Lundi 3 février 2020
2 min

Brexit: quel impact pour les artistes ?

Ce matin, Antoine Pecqueur s'intéresse aux conséquences du Brexit pour la culture. Connaît-on déjà l’impact pour ce secteur ?

Brexit: quel impact pour les artistes ?
Brexit: quel impact pour les artistes ?, © Getty / KTSDESIGN/SCIENCE PHOTO LIBRARY

Les prochains mois seront décisifs pour trouver différents accords entre la Grande-Bretagne et l’Union Européenne, notamment en ce qui concerne la circulation des artistes

Les orchestres anglais sont nombreux jusqu’à présent à se produire en tournée dans les pays européens. Certains ensembles font même la majorité de leurs chiffres d’affaires à l’international.
Pourront-ils continuer au même niveau cet activité, au vu des formalités administratives qui vont être mises en place ? Rien n’est moins sûr. D’ores et déjà, les orchestres anglais ont recruté du personnel pour gérer ces questions.

Et dans l’autre sens, il y a aussi les musiciens européens qui jouent en Angleterre…

Et là aussi, il y a beaucoup d’inquiétude. Aujourd’hui, en Grande-Bretagne, il existe un visa pour les ressortissants non-européens destinés aux emplois hautement qualifiés. Mais il est soumis à des niveaux de rémunération très élevés, 30 000 livres par an, soit 35 000 euros.
On est loin de la plupart des rémunérations dans le milieu culturel. Le secteur demande donc la création d’un visa particulier pour les artistes. Mais là aussi, son éventuelle mise en place dépend des négociations, qui doivent durer jusqu’à la fin de l’année.

Le Brexit ne peut-il offrir de nouveaux débouchés pour les artistes ?

Les pro-Brexit mettent en avant une coopération accrue avec le reste du monde, et notamment les Etats-Unis. Mais aujourd’hui, les Etats-Unis de Donald Trump sont extrêmement protectionnistes. Il devient de plus en plus compliqué pour les artistes de s’y produire ! Par contre, il y a un domaine culturel pour lequel le Brexit pourrait être une bonne nouvelle : c’est le marché de l’art.
Car en sortant de l’Union européenne, la Grande-Bretagne va pouvoir taxer comme elle l’entend les œuvres d’art, ne plus être soumis aux taxes européennes. Une possibilité serait donc que le pays devienne une sorte de paradis fiscal pour ce marché, une sorte de port franc, comme on en trouve à Genève ou Singapour, où l’art est placé à l’abri du fisc.
Si certains économistes de la culture y croient, les galeristes eux sont plus dubitatifs : ils rappellent que le Brexit les coupe aussi du vivier des artistes. Et donc on voit de plus en plus ici à Paris s’installer depuis quelques mois des galeristes anglo-saxons.
Je terminerai en vous citant cette phrase d’une lettre ouverte signé par plusieurs artistes, notamment le chef d’orchestre Simon Rattle, suite au Brexit : « Nous avons décidé de nous enfermer dans une prison culturelle que nous avons nous-même construite ».

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