Lundi 14 octobre 2019
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La politique culturelle du Portugal

Antoine Pecqueur revient sur la large victoire remportée la semaine dernière aux élections législatives par le premier ministre portugais Antonio Costa.

La politique culturelle du Portugal
Le premier Ministre Portugais Antonio Costa, © Getty / Horacio Villalobos

Antonio Costa est à la tête d’une alliance inédite en Europe réunissant socialistes, verts et communistes. 

Imaginez en France, un courant allant de la social-démocratie aux marxistes : impensable ! Au Portugal, cela fonctionne.
Ancien maire de Lisbonne, Antonio Costa est donc devenu premier ministre en 2015, et quatre ans plus tard, le bilan de sa coalition est largement positif. Ceci explique sa réélection : le taux de chômage est aujourd’hui de 6,4%, c’est-à-dire le niveau d’avant la crise. Il est arrivé à augmenter le niveau des retraites et les salaires des fonctionnaires tout en réduisant le déficit public à seulement 0,2%.
Cela prouve bien qu’il y a une troisième voie possible en Europe, entre libéralisme et populisme.

La culture est un autre axe fort de sa politique.

Fini la cure d’austérité imposé par la droite après la crise. Au cours de ces quatre dernières années, le budget alloué à la culture a augmenté de plus de 40%. Unique en Europe ! Et surtout, ce qui était un simple secrétariat d’état est devenu un Ministère de la culture à part entière. La priorité du Ministère est la démocratisation mais aussi et surtout la décentralisation, ne plus concentrer toutes les dépenses culturelles à Lisbonne.

La musique est directement concernée.

Le gouvernement d’Antonio Costa a créé le statut des orchestres régionaux. Il fallait réduire le fossé entre les orchestres de la capitale et ceux en région ; les salaires des musiciens en fonction des formations peuvent varier de 1 à 10.  La rénovation tant attendue du conservatoire de Lisbonne a enfin été lancée. Par sa vétusté, cette institution illustrait à l’extrême le Portugal des années de crise. A l’échelle du pays, le nombre d’établissements d’enseignement consacré à la musique est passé en vingt ans de 50 à 130.

Tout n’est pas rose pour autant...

On l’a encore vu à la rentrée avec la grève à l’Opéra de Lisbonne concernant le problème d’harmonisation des salaires. De manière globale, il y a encore un manque de salles de concerts contemporaines dans le pays, hormis bien sûr la géniale Casa da Musica construite par Rem Koolhaas à Porto. En attendant, les artistes portugais triomphent à l’étranger, comme on l’a encore vu ces derniers jours avec le metteur en scène Tiago Rodrigues, le directeur du Théâtre national de Lisbonne, au Festival d’Automne. Il est l’un des metteurs en scène les plus captivants à l’heure actuelle !

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