Le concert de 20h
Concerts
Lundi 11 mai 2020
2h 28mn

L'Orchestre symphonique allemand de Berlin, dirigé par Robin Ticciati avec l’altiste Antoine Tamestit

Un concert depuis la Philharmonie de Berlin avec en axe principal : les Etats-Unis où tous les compositeurs allemands et issus de la Mittleuropa sont passés : Kurt Weill, Bohuslav Martinů... des œuvres rares dirigées par Robin Ticciati avec l'altiste AntoineTamestit.

L'Orchestre symphonique allemand de Berlin, dirigé par Robin Ticciati avec l’altiste Antoine Tamestit
Antoine Tamestit, © BIRKENHOLZ

Programme du concert

La Symphonic Nocturne de Kurt Weill est tirée de sa comédie musicale Lady in the dark. Kurt Weill a longtemps travaillé à Berlin, auprès de Bertold Brecht, pour qui il écrit la musique de l’Opéra de Quat’sous, avant de passer en France puis d’émigrer, sous la pression de la montée des nazis au pouvoir en Allemagne, aux Etats-Unis jusqu’à la fin de sa vie. L'Amérique où il connait le succès à Broadway, à New York, avec Lady in the dark en 1941. Une comédie musicale qui raconte l’histoire d’une éditrice, Liza Elliott, qui travaille pour un magazine de mode et qui suit, sous nos yeux, d’étranges séances de psychanalyse. Kurt Weill donne à sa musique, qui était assez brute à l’époque de Brecht, un côté très jazzy, intégrant parfaitement les codes de l’Entertainmentaméricain.

Kurt Weill (1900-1950)
Robert Russell Bennett (1894-1981)
Symphonic Nocturne extrait de "Lady in the Dark" (1949)
Suite de concert arrangée par Robert Russell Bennett

Béla Bartók comme Weill, a dû quitter sa Hongrie natale, la mort dans l’âme, pour se réfugier aux Etats-Unis, où lui aussi a fini sa vie. Ainsi, le Concerto pour alto de Bartók vraiment le chant du cygne du compositeur, qui, était en phase terminale d’une leucémie en 1945 quand il en entreprend l’écriture, à la demande du grand altiste de l’époque, l’écossais William Primerose. Bartók ne parvient pas à achever la partition, qui a été terminée quelques années plus tard par un de ses élèves, Tibor Serly. Une version qui depuis été de reprise par le fils de Bartók. C’est un concerto où le compositeur montre, encore une fois, un grand talent de mélodiste, mais dont il s’échappe une grande mélancolie.

Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour alto et orchestre Sz. 120 BB 128 (1945)
1. Moderato
2. Adagio religioso
3. Allegro vivace
Antoine Tamestit, alto

Martinů aussi s’est exilé, dans les années 40, aux Etats-Unis, après un bref passage en France. C’est aux USA qu’il compose une grande partie de son œuvre symphonique. En l’occurrence, la Rhapsodie-concerto pour alto était une commande de l’altiste américain Jascha Veissi dans les années 50. Elle représente un virage stylistique chez le compositeur, qui était associé à une forme de néo-baroque un peu géométrique, motorique, et qui, de ses propres aveux, est passé avec cette œuvre de la « géométrie » à une « fantaisie » plus néoromantique. En l’occurrence, cette rhapsodie est globalement assez calme et extrêmement lyrique, autant pour l’alto, très cantabile, que pour l’orchestre.

Bohuslav Martinů (1890-1959) : Rapsodie-concerto H 337 (1952)
1. Moderato
2. Molto Adagio- Poco Allegro

György Kurtág (né en 1926 )
Bis 1 : Fower for Tabea
Bis 2 : Moto perpetuo

La 8e Symphonie de Dvořák : lui aussi a quitté sa Bohème natale dans les années 1890 pour aller à New York, où il avait été appelé à prendre la direction du Conservatoire, mais à qui on avait aussi confié une lourde mission : inventer une musique classique qui soit typiquement américaine. Ce qu’il fait, notamment dans sa 9e symphonie, la Symphonie du Nouveau Monde, en s’inspirant des traditions noires-américaines et du 

Ainsi sa 8ème Symphonie composée en 1890, à Prague, juste avant son départ pour l’Amérique est une symphonie assez lumineuse, joyeuse même, traversée par le folklore tchèque. Joie et paix caractérisent le 1er mouvement, suivi par un adagio d’un grand romantisme. Puis vient un scherzo en forme de chanson populaire, avant un finale grandiose, pétaradant, plein d’optimisme et de vitalité.

Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n°8 en sol majeur B. 163 op.88, Tchécoslovaque (1889 )
1. Allegro con brio
2. Adagio
3. Allegretto grazioso
4. Finale : Allegro ma non troppo

Orchestre Symphonique Allemand de Berlin
Robin Ticciati  : Direction 

L'après-concert

Cécile Chaminade : Trio n°2 en la mineur opus 34 : Allegro moderato - lento - Allegro energico
Trio Chausson : Philippe Talec, violon - Antoine Landowski, violoncelle - Boris de Larochelambert, piano
[Mirare MIR 163]

Erich Wolfgang Korngold  : L'emprise : Theme - Christmas - Sally - Lullaby - Finale
National Philharmonic Orchestra dirigé par  harles Gerhardt
[RCAGD 80185]

Serguei Rachmaninov : Concerto pour piano n°4 en sol mineur opus 40 : 3. Allegro vivace
Daniil Trifonov, piano
Orchestre de Philhadelphie dirigé par Yannick Nézet-Séguin.

L'équipe de l'émission :