Lundi 7 octobre 2019
2 min

L'économie du Metropolitan Opera de New York

Antoine Pecqueur s'intéresse au modèle économique de l'institution américaine dans le cadre de la journée Metropolitan Opera.

L'économie du Metropolitan Opera de New York
Metropolitan Opera House, New York, © Getty / Education Images/Universal Images Group

Le premier chiffre à retenir ce matin, c’est 300 millions de dollars : le budget annuel du Metropolitan Opera. 

Contrairement aux maisons d’opéras européennes, ce n’est pas la puissance publique qui finance directement la structure. Le Met doit miser sur ses ressources propres : à commencer par la philanthropie.
Toutefois, il y a quand même une aide publique indirecte, puisque les mécènes bénéficient aux Etats-Unis d’un système permettant dans certains cas jusqu’à 100% de déduction fiscale.
Le directeur du Met, Peter Gelb, recherche toujours plus de mécènes et surtout il cherche un très gros sponsor. Avis aux intéressés !
Si ce mécène met une grosse somme, il pourrait voir son nom apposer sur le bâtiment. Comme le Carnegie Hall, financé au XIXème siècle par Andrew Carnegie, ou plus récemment le David Geffen Hall, juste à côté du Met. C’est la pratique du naming…

Que représente la billetterie dans le fonctionnement économique de l'Opéra ?

C’est 30% du budget. Et c’est là que le bât blesse, car le Met n’est rempli en général qu’aux deux tiers. Alors bien sûr, c’est une jauge importante, 3800 places. 

La programmation de Peter Gelb tente de trouver une voie, un entre-deux qui n’est pas aisé : à la fois garder les productions traditionnelles pour le public plutôt conservateur tout en ouvrant sur des ouvrages plus contemporains pour toucher les nouvelles générations. La nomination de Yannick Nézet-Seguin comme directeur musical peut être un bon levier. Le paradoxe c’est qu’en même temps, le Met a du mal à remplir sa salle mais remplit les salles de cinéma dans le monde entier.

La diffusion dans les cinémas vide-t-elle les salles ?

Peter Gelb conteste cet argument, hormis dit-il, pour un public très âgé. En tout cas, la diffusion dans les salles de cinéma est devenu une machine à cash pour le Met. Aux Etats-Unis, sur le prix du billet de cinéma, 50% va au cinéma et 50% au Met. C’est pour cela que d’autres institutions ont suivi, comme l’Opéra de Paris ou le Bolchoi. Le Met qui a été le premier en 2006 à se lancer sur le créneau fait de loin la course en tête. Il a ainsi imposé son nom comme une marque mondiale : un bel exemple de branding dans le monde de la culture.

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