Le concert de 20h
Concerts
Lundi 25 mai 2020
2h 28mn

Récital de piano avec Cédric Tiberghien au Wigmore Hall de Londres

En février 2020, Cédric Tiberghien donnait 2 concerts au Wigmore Hall dans un programme alternant des variations de Beethoven et des pièces modernes de Feldman, Cage ou encore Crumb. En 2ème partie on retrouve le pianiste en quatuor avec lena Urioste, Andrei Ioniță et Eivind Holtsmark Ringstad.

Récital de piano avec Cédric Tiberghien au Wigmore Hall de Londres
Cédric Tiberghien dts Ben Ealovega, © Ben Ealovega

Programmes des concerts

Le concert #1

Concert donné le 23 février 2020 au Wigmore Hall de Londres.

Ce soir on va découvrir des œuvres étonnantes, mises en miroir avec des pièces de Beethoven méconnues. Cédric Tiberghien mène en 2020, un énorme travail autour du cycle complet des variations de Beethoven, à l’occasion du 250e anniversaire du compositeur. Et Beethoven en a composé pas mal, que l'on n’entend jamais ou presque, en dehors des célèbre Variations Diabelli. Voici donc un enchevêtrement de variations de Beethoven et de pièces des compositeurs du 20e siècle américain !!

On ouvre les festivités avec les 5 Variations sur ‘Rule Britannia’ de Beethoven. Rule Britannia, c’est un chant patriotique britannique de Thomas Arne, qui est chanté traditionnellement chaque année lors de la Last Night des BBC Proms de Londres.

Ludwig van Beethoven (1770 - 1827) : 5 Variations sur 'Rule Britannia' WoO 79 (1803)
1. Theme. Tempo moderato
2. Variation 1
3. Variation 2
4. Variation 3
5. Variation 4
6. Variation 5. Allgero
7. Coda

Morton Fledman est uncompositeur newyorkais qui nous a quittés en 1987. Last Pieces sont 4 pièces assez contemplatives bien qu'elles ne soient pas du tout les dernières de Feldman. C’est un compositeur qui a beaucoup été influencé par les arts plastiques, en particulier par les œuvres de Jackson Pollock ou de Robert Rauschenberg. Ces Last pieces seront enchainées avec les Six Variations sur une Thème original en Sol majeur de Beethoven. Des variations probablement écrites à des fins didactiques, pour un pianiste amateur, mais pleine de charme quand même !

Morton Feldman (1926 - 1987) : Last Pieces (1959 )
1. slow. soft
2. fast. soft
3. very slow. soft
4. very fast. soft as possible

Ludwig van Beethoven (1770 - 1827) : 6 Variations en sol majeur WoO 77 (1800)
1. Theme. Andante, quasi allegretto
2. Variation 1
3. Variation 2
4. Variation 3
5. Variation 4. Poco sostenuto
6. Variation 5
7. Variation 6
7. Coda

Retour à l’Ecole américaine du 20e siècle maintenant, avec l’un des compositeurs les plus célèbres de l’époque : John Cage, celui-là même qui avait provoqué le public avec ses 4’33’’ de silence. Cage était passionné par les philosophies orientales. Il s’est beaucoup intéressé aux procédés d’écriture fondés sur le hasard. Une manière de soustraire la musique à l’égo du compositeur. Il a aussi beaucoup écrit pour piano préparé. Chacun de ces 7 haikus est fondé sur le procédé d’écriture de ces brefs poèmes japonais. Cage n’utilise que quelques notes parcimonieuses. Il a dédié chacun de ses haikus à des amis à lui. 

John Cage (1912 - 1992) : Seven Haiku (1951-52)
1. pour Elsa
2. pour Merle Armitage
3. pour Aghavni Uomini
4. pour Richard Lippold
5. pour Maro Ajemian
6. pour Willem De Kooning
7. pour Sonia Sekula

La série des 9 variations sur une marche de Dressler de Beethoven, a été écrite alors qu'il n'avait que 12 ans. Son professeur pensait qu’il était temps pour lui de se mesurer au public avec sa propre musique, et le jeune Beethoven en avait alors déjà une grande maîtrise et faisait preuve d’une grande invention.

Ludwig van Beethoven (1770 - 1827) : 9 variations sur une marche de Dressler WoO 63 (1782)
1. Theme. Maestoso
2. Variation 1
3. Variation 2
4. Variation 3
5. Variation 4
6. Variation 5
7. Variation 6
8. Variation 7
9. Variation 8
10. Variation 9. Allegro

La pièce Processionnal du contemporain George Crumb. Une pièce qu’il voyait comme une expérience de chimie harmonique. Un œuvre qui renvoie à « un hymne processionnel de la nature qu’à une procession humaine », pour reprendre les mots du compositeur. Processionnal a été écrit en 1981. C’est en tous cas une procession d’accords qui semblent être toujours les mêmes, et à l’intérieur desquels d’infimes variations se produisent, comme l’explique Cédric Tiberghien lui-même. Un peu comme dans In a landscape de John Cage.

George Crumb (né en 1929) : Processional (1983)

Les 12 Variations sur le "Menuet a la Vigano" de Beethoven ont été écrites d’après un thème de son contemporain Jakob Haibel. Haibel avait composé un ballet, Le nozze disturbate (Le mariage perturbé). Énorme succès. Beethoven en tire un des thèmes, le Menuet a la Vigano et en fait 12 variations, très virtuoses, qui entretiennent aux yeux du public de l’époque, l’idée que Beethoven est le nouveau Mozart.

Ludwig van Beethoven (1770 - 1827) : 12 Variations sur le "Menuet a la Vigano" WoO 68 (1782)
1. Theme. Allegretto
2. Variation 1
3. Variation 2
4. Variation 3
5. Variation 4
6. Variation 5
7. Variation 6
8. Variation 7
9. Variation 8
10. Variation 9
11. Variation 10
12. Variation 11
13. Variation
12. Allegro
14. Coda. Adagio

Retour à l’école de New York avec In a landscape (dans un paysage) de John Cage qui s’est beaucoup inspiré de la musique de Satie, en particulier de sa « musique d’ameublement », musique pouvant servir de fond sonore. Et c’est ce même côté plasticien de Satie, qu’on retrouve dans In a landscape, avec cette musique qui se répète sans cesse, mais jamais identique.

John Cage (1912 - 1992) : In a landscape (1948)

God Save the King est un thème archi-connu, célébrissime hymne national anglais.
Il faut préciser que Beethoven avait une vraie sympathie pour les anglais et à l'époque, bon nombre de compositeurs et de musiciens se sont amusés à varier ce morceau et même jusqu’à aujourd’hui.

Ludwig van Beethoven (1770 - 1827) : 7 Variations sur 'God Save the King' WoO 78 (1803)
1. Theme
2. Variation 1
3. Variation 2
4. Variation 3
5. Variation 4
6. Variation 5. Con espressione
7. Variation 6. Allegro alla marcia
8. Variation 7
9. Coda. Adagio - Allegro

Cédric Tiberghien, piano

Le concert #2

Concert donné le 1er février 2020 au Wigmore Hall de Londres.

Concert anniversaire des 20 ans du BBC New Generation Artists Scheme, diffusé sur la Radio 3, chaîne nationale anglaise de musique classique de la BBC.
Cédric Tiberghien joue en compagnie d'artistes issus de ce tremplin médiatique et professionnel pour les jeunes musiciens talentueux.

La Sonate pour violon et piano en sol mineur de Debussy est une œuvre de la Fin. Le compositeur est déjà très affaibli par son cancer. La première guerre mondiale bat son plein, Debussy, férocement antiallemand, épure son style et s’affirme encore plus français que jamais, à travers des lignes claires, une expression réservée mais puissante. Il signe d’ailleurs certaines ses partitions « Claude de France » et avait même dit à propos de cette sonate qu’elle était la preuve que : « Trente millions de Boches ne peuvent détruire la pensée française » !

Claude Debussy (1862 - 1918) : Sonate pour violon et piano en sol mineur L.140 (1916-17)
1. Allegro vivo
2. Intermède : fantasque et léger
3. Finale : très animé
Elena Urioste, violon et Cédric Tiberghien, piano

Les Fantasiestücke opus 73 de Schumann sont 3 pièces absolument sublimes, écrites à l’origine pour clarinette et piano, mais souvent jouées par un violoncelle, comme Schumann le prévoyait sur la partition. 3 pièces nées de l’imagination totalement libre de Schumann, thème romantique cher au compositeur, avec chacune un caractère particulier. La première, tendre et avec expression, la deuxième, pleine de vie et de lumière, et la troisième, vive et avec feu. 

Robert Schumann (1810 - 1856) : Fantasiestücke opus 73 (1849)
1. Zart und mit Ausdruck
2. Lebhaft, leicht
3. Rasch und mit Feuer

Il y a assez peu de quatuors avec piano dans l’histoire de la musique, ceux de Mozart restant les plus fameux, avec ceux de Brahms, Schumann, Dvořák et Fauré. Chez Mozart, on a vraiment l’impression qu’il s’agit de mini-concertos pour piano avec un orchestre réduit à 3 cordes : violon, alto et violoncelle. Le Quatuor avec piano n°1 en sol mineur K 478 de Mozart démarre par un 1er mouvement étincelant. Vient ensuite un andante qui étire le temps jusqu’à nous perdre dans la durée. Enfin, le 3e mouvement, extrêmement joyeux, exalte une simplicité populaire comme Mozart savait le faire.

Wolfgang Amadeus Mozart (1756 - 1791) : Quatuor pour piano n°1 et cordes en sol mineur K 478 (1786)
1. Allegro
2. Andante
3. Rondo

Cédric Tiberghien, piano avec lena Urioste, violon - Eivind Holtsmark Ringstad, alto et Andrei Ioniță, violoncelle

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