Lundi 28 juin 2021
3 min

Retour sur les élections régionales : les conséquences pour la culture

Au lendemain des élections régionales, le rôle des régions en matière culturelle pourrait-il évoluer dans les prochaines années suite aux différents résultats ? Certaines régions appellent à davantage de libertés quant à leurs politiques culturelles afin de ne plus dépendre de l'Etat.

Retour sur les élections régionales : les conséquences pour la culture
Suite à l'annonce des résultats des élections régionales 2021, Antoine Pecqueur s'intéresse aux futures grandes lignes en matière de politique culturelle des régions, © AFP / Martin Bertrand / Hans Lucas

Si on regarde les chiffres, on se rend compte que les régions ne sont pas les premiers financeurs de la culture, loin de là. Ce sont les villes qui arrivent en tête, puis le ministère de la Culture, les départements et enfin les régions. Le montant total de leur investissement dans le secteur culturel s’élève à 760 millions d’euros. Pour autant, ce montant est loin d’être anecdotique, et surtout il répond à des missions précises. Les régions, qui financent les lycées, sont par exemple sensibles au sujet de l’action pédagogique. Aujourd’hui, l’implantation sur un territoire est devenue crucial pour les artistes, notamment pour les orchestres ou les ensembles spécialisés qui cherchent toujours un ancrage dans un lieu. A rappeler que certaines institutions, comme l’Opéra de Rouen ou l’Orchestre national d’Ile-de-France, ont la région comme principal subventionneur.

Vers une déconcentration culturelle ?

Au vu des résultats d'hier soir, le rôle des régions en matière culturelle pourrait bien évoluer dans les prochaines années. Il suffit de regarder deux des vainqueurs des élections hier soir, Renaud Muselier en Provences Alpes Cote d’Azur et Valérie Pécresse, en Ile-de-France. Ils ont le même discours : il demande que l’Etat délègue ses compétences culturelles aux régions, hormis sur la gestion du patrimoine. C’est un discours choc, puisque cela signifierait tout simplement la fin des Drac, les directions régionales du ministère de la Culture. Les régions veulent ne plus dépendre de l’Etat, dénonçant le fait que le ministère de la Culture favorise avant tout Paris, en oubliant les territoires. 

Aujourd'hui, les collectivités veulent avoir davantage de pouvoirs en matière culturelle. La crise sanitaire l’a encore rappelé : on a vu beaucoup de villes appeler à la réouverture des salles de spectacle, contre les directives de l’Etat. Pour autant, ce serait un peu réducteur de dire que le ministère de la culture n’a pas de rôle à jouer en dehors de Paris. En plus de son rôle d'expertise, les financements croisés sont peut-être plus complexe administrativement, mais cela garantit une pluralité des financeurs, de ne pas dépendre d’un seul bailleur de fonds. Plutôt que faire disparaitre les Drac, il serait mieux que le ministère de la culture repense sa politique sur les territoires. Son premier chantier pourrait être celui des festivals. Son aide est limitée à quelques grandes manifestations, au lieu d’irriguer de manière équilibré l’hexagone. Coup du hasard : aujourd’hui lundi 28 juin sont organisés les états généraux des festivals, au Printemps de Bourges. 

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