qu’avait écrit Rachmaninov. Cela ne veut pas dire qu’on est pas littéral, et que c’est une question de respect pour représenter ce que Rachmaninov a vraiment souhaité. Parce que souvent dans ces œuvres qui font partie des grands standards du répertoire, il ne reste plus que la tradition. Les gens jouent exactement de la manière dont ils l’entendent et l’ont toujours entendue. Mais peut-être n’est pas la meilleure des façons. Donc j’essaie d’apporter quelque chose de nouveau. J’ai tendance à penser que pour la plupart cela est dû au fait qu’il voulaient enregistrer la symphonie, et elle était trop longue pour la technologie de cette époque. Juste un peu trop longue… Mais j’ai des collègues qui continuent de penser que, bon, elle est trop longue pour les gens. Et donc autorisent les coupes. Quant à moi, j’ai interprété plusieurs fois cette symphonie, et je suis ravi de cette opportunité, et je ne l’ai jamais coupée. Et je pense qu’il est important de représenter ce que Rachmaninov souhaitait, et pour nous interprètes, que nous trouvions une voie qui permette à l’architecture d’être comprise par l’auditeur. C’est tout le défi auquel était confronté Rachmaninov dans ses pensées, et quand nous écoutons ses quelques enregistrements, on constate qu’il n’avait pas forcément concentre d’un centre que nous avons maintenant lorsque nous considérons son œuvre a postériori.

Le concert, 2ème partie

Serge Rachmaninov
Symphonie n°2
Orchestre national de France
James Feddeck, direction

Pour aller plus loin

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