Le concert de 20h
Concerts
Mercredi 7 juillet 2021
1h 57mn

Combattimento, la théorie du Cygne Noir en direct du Festival d’Aix

Sur le champ de bataille, Tancrède affronte sans le savoir celle qu’il aime, Clorinde, et va la tuer. Sébastien Daucé, directeur musical de Correspondances, et la metteuse en scène Silvia Costa ont imaginé un parcours symbolique à travers les plus puissants affects de la musique baroque italienne.

Combattimento, la théorie du Cygne Noir en direct du Festival d’Aix
Sébastien Daucé, chef d'orchestre, directeur musical de l'Ensemble Correspondances, © Photo by Diego Salamanca

Giovanni Battista Buonamente (1595-1642),
Claudio Monteverdi (1567-1643),
Tiburtio Massaino (1550-1609),
Francesco Cavalli (1602-1676),
Giacomo Carissimi (1605-1674),
Tarquinio Merula (1595-1665),
Luigi Rossi (1597-1653), 

Combattimento, la théorie du Cygne Noir 

Lamentations, madrigaux, airs ou pièces instrumentales 

Concert mis en scène, enregistré ce 7 juillet 2021 par France Musique et diffusé en direct du Théâtre du Jeu de Paume, à Aix en Provence. Nouvelle production du Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence. En coproduction avec le Théâtre de Caen. Remerciement à Elizabeth et Vincent Meyer, grands donateurs du Festival d’Aix. 

Distribution : 

Sébastien Daucé : Direction musicale 

Silvia Costa : Mise en scène, scénographie 

Valerio Contaldo : Ténor
Lucile Richardot : Mezzo-soprano
Julie Roset : Soprano
Etienne Bazola : Basse
Nicolas Brooymans : Basse
Caroline Weynants : Soprano
Antonin Rondepierre : Ténor
Blandine de Sansal : Mezzo-soprano 

Ensemble Correspondances 

Laura Dondoli : Costumes
Bernd Purkrabek : Lumière
Antonio Cuenca Ruiz : Dramaturgie 

Monteverdi, Rossi et Cavalli, Combattimento, la théorie du Cygne Noir – mise en scène Silvia Costa, direction musicale Sébastien Daucé : Julie Roset, Valerio Contaldo et Etienne Bazola
Monteverdi, Rossi et Cavalli, Combattimento, la théorie du Cygne Noir – mise en scène Silvia Costa, direction musicale Sébastien Daucé : Julie Roset, Valerio Contaldo et Etienne Bazola , © Photo by Monika Rittershaus / Festival d’Aix-en-Provence 2021
Monteverdi, Rossi et Cavalli, Combattimento, la théorie du Cygne Noir – mise en scène Silvia Costa, direction musicale Sébastien Daucé : Lucile Richardot
Monteverdi, Rossi et Cavalli, Combattimento, la théorie du Cygne Noir – mise en scène Silvia Costa, direction musicale Sébastien Daucé : Lucile Richardot , © Photo by Monika Rittershaus / Festival d’Aix-en-Provence 2021
Monteverdi, Rossi et Cavalli, Combattimento, la théorie du Cygne Noir – mise en scène Silvia Costa, dir. Sébastien Daucé : J. Roset, B. de Sansal, C. Weymants, E. Bazola, N. Brooymans, A. Rondepierre
Monteverdi, Rossi et Cavalli, Combattimento, la théorie du Cygne Noir – mise en scène Silvia Costa, dir. Sébastien Daucé : J. Roset, B. de Sansal, C. Weymants, E. Bazola, N. Brooymans, A. Rondepierre , © Photo by Monika Rittershaus / Festival d’Aix-en-Provence 2021

Le programme : 

Giovanni Battista Buonamente, 

Sonata (1636) 

Claudio Monteverdi, 

Hor che’l ciel e la terra, SV 147 – Livre VIII de Madrigaux (1638), madrigal à six voix et instruments sur un poème de Pétrarque :
Prima parte : « Hor che’l ciel e la terra » 

I. COMBAT 

Claudio Monteverdi, 

Il combattimento di Tancredi e Clorinda, SV 153 – Livre VIII de Madrigaux (1638), composé sur le Chant XII de la Jérusalem libérée de Torquato, du Tasse 

Solistes : Valerio Contaldo, Julie Roset, Etienne Bazola 

II. LAMENTATIONS 

Tiburtio Massaino, 

Première leçon de ténèbres du premier jour
Musica super Threnos Jeremiæ prophetæ (1599) 

‒ LAMENTATION DE LA MÈRE 

Francesco Cavalli, 

« Alle ruine del mio regno » – La Didone (1641), opéra en un prologue et trois actes sur un livret de Giovanni Francesco Busenello inspiré de l’Énéide de Virgile, acte 1 

Soliste : Lucile Richardot 

Giacomo Carissimi, 

Sinfonia [Christus factus est] 

‒ LAMENTATION DE LA FILLE 

Giacomo Carissimi, 

« Plorate colles » – Historia di Jepthe (1648), oratorio d’après le Livre des Juges (scène finale)  

Soliste : Julie Roset 

Tiburtio Massaino, 

Deuxième leçon de ténèbres du premier jour
Musica super Threnos Jeremiæ prophetæ (1599) 

‒ CHANT DE LA MÈRE 

Tarquinio Merula, 

« Hor ch’e tempo di dormire », Canzonetta spirituale sopra alla nanna (1638) 

Soliste : Caroline Weynants, soprano 

III. SOULÈVEMENT ET RECONSTRUCTION 

Luigi Rossi, 

La cecitá del misero mortale (vers 1640), Oratorio à 5 voix et instruments :
1. Sinfonia
2. O cecitá del misero mortale
3. Riconosciti una volta
4. Quel tratto poi di vita
5. Riconosciti una volta
6. Deh, rimira che seco 

Solistes :  
2. Lucile Richardot, Antonin Rondepierre
3. Caroline Weynants, Blandine de Sansal, Nicolas Brooymans
4. Blandine de Sansal
5. Caroline Weynants, Blandine de Sansal, Lucile Richardot, Antonin Rondepierre, Nicolas Brooymans
6. Etienne Bazola 

‒ BALLET DES FANTÔMES 

Luigi Rossi, 

Sinfonia prima & Ballo dei Fantasmi – Il Palazzo incantato (1642), opéra en un prologue et trois actes sur un livret de Giulio Rospigliosi d’après Orlando furioso de l’Arioste (prologue et acte 2) 

‒ LA NUIT 

Francesco Cavalli, 

« Tenebrose mie squadre, ombre guerriere » – Egisto (1645), opéra en un prologue et trois actes sur un livret de Giovanni Faustini (prologue)  

Soliste : Lucile Richardot 

Tiburtio Massaino, 

Troisième leçon de ténèbres du premier jour
Musica super Threnos Jeremiæ prophetæ (1599) 

‒ LE SOMMEIL ET SA SUITE  

Francesco Cavalli, 

« Già dell’alba vicina » – Gli amori di Apollo e Dafne (1640), d’après les Métamorphoses d’Ovide (prologue) 

Solistes : Valerio Contaldo, Antonin Rondepierre, Blandine de Sansal, Nicolas Brooymans 

‒ LA RENAISSANCE ET L’AURORE 

Francesco Cavalli, 

« Sorgi bianco principio » – Gli amori di Apollo e Dafne (acte 1) 

Solistes : Nicolas Brooymans, Etienne Bazola, Antonin Rondepierre 

« Da l’oriente sorgo ridente » – Egisto (prologue) 

Soliste : Julie Roset 

ÉPILOGUE 

Claudio Monteverdi, 

Hor che’l ciel e la terra, SV 147 :
Secunda parte : « Cosi sol d’una chiara fonte viva » 

Argument : 

Par Antonio Cuenca Ruiz, Dramaturge 

Un récitant raconte le violent combat qui oppose le général Tancrède et l’intrépide guerrière Clorinde. Tous deux portent le poids de leur armure, de leur uniforme et des armes. Le regard qui est porté sur eux les enferme dans un univers binaire, où tout les oppose. Tancrède aime passionnément Clorinde, bien qu’elle soit une ennemie. Mais, dans l’obscurité de la nuit qui les enveloppe, il ne la reconnaît pas, et celle-ci refuse de dévoiler son identité. Clorinde est finalement mortellement blessée. Tancrède, en lui rendant les honneurs dus à un ennemi mort au combat, la reconnaît enfin. Il peine à retenir ses larmes. 

Par les larmes et la déploration, un groupe s’assemble. De ce rassemblement, plusieurs figures émergent tour à tour – à moins qu’elles ne soient les différents visages d’une même personne. Une mère appelle la mort de ses vœux. Elle est exténuée par ses gémissements, anéantie par les pertes qu’elle a subies, et souhaiterait que sa progéniture n’eût jamais vu le jour. Une femme est morte, et l’écho de ses plaintes retentit encore dans le monde alentour. Le groupe semble plongé dans une nuit profonde, où tout n’est que débris et ruines. Dans ces ténèbres, une autre mère chante une douce berceuse, dont le rythme entêtant laisse entrevoir un destin fatal auquel se résigner. Elle invite à s’abandonner à l’épuisement, au sommeil. 

Des voix s’élèvent de manière répétée pour exhorter la communauté à dépasser ses larmes, à se libérer de pleurs qui confinent à la cécité. Elles dénoncent la vanité d’un apitoiement qui tiendrait la tête baissée vers la terre, et incitent à se laisser plutôt guider par le ciel étoilé. 

Les paupières sont baissées. Derrières elles s’exercent les pouvoirs du sommeil et du rêve, c’est-à-dire ceux de l’imagination. Il s’y invente des formes et des objets, parfois chimériques ou abstraits, de nouvelles histoires possibles, des cités à construire ou reconstruire, des utopies... La nuit profonde se dissipe devant l’arrivée de l’aurore, dont les lueurs percent les ténèbres. Après la mort, les larmes, l’abattement et la ruine, hommes et femmes se réjouissent qu’un autre monde possible se profile à l’horizon. 

© Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence 

L'après-concert :

Luigi Rossi,

Passacaille pour Orphée

Ensemble Correspondances
Sébastien Daucé : Direction musicale
HARMONIA MUNDI HMC 95222324
Le Concert Royal de la Nuit

  • Interviews de Sébastien Daucé et Lucile Richardot

Claudio Monteverdi,

Si dolce è il tormento (extrait)

Paolo Fresu : Trompette
Richard Galliano : Accordéon
Jean Lundgren : Piano
ACT MUSIC & VISION ACT 98122 

Ouvrage de référence : 

Claudio Monteverdi de Denis Morrier
Bleu Nuit Editeur – Collection Horizons 

Claudio Monteverdi de Denis Morrier (Bleu Nuit Editeur)
Claudio Monteverdi de Denis Morrier (Bleu Nuit Editeur)
L'équipe de l'émission :