Le concert de 20h
Concerts
Lundi 9 mars 2020
2h 28mn

Stravinsky, Zimmermann, Rachmaninov : l’épopée symphonique du Philharmonique de Berlin et Kirill Petrenko

Kirill Petrenko dirige le Philharmonique de Berlin dans la Symphonie en trois mouvements d'Igor Stravinsky, les Caprichos Brasileiros de Zimmermann et les Danses symphoniques de Rachmaninov à la Philharmonie de Berlin.

Stravinsky, Zimmermann, Rachmaninov : l’épopée symphonique du Philharmonique de Berlin et Kirill Petrenko
Kirill Petrenko, © Getty / Picture Alliance

Direction la Philharmonie de Berlin, en compagnie de l’Orchestre philharmonique de Berlin et de son directeur musical Kirill Petrenko, pour une soirée symphonique à dominante russe, avec du Stravinsky (Symphonie en 3 mouvements) et du Rachmaninov (Danses symphoniques), ainsi qu’une œuvre de l’allemand Bernd Alois Zimmermann(Alagoana).

Programme du concert

Le vrai point commun de ces 3 pièces, c’est qu’elles ont toutes été composées entre 1940 et 1950 et qu’elles suivaient à l’époque des voies de modernité musicale entièrement différentes et non basées sur la voie dodécaphonique ouverte par Arnold Schönberg.

1ère partie

On commence par la Symphonie en trois mouvements, écrite en 1945. Stravinsky avait récemment acquis la citoyenneté américaine et s’était vu commander une symphonie par la Philharmonic Societyde New York pour le Philharmonique de cette ville. C’est Stravinsky lui-même qui en dirigea la création en janvier 1946.
C’est une sorte de concerto pour orchestre, qui devait être à l’origine une pièce concertante pour piano. Ainsi, le piano garde une place très importante dans la partition. C’est une musique qui reste très rythmique, comme souvent chez Stravinsky. C’est une symphonie qui fonctionne comme une sorte de patchwork, puisque les premier et troisième mouvements sont inspirés d’images de la Seconde Guerre Mondiale extraites de bandes cinématographiques dactualité.
Quant au deuxième mouvement, c’était à l’origine une musique qui devait servir pour le film Le Chant de Bernadette, inspiré par la vie de Bernadette Soubirous et de ses apparitions de la Vierge à Lourdes. Stravinsky refusa finalement et fit des pages écrites sur l’apparition de la Vierge l’andante de cette symphonie. On y retrouve quelques phrasés qui rappellent son Sacre du Printemps, et aussi l’influence de ses années néoclassiques dans la rythmique, avec également l’influence du jazz américain

Igor Stravinsky (1882-1971) : Symphonieentroismouvements (1942-45)
1  Overture - allegro
2  Andante Interlude
3  Con Moto

2ème partie

Au sortir de la guerre Zimmermann est trop vieux pour faire partie de l’avant-garde et trop jeune pour avoir eu le temps de s’établir comme compositeur. C’est dans cet « entre deux générations », qu’il compose le ballet Alagoana, inspiré de mythes sud-américains et de la musique brésilienne. L’œuvre est créée à Essen en 1955, et n’est pas sans rappeler par certains côtés Le Sacre du Printemps de Stravinsky, le Boléro de Ravel ou les musiques brésiliennes de Darius Milhaud. Le titre Alagoana renvoie à l’Alagoas, cet état brésilien du Nordeste, sur le littoral. Il s’agit de 5 mouvements enchainés. Après une ouverture, vient la Sertaneja, en référence à une musique populaire des campagnes brésiliennes dans les années 20. Vient ensuite la Saudade, le spleen à la portugaise, puis le Caboclo, clin d’œil à ces métis nés de l’union entre européens blancs et amérindiens. Zimmermann a d'ailleurs même enrichi son orchestre de percussions brésiliennes

Bernd AloisZimmermann (1918-1970) : Alagoana - CaprichosBrasileiros (1950-55)

3ème partie

Les Danses symphoniques de Rachmaninov ont été écrites durant l’été 1940 aux États-Unis, où il s’était installé dès 1917. Elles sont dédiées au chef Eugène Ormandy et à l’Orchestre de Philadelphie qui avait assuré leur création en 1941. C’est une œuvre influencée peut-être par le travail que le chorégraphe Michel Fokine avait fait en 1939, à Londres, sur sa Rhapsodie sur un thème de Paganini, et Rachmaninov décide d’abord d’intituler cette suite de 3 danses Danses fantastiques, leur associant à chacune une heure de la journée : « Jour », « Crépuscule » et « Minuit ». C’est une œuvre que l’on écoute telles une sorte de testament ou de bilan musical : Rachmninov n’a de cesse d’y citer sa propre musique. D’abord on y retrouve les prémices d’un ballet Les Scythes qu’il avait commencé puis abandonné en 1914. On y entend aussi un souvenir de sa Première Symphonie à la fin de la première danse ou encore des citations de ses superbes Vêpres dans la dernière danse. Une dernière danse à la tonalité clairement religieuse, avec un air de danse macabre, comme un défi lancé à la mort par la puissance de la foi et de la prière. Au bas de la partition, Rachmaninov avait d’ailleurs écrit 3 mots de vieil anglais : « I Thank Thee, Lord » (Je rends grâce à Dieu). 

SergeRachmaninov (1873-1943) : Danses symphoniques opus 45 (1940)
1  Non allegro
2  Andante. Tempo di Valse
3  Lento assai - Allegro vivace - Lento assai. Come prima - Allegro vivace

OrchestrePhilharmoniquedeBerlin
Direction : Kirill Petrenko

L'après-concert

Darius Milhaud : Scaramouche 165b - pour 2 pianos : Vif – modéré – Brazileira
Noël Lee et Christian Ivaldi, pianos
[EMI 7698542]

Louis Moreau Gottschalk : Symphonie n°1 RO 255 La nuit des tropiques :
1 Noche en los tropicos
2 Festa criolla
Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne
Igor Buketoff
[Vox prima MWCD 7139]

Camargo Guarnieri : Concerto n°6 - pour piano cordes et percussions
- Caprichoso bem ritmado : 3 moments
- Alegre bem ritmado
Max Barros, piano
Orchestre de la Philharmonie Nationale de Varsovie
Thomas Conlin, direction
[Naxos 8.557667]

Piotr Ilitch Tchaikovski : Symphonie n°6
Orchestre Philharmonique de Berlin
Kirill Petrenko, direction
[Berlin Philharmonic Orchestra BPHR190264]

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