Lundi 11 novembre 2019
2 min

Les échanges culturels entre la France et la Chine

Antoine Pecqueur revient sur la visite officielle d’Emmanuel Macron en Chine, qui a allié la semaine dernière échanges économiques et culturels.

Les échanges culturels entre la France et la Chine
Emmanuel Macron avec Xi Jinping, © Getty / Andy Wong - Pool

Rarement un déplacement présidentiel aura joué autant sur les deux tableaux. Au cours de la même journée à Shanghai, Emmanuel Macron était le matin à la foire internationale aux importations et l’après-midi à l’ouverture de l’annexe du Centre Pompidou. Art et realpolitik ne font qu’un. 

C'est un enjeu majeur pour la France : Pékin signe un accord de libre échange avec l’Union Européenne. Ce mélange des genres entre culture et géopolitique n’est pas étonnant en Chine ; pensez que le même groupe chinois, Poly, est à la fois leader dans les ventes d’armes et dans la construction d’équipements culturels.

La musique classique a aussi été au cœur des échanges…

Il y a eu la signature du partenariat entre l’Orchestre philharmonique de Radio France et le Philharmonique de Chine, en présence du Ministre de la culture Franck Riester qui accompagnait Emmanuel Macron. Ce partenariat intervient juste après la signature du partenariat de quatre ans entre l’Opéra Comique et le Festival de Pékin.

Qu’attendent les structures culturelles françaises à travers ces partenariats ?

En France, les financements publics sont de plus en plus difficile à obtenir pour les structures culturelles. Les grandes institutions sont mises à la diète : le Louvre par exemple doit faire face à une baisse de l’aide de l’Etat de 10 millions d’euros dans le nouveau projet de loi de finances. Il leur faut donc trouver de nouveaux leviers de financement. La marque Louvre avait été vendue 1 milliard d’euros à Abu Dhabi. Pour Shanghai, aucun montant n’a filtré de l’accord avec le Centre Pompidou ; l’heure en Chine n’est pas à la transparence.

Ces échanges culturels montrent aussi leurs limites…

Les structures culturelles doivent appliquer la censure chinoise. C’est-à-dire pas d’œuvres mettant en scène des nus ou des scènes trop explicites et pas non plus de messages politiques engagés. Il a donc fallu faire le tri au Centre Pompidou. Pareil pour l’Opéra Comique qui va donc devoir choisir des mises en scènes bien polissées. On l’aura compris : pour voir des œuvres du dissident chinois Ai Weiwei, il faut rester en Europe.

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