Le concert du soir
Concerts
Jeudi 12 avril 2018
1h 58mn

Kaddish de Bernstein & Taras Bulba de Janáček

La troisième symphonie "Kaddish" : l'oeuvre la plus personnelle de Bernstein où ce chant biblique prône un message de paix universel est mise en parallèle avec l’étincelant Taras Bulba de Janacek. Les deux formations orchestrales de Radio France sont au rendez-vous de ce programme grandiose.

Kaddish de Bernstein & Taras Bulba de Janáček
Yutaka Sado & Marzena Diakun, © Jun Yoshimura - Lukasz Rajchert

Avant-Concert

Interview de Judith et Leah Pisar (récitantes)

Judith Pisar et Leah Pisar avec Kelly Nassiev, Orchestre national de France dirigé par Yutaka Sado
Judith Pisar et Leah Pisar avec Kelly Nassiev, Orchestre national de France dirigé par Yutaka Sado, © Getty / Bertrand Rindoff Petroff

Le concert, 1ère partie

Leonard Bernstein
Symphonie n°3 « Kaddish », version en anglais
Kelly Nassiev soprano  
Judith etLeah Pisar récitantes  
Chœur de Radio France
Maîtrise de Radio France
Sofi Jeannin chef de chœur  
Orchestre national de France
Yutaka Sado direction

Concert enregistré le dimanche 18 mars à l'Auditorium de Radio France

Concert en partenariat avec Le Projet Aladin, organisation internationale indépendante dont le but est de promouvoir le rapprochement interculturel, en particulier entre Juifs et Musulmans, fondé sur la connaissance mutuelle, l’éducation et le respect de l’Histoire, le refus des conflits de mémoire, la primauté du dialogue et de la recherche de la paix sur la culture de l’affrontement et de la guerre. 

Le concert, 2ème partie

Leoš Janáček
Taras Bulba
Martin Grubinger percussions  
Orchestre philharmonique de Radio France
Marzena Diakun direction
Concert enregistré le vendredi 16 mars à l'Auditorium de Radio France

L'après-concert   

Leonard Bernstein
Fancy Free (Big stuff blues, Enter three, Scene at the bar, Enter 2 girls, Pas de deux, Competition scene, Variation n°1 Galop, n°2 Waltz, n°3 Danzon, Finale)  
Tonkünstler Orchestra  
Yutaka Sado, direction  
Tonkünstler Orkester 2017

Leonard Bernstein
West side story : Danses symphoniques
Tonkünstler Orchestra  
Yutaka Sado, direction  
Tonkünstler Orkester 2017    

Pour aller plus loin

Visualiser le programme de salle de Kaddish de Bernstein

Visualiser le programme de salle de Taras Bulba de Janacek

Paroles de Kaddish de Bernstein traduites en français :

Un Dialogue avec Dieu 

I. Prélude
Dieu éternel, notre Père aux Cieux,  Ceci est mon Kaddish personnel – une ode à la vie et à la paix,  Inspiré par la noble prière araméenne pour les morts,  Écrit pour la symphonie monumentale de Leonard Bernstein,  Et dédié à la mémoire de John F. Kennedy –  Mes mentors révérés et âmes fraternelles.  Dans notre ère d’anxiété,  Marquée par un siècle de guerres chaudes et froides,  Qui a débuté avec le carnage et terminé avec la terreur,  Le compositeur voulait que mon témoignage vivant,  Tiré de la plus grande catastrophe jamais perpétrée par l’Homme,  Et le miracle de sa survie et de sa renaissance,  Résonne dans Ton royaume avec sa musique céleste. 

II. Invocation
Mon Kaddish est celui d’un laïque,  Seigneur, Moderne, universel, œcuménique et adressé à Toi,  Ainsi qu’à Tes enfants tourmentés : Juifs, Chrétiens, Musulmans et à tous les autres - Croyants et non croyants  Qui aspirent à la paix, la liberté et la justice  Dans notre monde génocidaire et fratricide.  J’exprime cette lamentation avec une peine et une colère  Émanant de mon propre passé traumatique,  Et du déluge de haine, de violence et de peur  Qui nous submergent à nouveau.  Sur tous les continents,  Des ennemis héréditaires de tous bords,  Aveuglés par l’intolérance et la terreur,  Se haïssent et s’affrontent.  Même dans Ta Terre Sainte,  Où ils ne vénèrent que Toi,  Et T’implorent de transformer leurs épées en charrues.  Je pleure pour eux tous, les morts comme les vivants.  Mes premières larmes sont pour ma famille et mon peuple,

Victimes perpétuelles de persécutions religieuses et ethniques  Qui ont atteint leur paroxysme pendant mon enfance,  Détruisant tout, et tout le monde autour de moi  Alors que Toi, Ordonnateur de l’Univers, Tu restas de marbre.  Tu fus tout aussi indifférent lorsque j’agonisais  À Auschwitz, Majdanek et Dachau.  Où la réalité macabre d’Eichmann et de Mengele  Parvint à éclipser même l’enfer de Dante.  À ce jour, je suis hanté par les remords d’avoir survécu,  Alors que tant des miens ont été massacrés.  Maintenant je dois expier pour le Kaddish rituel  Que je n’ai jamais pu réciter,  Ayant ni dates de leur décès,  Pas de deuils…. Pas d’enterrements…  Ni tombes pour une pierre, une fleur, une prière,  Une prière pour leur rédemption.  Magnifié et sanctifié soit le Grand Nom

III. Kaddish 1
Magnifié… Et sanctifié…  Soit Son Grand Nom Amen!  Chœur  Que le Grand Nom soit magnifié et sanctifié, amen,  Dans le monde qu’il a créé selon sa volonté  Et qu’il établisse son Royaume De votre vivant et de vos jours,  Et pour tous les jours de la maison d’Israël,  Rapidement et sans délai,  Dites : amen.  Que son grand Nom soit sanctifié,  Pour les siècles des siècles.  Béni, loué et glorifié,  Et exalté, élevé et honoré,  Et magnifié et loué  Soit le Nom du Très-Saint, béni soit-il;  Bien qu’il soit au-delà de toute louange,  Hymne, prière et consolation,  Prononcée dans le monde.  Dites : amen

Que la paix venant du Ciel soit abondante  Et la vie longue  Ainsi que pour tout le peuple d’Israël  Dites : amen.  Lui qui établit la paix dans les hauteurs  Qu’il nous donne la paix  Ainsi qu’à tout son peuple Israël  Dites : amen Amen ! Amen !  Qu’une paix abondante  Déferle sur nous tous. Amen !  Ceux dont je porte le deuil sont nombreux : Mon père héroïque,  David, Torturé, exécuté par balles,  Et jeté dans une fosse commune.  Ma mère Helena, si belle,  Déportée vers la mort dans un wagon à bestiaux  Avec mon angélique petite sœur Frieda,  Qui avait à peine vécu.  Mes camarades d’école, Et un million et demi d’autres enfants.  Pourquoi m’as-Tu épargné, Seigneur ?  Et pourquoi pas eux ?  Quels crimes, quels pêchés  Pouvaient-ils avoir commis  À un âge si tendre ?  Tous anéantis, d’un seul coup.  Selon la logique insondable  Qui règne en Ton royaume.  Chœur  Lui qui établit la paix dans les hauteurs  Qu’il nous donne la paix  Ainsi qu’à tout son peuple Israël  Dites : amen

IV. Din Torah
Seigneur, je t’interpelle aujourd’hui  Avec la même voix viscérale  Que j’ai jadis élevée contre Toi dans le blasphème,  Celle d’un adolescent squelettique au crâne rasé et aux yeux noyés,  Tremblant au seuil  D’une chambre à gaz de Birkenau.  Tremblant et exigeant de savoir :  Tout-puissant, pourquoi nous as-Tu abandonnés ?  Comment peux-Tu permettre un tel carnage ?  Te sens -Tu même concerné ?  En ces lieux et temps maudits,  Où j’ai vu sombrer la barque de la civilisation,  Lorsque j’ai subi tant d’horreurs et d’humiliations,  Tu m’as déserté, Seigneur !  Et du tréfonds de mon désespoir, je me suis révolté contre Toi,  Tel Moïse frappant le rocher dans le désert du Sinaï,  Tel Job protestant contre son injuste châtiment.  Hallucinant de faim, de douleur et d’angoisse,  Alors que les fours crématoires vomissaient feu et fumée,  J’ai même cessé de prier.  Comment aurais-je pu continuer à psalmodier Ta grandeur,  Et dire les autres versets d’adoration  Que j’avais absorbés avec le lait de ma mère  Comme tous les enfants d’Abraham  Depuis Isaac et Ismaël,  Depuis Marie et Jésus ?  Non, je ne pouvais pas ; je ne voulais pas.  Pas là. Pas à Auschwitz !  Peux-tu pardonner mes péchés, Seigneur ?  Puis-je pardonner les Tiens ?  Je peux pardonner, mais pas oublier.  Si les plaies de ma chair et de mon âme  Sont depuis longtemps cicatrisées,  Celles de mon cœur,  Qui saigne pour les êtres chers, ne se fermeront jamais.  À présent, l’un des derniers survivants  De ces crimes monstrueux,  Ma vie ne m’appartient plus tout à fait.

Eux aussi vivent en moi.  Je dois transmettre leur héritage  Et alerter les vivants de toutes races, couleurs et croyances  Face aux catastrophes similaires qui pourraient détruire leur monde,  Comme elles on jadis détruit le mien.  Car l’inimaginable est de nouveau possible.  Alors que des bouleversements politiques et économiques galopants  Engendrent l’agitation, l’insécurité et la peur,  Une folie populiste étaye des dirigeants sanguinaires.  C’est ainsi que périssent les démocraties,  Et que commence la chasse aux boucs-émissaires innocents.  Seigneur, Te souviens-Tu des cris glaçants  De ces hommes, femmes et enfants,  Qui agitaient Tes cieux, jour et nuit,  Alors que le gaz les asphyxiait ?  J’y étais et je les ai entendus mourir,  En prononçant Ton nom sacré :  “Écoute Isaraël, l'Éternel est Dieu, l'Éternel est Un”  (L’Eternel est notre Dieu, L’Éternel est Un)  Quand les portes en acier se refermaient  Il ne leur restait que trois minutes à vivre  Pourtant, ils trouvaient assez de force  Pour enfoncer leurs ongles dans les murs  Et y graver ces mots : « N’oubliez jamais ! »  Ces cris, ces mots, nous imposent  Des obligations sacrées de rester vigilants,  Et de mettre en garde d’autres peuples vulnérables  Contre les génocides qui guettent peut-être encore.  Le matricule d’Auschwitz gravé sur mon bras  Me le rappelle tous les jours.  Et aujourd’hui, Seigneur, c’est moi qui Te le rappelle !  Chœur :  Amen  Comment être certain que notre catastrophe  Était l’œuvre de l’Homme seul ? Le livre de la Genèse

Et les rescapés de l’Arche de Noé  Nous enseignent combien  Tu peux être irascible et vengeur  Quand Tu perds Ton Sang Froid.  Est-ce la colère ou l’indifférence qui explique Ton absence,  Ton silence  Alors que nous étions diffamés,  Déshumanisés et décimés ?  Loin de moi l’idée de te tenir responsable, Seigneur,  Mais cette passivité déconcertante  A pu persuader plus d’un démon,  Et un monde largement indifférent,  Que la Shoah, les génocides  Et les nettoyages ethniques contre Tziganes, Cambodgiens, Bosniaques, Rwandais, Yazidis et d’autres  Etaient et restent acceptables, jusqu’à ce jour. 

V. Kaddish 2
J’entends encore la douce voix de ma grand-mère  Me chantant une berceuse sur Ta bonté, Ton amour, Ta miséricorde,  M’assurant que tu serais toujours là  Pour nous protéger et nous réconforter.  J’ai souvent tenté d’invoquer sa voix  Lorsque j’avais besoin de Ta protection et de Ton réconfort.  Cette douce voix, si brutalement éteinte  Dans les fours de Treblinka.  Soprano solo et chœur d’enfants :  Que le Grand Nom soit magnifié et sanctifié, amen,  Dans le monde qu’il a créé selon sa volonté  Et qu’il établisse son Royaume  De votre vivant et de vos jours,  Et pour tous les jours de la maison d’Israël,  Rapidement et sans délai,  Dites : amen.  Que son grand Nom soit sanctifié,  Pour les siècles des siècles.  Béni, loué et glorifié,  Et exalté, élevé et honoré,  Et magnifié et loué  Soit le Nom du Très-Saint, béni soit-il;  Bien qu’il soit au-delà de toute louange,

Hymne, prière et consolation,  Prononcée dans le monde.  Dites : amen.  Que la paix venant du Ciel soit abondante  Et la vie longue  Ainsi que pour tout le peuple d’Israël  Dites : amen. Le souvenir des berceuses de ma grand-mère  M’a toujours aidé à trouver le sommeil  Même lorsque je suis devenu adulte.  Mais dans mes cauchemars, je ne retrouvais que ses yeux  Tournés vers Toi en prière ardente  Alors que les tueurs l’emportaient.  Magnifié et sanctifié soit le Grand Nom 

VI. Scherzo
Ô Seigneur,  Combien l’histoire de Ton « peuple élu »  Est chargée de chagrin.  Dressons ensemble le bilan des calamités  Qui se sont abattues sur nous depuis la nuit des temps :  L’esclavage en Égypte,  L’exil de Babylone,  La conquête romaine,  Le maraudage des croisades,  L’inquisition espagnole,  Les pogroms russes,  Le génocide nazi,  Et maintenant, le spectre du djihad.  La liste est sans fin, Seigneur.  Et de nouveaux démagogues incendiaires,  Qualifiant la Shoah de « mythe »  Complotent de nouveau pour nous annihiler.  À leurs yeux, nous sommes toujours coupables.  Coupables de t’avoir reconnu comme Dieu unique et éternel,  D’avoir proclamé  Tes commandements à un monde païen,  D’avoir engendré les autres grandes religions monothéistes.  Coupables en Diaspora quand, pacifistes et désarmés,

Nous avons été égorgés comme des agneaux.  Coupables en Terre Promise d’avoir pris les armes  Afin de n’être plus jamais massacrés.  Certes, des extrémistes de tous genres,  Se faisant passer pour des hommes pieux,  Massacrent et mutilent d’autres minorités aussi,  Y compris leurs propres frères et sœurs,  Comme possédés par une pulsion de mort,  En Ton nom sacré ? Celui de notre Dieu commun,  Qui nous a ordonné de choisir la vie,  Et d’aimer nos prochains comme nous-mêmes ?  Seigneur, quelque chose ne tourne pas rond  Dans Ton royaume céleste,  Tout comme ici, dans notre Babel globale.  Albert Einstein nous a assurés  Que Tu ne joues pas aux dés avec l’univers.  Pourquoi joues-Tu alors  Avec le destin de l’humanité ?  Devons-nous à présent nous préparer  Pour une « solution finale » apocalyptique  Avec des fléaux de gaz toxiques,  De bombes nucléaires  Et de missiles balistiques  Entre les mains meurtrières  De nouveaux despotes et fanatiques ?  Les jeux seraient-ils déjà faits ?  Répète après moi, Seigneur : « N’oubliez jamais »,  A-men ! « Jamais plus ! »  A-men !  Père, depuis l’âge de treize ans,  Tu m’as poussé au-delà des limites  De l’endurance physique et mentale.  Brutalement coupé de ma famille,  De ma terre natale, de mes racines spirituelles,  J’ai été endoctriné par Staline qui me voulait rouge,  Mutilé par Hitler qui me voulait mort.  Dans la sillage du débarquement en Normandie,

Alors que les armées alliées s’approchaient de Berlin,  J’ai échappé à la marche de la mort dans une tornade de balles.  J’ai été libéré par des tanks frappés  De l’étoile blanche de la liberté,  En criant : « Que Dieu bénisse l’Amérique ! »  Pourtant, je n’ai jamais quitté Ton bercail.  Rien ne pouvait ébranler mon serment ancestral de Te vénérer  Même à ma façon, certes peu orthodoxe.  Ce serment m’enhardit à Te dire aujourd’hui : Prends garde !  De graves dérèglements s’emparent  Des cœurs et des esprits des croyants.  Beaucoup parmi nous croient que les cieux sont vides.  Ou pire, qu’ils sèment la discorde,  La superstition et le chaos sur Terre.  Qu’avec ou sans Toi,  Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.  Il est grand temps que Tu réaffirmes  Notre alliance éternelle.  Que tu renouvelles Ta promesse  D’un âge messianique.  Renouvelle Ta promesse ! 

VII. Kaddish 3
On dit que dans la Grèce antique,  Quand les Dieux étaient plus humains,  Les hommes étaient plus divins.  Seigneur, ne peux-Tu être un peu plus humain,  Afin que nous devenions un peu plus divins ?  Nous nous efforçons d’honorer les engagements  De Tes vénérables prophètes.  Nous voulons, nous pouvons croire en Toi  Mais Toi, crois-Tu en nous ?  Accorde-nous un peu de Ta sagesse transcendante  Afin que nous apprenions à vivre en harmonie  Et chanter à l’unisson des psaumes joyeux  À Ta gloire.

Chœur d'enfants :  Que le Grand Nom soit magnifié et sanctifié, amen,  Créateur majestueux et mystérieux  Qui que Tu sois, où que Tu sois,  Ton omniprésence parmi nous,  Est si ancienne, si immense, si pénétrante  Que je n’ose me demander  Si elle est réalité ou illusion.  Quoiqu’il en soit,  Tu es une source indispensable  De consolation et d’espoir pour nous tous  Pourtant, mon Kaddish n’est pas la confession  D’un soudain réveil religieux.  Comme la plupart de mes semblables  Je reste déchiré entre la foi et la raison,  La révélation et les lumières,  La tradition et la modernité.  Après mon retour du gouffre,  Une rage de vivre, d’apprendre, de contribuer au bien commun,  M’a aidée à vaincre mon sort cruel.  J’ai trouvé refuge dans l’étreinte chaleureuse de la démocratie.  J’ai pu étudier, travailler et m’épanouir  Dans les centres les plus illustres de la culture américaine, anglaise et française.  Oui, la providence m’a souri  Aujourd’hui, ma coupe déborde vraiment.  Mais en fin de compte que suis-je ?  Sinon un humble messager  Qui a vu un monde s’effondrer,  Alarmé de voir notre monde  Se précipiter vers une nouvelle chute ?  Et quel est mon message, si ce n’est que l’Homme  Bien que créé à Ton image,  Et libre de choisir  Entre le bien et le mal,  Demeure capable du pire comme du meilleur,  De la haine comme de l’amour,  De la folie comme du génie.  Que si nous ne tirons pas les leçons du passé,

Ne chérissons pas le caractère sacré et la dignité de la vie humaine,  N’épousons pas les valeurs fondamentales, communes à toutes  Les grandes croyances, sacrées et profanes  Les forces du mal viendront assombrir  Nos rêves d’un avenir radieux,  Promettant paix, liberté et prospérité à tous. 

VIII. Finale
Père, Père…  Te souviens-Tu de cette belle aube printanière,  Quand les G.I. sont descendus du ciel,  Tels des anges, pour me libérer de l’enfer ?  J’étais encore un gamin  Seul dans les chaudrons de L’Europe fasciste et communiste,  Comme le jeune Joseph dans les donjons  De l’Egypte de Pharaon.  Mais dès cet instant, je ne me suis plus senti abandonné  Car Ta divinité m’est apparue si sublimement humaine.  Tu as accompli des miracles éblouissants  A l’échelle biblique  En libérant les opprimés, les dispersés et les enchainés,  Des griffes de la tyrannie.  Tu as accompli des miracles pour moi aussi,  Ravivant depuis les cendres  La flamme vacillante de ma vie.  Tu as éveillé mon esprit brisé  A la magie du savoir, de la culture et de la beauté,  Tu m’as même appris à aimer et à rêver de nouveau.  Par-dessus tout, Père,  Tu m’as donné une nouvelle et heureuse famille,  Une femme, des enfants et des petits-enfants  Dont les visages étincelants, la droiture morale et les esprits brillants  Ressuscitent chaque jour la mémoire de ceux que j’ai perdus.  Puissent-ils un jour dire le Kaddish pour moi.  Ainsi, ô grand et unique Dieu d’Abraham,

C’est avec respect pour les croyances de tous,  Et sans malice aucune,  Que je me prosterne vers Jerusalem, l’éternelle.  Ses synagogues, ses églises et ses mosquées,  Son mur des Lamentations et son mémorial de Yad Vashem,  Pour Te chanter ma fervente prière d’espoir  Puisée dans des torrents de sang.  Renouvelle Tes liens avec nous, Seigneur,  Guide-nous sur le chemin de la réconciliation et de la tolérance,  De la fraternité et de la paix  Sur cette petite planète, fragile et violente,  Notre maison à tous.  Amen ! Amen ! Amen ! ! !  Chœurs : Que le Grand Nom soit magnifié et sanctifié, amen,  Dans le monde qu’il a créé selon sa volonté  Et qu’il établisse son Royaume  De votre vivant et de vos jours,  Et pour tous les jours de la maison d’Israël,  Rapidement et sans délai,  Dites : amen.  Que son grand Nom soit sanctifié,  Pour les siècles des siècles.  Béni, loué et glorifié,  Et exalté, élevé et honoré,  Et magnifié et loué  Soit le Nom du Très-Saint, béni soit-il;  Bien qu’il soit au-delà de toute louange,  Hymne, prière ou consolation,  Prononcée dans le monde.  Dites : amen.  Que la paix venant du Ciel soit abondante  Et la vie longue  Ainsi que pour tout le peuple d’Israël  Dites : amen.  Lui qui établit la paix dans les hauteurs  Qu’il nous donne la paix  Ainsi qu’à tout son peuple Israël  Dites : amen

Samuel Pisar – 2014

La semaine prochaine, le jeudi 19 avril 2018 :

David Zinman dirige l'Orchestre national de France dans Bartok, Lutoslawski et Copland.

Les invités :
L'équipe de l'émission :