Lundi 12 avril 2021
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Philharmonie de Paris : Laurent Bayle prolonge son poste de directeur jusqu'à l'arrivée d'un successeur

Faute de se mettre d'accord sur un candidat, le ministère de la Culture a annoncé le maintien de Laurent Bayle à la direction de la Philharmonie de Paris jusqu’à ce qu’un successeur soit trouvé. Mais que se passe-t-il précisément à la tête de l'institution parisienne ?

Philharmonie de Paris : Laurent Bayle prolonge son poste de directeur jusqu'à l'arrivée d'un successeur
Le contrat du directeur de Laurent Bayle à la tête de La Philharmonie de Paris est prolongé jusqu'à ce qu'un successeur soit trouvé, © Maxppp / Laurent Paillier / Le Pictorium

Normalement Laurent Bayle aurait dû quitter ses fonctions de directeur général de la Philharmonie de Paris le 31 mars dernier. Mais aucun successeur n’a été nommé. Il est donc maintenu dans ses fonctions, sans date limite, jusqu’à ce que le processus de recrutement aboutisse. Laurent Bayle, qui aura 70 ans en juin, ne peut faire de mandat supplémentaire : en 2016 déjà, un décret avait été pris en conseil des ministres pour lui permettre à l’époque de poursuivre son mandat au-delà de l’âge de départ à la retraite. On ne peut donc pas imaginer aujourd’hui une deuxième dérogation, et le principal intéressé a lui-même annoncé qu’il souhaitait tourner la page. Mais dans le contexte de crise sanitaire et avec actuellement tout l’enjeu d’un protocole de réouverture des salles de spectacle, l’Etat ne peut se permettre de laisser la Philharmonie sans capitaine. Et a donc fait le choix, provisoire, de ce maintien en poste.

Comment expliquer qu’aucun successeur n’ait été trouvé ?

Cela tient à plusieurs facteurs. La Philharmonie est sous la tutelle conjointe de l’Etat et de la ville de Paris. Il faut donc arriver à les mettre d’accord, d’autant qu’ils ne sont pas de la même couleur politique. Et au sein même de l’Etat, ce type de nomination ne se limite pas au ministère de la Culture ; c’est l’Elysée qui décide au final et donc directement Emmanuel Macron. Or il est peu de dire que dans le contexte actuel, le président a d’autres impératifs.
Et surtout, la question est : qui pourrait succéder à Laurent Bayle ? Plusieurs pistes semblaient envisagées : la venue d’un directeur de l’étranger, comme l’allemand Stephan Gehmacher, actuellement à la tête de la Philharmonie de Luxembourg. Il a l’avantage de diriger une salle où l’orchestre est intégré, le même schéma qu’à la Philharmonie avec l’Orchestre de Paris. Mais après la nomination d’Alexander Neef, cela ferait-il trop de directeurs étrangers à Paris ? La question du choix d’une femme se pose aussi, d’autant que le milieu de la musique classique reste très masculin. Le nom d’Aline Sam-Giao, aujourd’hui à la direction de l’Orchestre de Lyon, a été évoqué. Sinon, il y a bien sûr ceux que l’on pourrait appeler les 4 M, bien connu du milieu français de la musique classique : Olivier Mantei, Franck Madlener, Bruno Mantovani ou encore Bruno Messina.

La question des nominations ne se pose pas qu’à la Philharmonie de Paris

Effectivement, c’est une période charnière. Le renouvellement ou pas de Jean-Luc Martinez à la tête du Louvre doit être décidé dans les jours qui viennent. Il y a aussi les nominations au Centre Pompidou, au Château de Versailles ou encore au Théâtre du Châtelet.
Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est crucial : il leur faut trouver les personnes qui vont piloter ces structures dans le contexte d’après-crise sanitaire. Comment repenser ces institutions, qui pour certaines pourraient fonctionner en grande partie grâce à la venue des touristes ? Comment les amener aussi à être plus vertueuse d’un point de vue écologique, un aspect souvent ignoré par ces structures ? Toute la question pour les pouvoirs publics est de choisir entre soit des personnalités dont le projet est de revenir plus ou moins au monde d’avant, soit ceux qui veulent en inventer un nouveau. La deuxième piste me semble quand même bien plus excitante.

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