Lundi 5 avril 2021
2 min

Réouverture des lieux culturels à la mi-mai : espoir ou utopie ?

Antoine Pecqueur revient sur l’annonce, la semaine dernière, par Emmanuel Macron de la réouverture des lieux culturels à partir de la mi-mai. Cette annonce est à prendre au conditionnel, tant elle dépend de l’évolution de la situation sanitaire et bien sûr du rythme des vaccinations.

Réouverture des lieux culturels à la mi-mai : espoir ou utopie ?
Lors de sa dernière allocution, Emmanuel Macron mise sur une réouverture de certains lieux culturels dès la mi-mai mais c'était sans compter sur un problème de calendrier, © AFP / Antoine De Raigniac / Hans Lucas / Hans Lucas

Le secteur culturel a pu être échaudé il y a quelques mois par des promesses de réouverture qui n’ont pas été suivi d’effets. Reste que cette échéance de la mi-mai offre quand même une lueur d’espoir. Le lendemain des annonces présidentielles, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a commencé à entrer un peu dans le détail. Il a notamment annoncé que les musées seront parmi les premiers établissements à pouvoir rouvrir, tout en disant qu’il y en aura d’autres sans donner plus de précisions. Il n’y a rien d’étonnant à ce que les musées soient parmi les premiers à rouvrir. De plus en plus de tribunes l’appelaient de leurs vœux, d’autant plus que pendant plusieurs mois, on a vu les galeries d’art ouvertes, jusqu’à ce qu’elles soient obligées de fermer avec ce nouveau confinement. La fréquentation des galeries a montré à la fois l’appétence des français pour la culture mais aussi que la circulation des visiteurs pouvait être canalisé dans des salles d’exposition.

Qu'en est-il du spectacle vivant ?

Il y a un scénario sur la table qui prévoit une réouverture en trois phases, avec une évolution des jauges. Au départ, les salles ne pourraient accueillir que 35% du public, puis 65% au bout d’un mois puis 100%. Mais pour l’instant, cela reste une piste d’étude, il n’y a pas encore de protocole précis. Celui-ci doit aller bien au-delà de la question des jauges, il y a aussi l’enjeu des systèmes de ventilation des salles, la possibilité ou pas des entractes. Autant de critères qui doivent être élaborés avec le ministère de la Santé. Et il faut prendre aussi en compte des aspects économiques : quelles compensations financières pour les salles avec des jauges réduites ?

On est donc encore loin d’une réouverture mi-mai de l’ensemble des salles de spectacle…

Il y a aussi un problème de calendrier : la mi-mai, c’est déjà la fin de saison des salles de spectacle. Autant dire que cela risque d’être très complexe de mettre en œuvre un protocole sanitaire pour quelques semaines avant l’été. Un grand nombre de salles pourraient privilégier une ouverture à la rentrée, fin août, début septembre. En fait, le but du gouvernement est surtout que les festivals puissent avoir lieu. Avec pour l’instant une jauge de 5000 personnes assises et masquées. Si les festivals de musique classique vont pouvoir sans problème entrer dans ce cadre, ce n’est pas forcément le cas des grands événements de musiques actuelles. Les Eurockéennes de Belfort, qui devaient se tenir début juillet, viennent d’annoncer leur annulation, donc pour la deuxième année consécutive. C’est bien là toute la difficulté de cette réouverture, avec un cadre sanitaire contraignant : elle risque aussi de creuser l’écart entre les genres artistiques, entre le public et le privé. Vous l’aurez compris : face à ces enjeux, Roselyne Bachelot, qui vient de sortir de l’hôpital et on s’en réjouit, a devant elle des semaines bien chargées.

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