Le concert de 20h
Concerts
Lundi 2 mars 2020
2h 28mn

Concerto pour violon de Sibelius et 10e Symphonie de Chostakovitch avec Joshua Bell et l’Orchestre de Paris

Depuis sa création en 1905, le Concerto pour violon de Jean Sibelius a rencontré tous les succès. Joshua Bell le fait vibrer ce soir sous son violon tandis qu’en deuxième partie la 10° symphonie de Chostakovitch prendra vie sous la baguette de la cheffe Karina Canellakis et l'Orchestre de Paris.

Concerto pour violon de Sibelius et 10e Symphonie de Chostakovitch avec Joshua Bell et l’Orchestre de Paris
Joshua Bell et Karina Canellakis, © (1) Mathias Bothor / (2) Lisa Marie Mazzucco

Karina Canellakis, c’est une cheffe américaine, dont la carrière est en plein essor depuis la saison 2018/2019. Après avoir remporté en 2016 le prestigieux Prix Georg Solti, elle a commencé à faire ses débuts un peu partout dans le monde à la tête des plus grands orchestres. Sa carrière a pris un tournant symbolique en 2018, lorsqu’elle a été la première femme de l’histoire à diriger le concert de la Cérémonie de remise du Prix Nobel à Stockholm. Cette même saison, elle s’était vu confier le concert inaugural des BBC Proms de Londres. Cette année, Karina a été nommée cheffe principale de l’Orchestre philharmonique de la radio néerlandaise et première cheffe invitée principale de l’Orchestre symphonique de la radio de Berlin. Elle revient diriger l’Orchestre de Paris pour la deuxième fois. 

Programme du concert

Concert donné le 22 janvier 2020 à 20h30 en la Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie à Paris. 

Et c’est avec le violoniste Joshua Bell que la soirée commence. Joshua Bell,  c’est ce merveilleux musicien américain, qui joue le « Gibson », Stradivarius de 1713 et qui avait fait parlé de lui dans le monde entier en 2007, après s’être prêté à une expérience sociologique menée par le Washington Post dans les couloirs du métro de Washington, où il avait joué, incognito, sur son Stradivarius, pendant ¾ d’heure, récoltant à peine 30 dollars, alors même qu’il jouait la veille à guichets fermés à Boston pour 100 dollars la place. Le journaliste voulait ainsi montrer qu’on ne peut pas être réceptif à la beauté dans un cadre et un moment inappropriés.

C’est l’un des plus joués au monde, avec celui de Brahms, de Beethoven ou encore de Mendelssohn. Il a été composé en 1903 par un Sibelius qui sait parfaitement comment écrire pour le violon, puisqu’il avait commencé la musique par l’étude de cet instrument. Lors de la création à Helsinki, en 1903, sous la direction de Sibelius lui-même, le soliste de l’époque avait eu un peu de mal à venir à bout de toutes les difficultés de la partition. Sibelius l’avait donc révisé en une version définitive créée 2 ans plus tard à  Berlin, en 1905, sous la direction de… Monsieur Richard Strauss ! Il n’en fallait sans doute pas plus pour assurer à ce concerto une gloire durable ! 

Jean Sibelius  (1865-1957) : Concerto pour violon en ré mineur opus 47 (1903-04 / révisé en 1905)
1  Allegro moderato
2  Adagio di molto
3  Allegro ma non tanto
Joshua Bell, violon
Orchestre de Paris
Direction : Karina Canellakis

L'oeuvre que vous allez à présent entente a été composée après la mort de Staline. Chostakovitch n’avait plus composé de symphonie depuis qu’il avait été inquiété par le régime soviétique, notamment suite à son opéra Lady Macbeth.
« J’ai voulu traduire les passions et les sentiments humains » disait Chostakovitch à propose de sa Symphonie n°10.
Et d’une certaine manière, ce sont ses sentiments à lui qu’il relate, comme si, dans un pied de nez musical, il disait à Staline, qui venait de mourir, « tu vois, je suis encore là, moi » ! Et il se met en scène musicalement dans les 2 derniers mouvements de sa symphonie, à travers les notes ré - mi bémol - do - si, qui  représentent ses initiales (en notation anglo-saxonne D.SCH.), motif obstiné, qui trépide jusque dans les dernières mesures du finale. C’est d’ailleurs un motif-signature qu’on retrouve dans d’autres œuvres de Chostakovitch. Mais c’est aussi certainement un message d’amour un peu résigné à une certaine Elimra Nazarova (pianiste et compositrice) sur le nom de laquelle il joue aussi sous forme d’un autre thème musical.
C'est une symphonie très intense, qui porte le poids de l’histoire...

Dimitri Chostakovitch  (1906-1975) : Symphonie n°10 en mi mineur opus 93 (1953)
1  Moderato
2  Allegro
3  Allegretto
4  Andante - Allegro
Orchestre de Paris
Direction : Karina Canellakis

L'après-concert

Edward Elgar : Seapictures opus 37
1 Sea slumber song
2  In haven
3  Sabbath morning at sea
4  Where corals lie
5  The swimmer
Marie-Nicole Lemieux, contralto
Chœur de l'opéra de National de Bordeaux  
Orchestre National de Bordeaux Aquitaine
Paul Daniel, direction
[Erato 0190295424336]   

Ernest Chausson : Trio en sol min opus 3 : Animé
Trio Wanderer : Jean Marc Phillips-Varjabedian, violon - Raphaël Pidoux, violoncelle - Vincent Coq, piano
[Le Chant du Monde LDC 2781114]   

Fritz Kreisler : Aucassin and Nicolette (canzonette médiévale)
Joshua Bell, violon
Paul Coker, piano
[Decca 444 409-2]            

Fabrizio Dentice : Miserere mei, Deus - pour ensemble vocal et instrumental
Le Poème Harmonique
Vincent Dumestre, direction
[Alpha 011]
 

Le concert de demain

"Te Deum" de Marc-Antoine Charpentier, "Messe en Si" de Bach et autres splendeurs sacrées baroques

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