Lundi 25 janvier 2016
1h 53mn

La Simphonie du Marais joue Hotteterre et Marin Marais

Sous la direction d'Hugo Reyne, Thomas Dunford (luth), Etienne Mangot (viole de gambe) et La Simphonie du Marais interprètent Préludes et Suites de Jacques-Martin Hotteterre et Les voix humaines et des Pièces de viole de Marin Marais à la Philharmonie de Paris.

Concert donné le 06 décembre 2015 en l'Amphithéâtre de la Philharmonie 2, à Paris.

Jacques-Martin Hotteterre
Prélude en ré Maj. avec des cadences sur tous les degrés de l'octave (1719)
Suite n°1 en ré Ma j. du Livre 1 (1708)

Marin Marais
Les voix humaines du Livre 2 (1701)

Jacques-Martin Hautteterre
Suite n°3 en si bémol Maj. du Livre 1 (1708)
Prélude en sol mineur avec des cadences sur tous les degrés de l'octave (1719)
Suite n°4 en sol mineur du Livre 1 (1708)

Marin Marais
Pièces de viole, du Livre 3 (1711)

Jacques-Martin Hotteterre
Suite n°2 en mi mineur du Livre 2 (1715)

Thomas Dunford, luth
Etienne Mango t, viole de gambe
La Simphonie du Marais
Hugo Reyne, direction

Après -Concert

André Philidor

Le Mariage de la Grosse Cathos
London Oboe Band / Paul Goodwin / Marie-Ange Petit
2908719 HMX

  Lully: Le Bourgeois Gentilhomme; Philidor: Le Mariage de la Grosse Cathos  pochette
Lully: Le Bourgeois Gentilhomme; Philidor: Le Mariage de la Grosse Cathos pochette

Jean-Baptiste Lully

Passacaille d' Armide
Andrew - Lawrence King (Harpe Baroque )
2906717 HMX

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Philharmonie de PARIS

Collections du Musée de la musique

Jean II (vers 1630-1667) ou Martin Hotteterre (vers
1635-1712), Paris, fin du XVIIe siècle
Réalisation par Bruno Reinhard, Caromb, 2015

Les fac-similés de flûtes Hotteterre entendus pour la première fois lors de ce
concert, prennent pour modèle deux flûtes à bec des collections du Musée
de la musique, qui conserve sept instruments – sur les 17 identifiés dans le
monde – émanant de cette importante famille de facteurs d’instruments
et de musiciens. Fondée par Loys de Haulterre (mort vers 1628), tourneur
sur bois à La Couture (aujourd’hui La Couture-Boussey, dans l’Eure), cette
dynastie va, au cours du XVIIe siècle, faire évoluer la facture des instruments
à vent en bois, notamment la flûte à bec, la flûte traversière et le hautbois. En
effet, au-delà des qualités sonores et esthétiques des instruments émanant
de leurs ateliers, on attribue aux Hotteterre la fabrication des instruments
à vent en plusieurs corps. Cette caractéristique permettait une meilleure
maîtrise de la réalisation de la perce de ces derniers tout en offrant aux
musiciens la possibilité d’utiliser des corps de rechange, afin d’adapter leurs
instruments aux différents diapasons en vigueur à l’époque.
La réalisation en fac-similé (copie exacte) de ces deux flûtes permet, autant
que possible, de retrouver les caractéristiques de sonorité, de jeu, de diapason
et de tempérament des instruments originaux, offrant au musicien
la possibilité d’une nouvelle lecture des répertoires pour lesquels ces
instruments ont été conçus. Ces travaux ont également permis de mettre
au jour certaines caractéristiques de facture des Hotteterre. Ainsi, s’étant
affranchi des éventuelles déformations, transformations ou réparations
observées sur les instruments originaux, Bruno Reinhard et les membres
du laboratoire du musée ont pu constater que la flûte à bec ténor, bien que
présentant de nombreuses traces de jeu, constituait vraisemblablement un
instrument en devenir dans l’atelier Hotteterre. En effet, des traces d’ajustement
au racloir de la perce montrent que des outils spécifiques n’avaient
pas encore été fabriqués pour réaliser le profil de perce. Par ailleurs, la
réalisation de la flûte à bec alto en ivoire a montré que l’utilisation de ce
matériau conférait à l’instrument un timbre assez brillant, si on le compare
aux prototypes du même instrument qui ont été exécutés en buis. Si les
qualités de timbre sont principalement à mettre en rapport avec le profil
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de la perce et la configuration du bec de l’instrument, il est probable que la
densité de l’ivoire – et l’adaptation particulière de ce matériau aux variations
d’hygrométrie dues au souffle du musicien – ainsi que l’état de surface de
la perce, soient à l’origine de ces caractéristiques sonores particulières.
Flûte à bec alto en fa, ivoire, tempérament proche d’un tempérament Werckmeister,
diapason : la = 430 Hz. Cette flûte peut être également considérée comme étant en sol,
diapason : la = 380 Hz. N° d’inventaire de l’instrument original : E.979.2.8.
Flûte à bec ténor en ut, érable ondé et ivoire, clef en argent, tempérament proche d’un
tempérament Werckmeister, diapason : la = 391 Hz. N° d’inventaire de l’instrument
original : E.590.

Thierry Maniguet
Conservateur au Musée de la musique


Collection Musée de la musique

Fac-similé de basse de viole à sept cordes Michel Collichon, Paris,
1683
Réalisé par Tilman Muthesius, Potsdam, 2002

Très prisée en France dès le règne de Louis XIV, la basse de viole se voit
complétée d’une septième corde, introduite dit-on par le virtuose Sainte-
Colombe. Michel Collichon est alors un des facteurs de viole les plus
réputés à Paris. Son instrument de 1683 exposé au Musée de la musique
est probablement le plus pur conservé à ce jour, en dépit des attaques
d’insectes qui ont ruiné son manche. Devenu injouable, l’instrument fut
sans doute oublié au fond de quelque armoire, à notre plus grand bénéfice.
Sa caractéristique principale est sa caisse (table d’harmonie incluse) faite
entièrement en acajou du Honduras (Cedrella odorata), contrairement à
l’usage du temps qui consistait à opposer à une caisse en bois dur, une
table légère et résonante en bois résineux.
Fond en une pièce
Table en cinq parties
N° d’inventaire de l’instrument original E.980.2.667

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