Le concert de 20h
Concerts
Jeudi 24 octobre 2019
2h 28mn

2° Biennale Pierre Boulez à la Cité de la musique avec l'Ensemble Boulez sous la direction de Daniel Barenboim

Un 1er concert avec l'Ensemble Boulez dont l'identité artistique s'exprime au travers d’œuvres qui comptent issues du répertoire classique, romantique et XXe siècle : la mise en regard de "Incises" et "Sur Incises" sera un moment musical exceptionnel. Puis, musique de chambre avec le trio Amadis.

2° Biennale Pierre Boulez à la Cité de la musique avec l'Ensemble Boulez sous la direction de Daniel Barenboim
Pierre Boulez / Tria Amatis, © Philippe Gontier / Marco Borggreve

Le concert #1

L’Ensemble Boulez, groupe à effectif variable qui rassemble des musiciens essentiellement issus des rangs de la Staatskapelle de Berlin et du West-Eastern Divan Orchestra, ainsi que des professeurs et étudiants de la Barenboim-Said Akademie.
L’Ensemble débute ce concert par le dernier quatuor à cordes d’Anton Webern, une œuvre des années 1937-1938 où le compositeur s’est efforcé d’atteindre une unité dans le genre noble et traditionnel du quatuor à cordes, entre la fugue et la forme sonate, les conceptions polyphonique et homophonique, Saint-Graal que les compositeurs, à partir du classicisme viennois, notamment depuis Beethoven, ont sans cesse cherché à atteindre.
Sur les notes correspondant aux lettres du nom de BACH, Webern a imaginé une série de 12 sons, en un croisement des formes sonate et variations pour le 1er mouvement, en un « scherzo miniature » pour le second, et en une brillante synthèse entre la fugue et le mouvement sonate afin d’unir les deux principales conceptions compositionnelles de la musique occidentale.

Anton Webern   (1883-1945)
Quatuor à cordes opus 28
 1   Mäßig (Modéré)
2   Gemächlich (À l’aise)
3   Sehr fließend (Très souple)
Ensemble Boulez : Michael Barenboim, violon - Yamen Saadi, violon - Yulia Deyneka, alto - Sennu Laine, violoncelle

Voici maintenant le brillant Quintette pour piano et cordes en mi bémol majeur opus 44 de Schumann.
L’énergie qui prédomine dans ce quintette, c’est le sentiment « héroïque », théâtral dans son essence ténébreuse aussi, avec une touche de lyrisme qui contraste singulièrement avec la fameuse « marche funèbre » qui lui fait suite. Puis ce sera le scherzo avec ses deux trios, et le finale où Schumann en profite pour s'expérimenter, librement, toujours et encore !

Robert Schumann (1810-1856)
Quintette pour piano et cordes en mi bémol majeur opus 44
1  Allegro brillante
2  In modo d’una marcia. Un poco largamente
3  Scherzo. Molto vivace
4  Allegro ma non troppo
Ensemble Boulez : MichaelBarenboim violon - YamenSaadi violon - YuliaDeyneka alto - Sennu Laine violoncelle et Daniel Barenboim piano   

Brève composition pour piano destinée aux candidats du Concours de pianoUmberto Micheli,Incises, pour piano fut créée, à Milan, le 21 octobre 1994, à l'occasion de cette compétition remportée par le pianiste italien Gianluca Cascioli. En 2001 le compositeur reprit la partition et en doubla (pratiquement) la durée, c’est cette version qui vient qui va vous être jouée par Michael Wendeberg.

Pierre Boulez (1925-2016)
Incises, pour piano (2001)
Michael Wendeberg, piano   

Dans sa première version (douze minutes), l’œuvre, dédiée à Paul Sacher à I'occasion de son quatre-vingt-dixième anniversaire, a été créée à Bâle le 27 avril 1996, par les solistes de l'Ensemble Intercontemporain, sous la direction du compositeur. Nous allons écouter la version complète qui fut créée au Festival d'Edimbourg, le 30 août 1998, par les musiciens de I'Ensemble Intercontemporain, dirigés par David Robertson

Pierre Boulez
Sur Incises, pour trois pianos, trois harpes et trois percussions-claviers
Ensemble Boulez : Denis Kozhukhin, Karim Said et MichaelWendeberg pianos - Aline Khouri, Susanne Kabalan et Stephen Fitzpatrick harpes - Lev Loftus - Pedro TorrejónGonzáles et DominicOelze percussions
Daniel Barenboim direction

Concert donné le 8 septembre 2018 à la Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris.   

Le concert #2   

Peu après sa formation, le Trio Amatis a remporté le Prix du public du concours du Grachtenfestival à Amsterdam, lui permettant de faire ses débuts au Concertgebouw et de se produire dans tous les Pays-Bas. Vainqueur 2015 du Prix International Parkhouse du Wigmore Hall, l’ensemble n’a pas cessé depuis de remporter différents concours et distinctions internationaux, en plus d’avoir été nommé « Artiste nouvelle génération » par la BBC pour les saisons 2016-2018 et avoir intégré le programme Rising Stars promu par l’ECHO (l’Organisation des salles de concerts européenne), lui permettant de se produire dans 23 des salles les plus prestigieuses d’Europe. 

J’ai composé cette pièce au cours de l’été 2018. Deux thèmes sont présentés au début. Un violoncelle solo commence, seul sur scène, et un violon lui répond des coulisses. Quelque temps après, le pianiste entre à son tour en scène et plaque un accord. Je voulais donner à la pièce un caractère mélancolique et les harmonies sont assez sombres. Après ce début, le tempo s’accélère et la musique devient plus véloce. Puis elle ralentit de nouveau dans un passage qui mêle les harmoniques du violon et du violoncelle, avant de redémarrer jusqu’à un point culminant. Vers la fin, un nouveau ralentissement mène à une sorte de marche funèbre. La vie s’achève avec le violon et le violoncelle réunis sur une même note.Andrea Tarrodi

Andrea Tarrodi   (née en 1981)
Moorlands [Landes]   (2018)
Commande de l’ECHO, du Festspielhaus de Baden-Baden, de la Philharmonie de Cologne, du Konzerthaus de Dortmund, et de l’Elbphilharmonie de Hambourg

Schubert est venu au trio de façon assez tardive : mis à part le mouvement solitaire Sonatensatz D 28, composé à l’été 1812, on ne trouve pas chez lui d’œuvre pour piano, violon et violoncelle avant les dernières années de sa vie. D’ailleurs, il n’écrivit que deux pièces pour cet effectif : le Trio en si bémol majeur op. 99 et le Trio en mi bémol majeur op. 100, une manière pour Schubert de se placer dans la lignée de Mozart et de Beethoven.
L’allegro initial, en mi bémol majeur, fait preuve d’une inspiration jaillissante.
Puis vient l’andante con moto, popularisée par Stanley Kubrick dans Barry Lyndon, avec sa scansion funèbre du piano, sorte de marche immobile qui évoque la figure du Wanderer, ce voyageur mélancolique qui ne trouve aucun endroit où s’insérer sur cette terre ; une déploration contenue, avec ses moments plus lumineux et même impétueux qui ne pourront cependant atténuer la déréliction profonde du morceau. Lui fait suite le scherzo, qui cherche à corriger cette impression sans pouvoir stopper des accents plus sombres qui affleurent, et le finale, très libre, qui résout in extremis les tensions en intégrant notamment le thème du mouvement lent sur un nouvel accompagnement pianistique. 

Franz Schubert   (1797-1828)  
Trio pour piano et cordes n°2 en mi bémol majeur opus 100 D. 929   (1827)  
1  Allegro  
2  Andante con moto  
3  Scherzando  
4  Allegro moderato

Trio Amatis : Lea Hausmann, violon - Samuel Shepherd, violoncelle et Mengjie Han, piano   

Concert donné le 16 décembre 2018 à l'Amphithéâtre de la Cité de la musique à Paris dans le cadre du Week-end Emergences.   

À ÉCOUTER

Concert du Trio Amatis en intégralité

Le concert de demain   

Création française de la Symphonie n°12 "Lodger" de Philip Glass par Angélique Kidjo avec l'Orchestre Philharmonique de Radio France 

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