Vendredi 27 septembre 2019
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La politique culturelle de Jacques Chirac

Antoine Pecqueur nous parle ce matin de la politique culturelle de Jacques Chirac. Quel était le rapport de l’ancien président aux différents arts ?

La politique culturelle de Jacques Chirac
Jacques Chirac au Musée du Quai Branly en 2006 lors de l'inauguration, © Getty / Pool Interagences/Gamma-Rapho

Antoine Pecqueur a posé cette même question hier à Catherine Tasca, qui fut Ministre de la Culture pendant la cohabitation, entre 2000 et 2002. Malgré le contexte forcément tendu de cette période politique, Catherine Tasca se souvient d’un homme épris de culture, mais qui était d’une grande pudeur sur ses connaissances, pourtant très vaste. 

Nous étions à l’opposé du lyrisme de François Mitterrand. Jacques Chirac était tout particulièrement passionné par les arts premiers. C’est même lui qui s’est battu pour les faire entrer au Louvre ! "Une vraie bataille contre la technostructure,  contre les conservateurs du Musée", confiait Catherine Tasca.  Sur cette même ligne, Jacques Chirac reste bien sûr associé au Musée du Quai Branly qui porte son nom, ou encore à la rénovation du Musée Guimet. La culture pour lui, c’était l’ouverture au monde.

Il était moins engagé sur le spectacle vivant…

Effectivement, on ne le voyait pas tous les soirs au théâtre ou à l’opéra. Toutefois, c’est quand même intéressant de relire ses déclarations de campagne sur la politique culturelle. Par exemple, celle de 2002, où il appelle notamment de ses vœux la construction de la salle de concert à côté de la Cité de la musique, qui deviendra des années plus tard la Philharmonie...

Qu’a-t-il fait pour l’économie de la culture ?

Du point de vue du financement public, il n’a pas doublé le budget du ministère de la culture comme l’avait fait François Mitterrand en arrivant à l’Elysée.  Cependant, il a toujours stabilisé les moyens, défendant aussi le lien avec les collectivités territoriales, en particulier sur le patrimoine. Surtout, c’est sous sa présidence qu’a été mis en place la Loi Aillagon, du nom de celui qui fut son Ministre de la culture de 2002 à 2004. Cette loi a instauré une déduction fiscale de 60% pour les entreprises mécènes. Le hasard, c’est que le gouvernement veut justement réformer aujourd’hui cette loi, souhaitant diminuer le taux à 40%, et mieux encadrer les contreparties.  

Que retenir de son action à la ville de Paris ?

La particularité, à l’époque où Jacques Chirac était Maire de Paris, c’est que la plupart des équipements culturels qui voyait le jour dans la capitale étaient alors en très grande partie financé par l’Etat, et souvent décidé directement par l’Elysée.  L’Opéra Bastille, la Grande Bibliothèque, tous ces projets étaient voulus par Mitterrand. Chirac pouvait même se montrer critique vis-à-vis de ces réalisations. Lorsqu’il est devenu lui-même président, il ne s’est pas opposé à leur développement, bien au contraire. 

Il y a eu aussi de vrais loupés, comme la réforme de l’intermittence du spectacle, qui avait conduit en 2003 à l’annulation du festival d’Avignon. Enfin, citons Catherine Tasca, qui bien que n’étant pas du même bord politique que Jacques Chirac, disait hier à Antoine Pecqueur que "si les présidents qui lui ont succédés avaient été aussi investi dans la culture, le pays irait mieux".

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