Lundi 24 février 2020
2 min

Musique et écologie: un nouvel écosystème à inventer

Antoine Pecqueur nous parle aujourd’hui écologie et musique, avec la tournée de l’Orchestre de l’Age des Lumières, qui se produit le 28 février à Budapest.

Musique et écologie: un nouvel écosystème à inventer
Un avion qui décolle : quel est l’impact environnemental des tournées ?, © Getty / Tom Kaiser / EyeEm

L’Orchestre de l’Age des Lumières est un ensemble anglais qui joue sur instruments anciens et qui est basé à Londres. Pour leur concert en Hongrie, mais aussi en Pologne, à Stettin, l’Orchestre a choisi de partir en tournée en train et non pas en avion.
Un geste écologique qui a un véritable impact, puisque la formation va ainsi réduire de plus de 15 000 tonnes son impact CO2.

Dans quelles conditions va se dérouler un tel déplacement à travers l’Europe ?

C’est une sacrée logistique puisque les musiciens vont passer 24 heures en train, au lieu de 2 heures et demie en avion. Et d’un point de vue économique aussi, il y a un impact direct. L’orchestre va devoir être en déficit budgétaire, car le train coûte bien plus cher que l’avion, ce qui est d’ailleurs absolument scandaleux. Toute politique écologique doit être coercitive, et sans taxation plus importante des déplacements aériens. La situation risque très peu d’évoluer car écologie et économie sont totalement connectés.

Quel est globalement l’impact environnemental des tournées ?

La Grande Bretagne est le pays qui a le plus réfléchi à cette question. L’association des orchestres britanniques a publié une étude passionnante avec le concours d’une ONG, analysant les tournées de quarante orchestres. Le bilan est alarmant : en moyenne, un orchestre représente un impact de 8600 tonnes de CO2. Pour changer les choses, l’association des orchestres britanniques a lancé une charte verte, avec un grand nombre de préconisations, comme supprimer les plastiques dans les repas des musiciens, mettre en place des navettes pour faire venir le public afin d’éviter les déplacements individuels…

Et en France ? 

Quel retard, les fédérations et associations d’orchestre n’ont encore rien fait, et c’est inexcusable. Comment tolérer que des orchestres prennent encore des vols intérieurs ?
Heureusement, des initiatives commencent à poindre leur nez, avec notamment la mise en place d’un collectif d’ensembles concernés par la question. Les Forces Majeures, la jeune formation dirigée par Raphael Merlin, lancent par exemple des tournées en vélo. Une initiative salutaire ! En tout cas une chose est sûre : l’excuse économique n’est plus entendable ; l’écologie impose maintenant de repenser le modèle même de fonctionnement, l’écosystème trop souvent archaïque des institutions classiques. 

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