Lundi 2 novembre 2020
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L’impact économique du reconfinement sur le secteur culturel

Le reconfinement propose en ce moment de nouvelles habitudes quant au public envers les artistes. Quelles conséquences va subir le monde culturel ? Comment orienter l'écosystème culturel ?

L’impact économique du reconfinement sur le secteur culturel
L’impact économique du reconfinement sur le secteur culturel, 2 novembre 2020, © Getty / sot

En mars, le paysage culturel s’était retrouvé totalement à l’arrêt. Cette fois-ci, les établissements, les salles de spectacle ont l’interdiction de recevoir du public mais peuvent continuer à accueillir des artistes, dans le cadre de résidences, de captations. Les artistes devraient aussi pouvoir continuer leurs actions en lien avec les établissements scolaires, puisque ces derniers restent ouverts. Rien n’est encore très clair, à l’instar de la situation chaotique sur la vente de livres, avec, en fin de semaine dernière l’autorisation donnée dans un premier temps à Fnac-Darty d’ouvrir ses magasins. Devant la réaction ulcéré des libraires, qui doivent eux rester fermés, Bercy a décidé d’interdire la vente de produits culturels dans les grandes enseignes, Fnac Darty mais aussi les hypermarchés. C’est alors le "grand bazar", pour reprendre le titre d’un éditorial de la presse régionale.

Le déploiement numérique du reconfinement

Des ce soir de l’Orchestre de Paris va diffuser son concert sur le site de la Philharmonie.L’Opéra Comique a déjà annoncé que sa production d’Hyppolite et Aricie serait donnée à huis clos, capté pour Arte. Pendant le premier confinement, les musiciens, les orchestres improvisaient des performances en ligne. Cette fois-ci, on passe à une étape bien plus professionnelle. On peut comprendre la démarche des structures culturelles qui préfèrent employer ainsi leur artistes plutôt que les mettre en activité partielle.

Un répertoire privilégié ?

Certaines formes risquent d’être privilégiées, les opéras et les concerts symphoniques plutôt que des répertoires plus alternatifs ou des créations. Se pose ensuite la question du modèle économique de ces captations. Quelle rémunération en terme de droits pour les artistes ? Une fois de plus, les Gafam, ces géants du web comme Google ou Facebook, devraient être les grands profiteurs de la situation. Enfin, le risque si la crise dure est de modifier encore plus les habitudes de pratiques culturelles, déjà très marqué chez les plus jeunes dont la consommation culturelle se fait principalement en ligne. Ces captations sont en outre proposées en grande partie gratuitement, ce qui peut avoir pour impact de diminuer le consentement à payer pour la culture. Il faut donc que les acteurs culturels soient extrêmement vigilants. La période impose bien sûr de prendre des décisions dans l’urgence mais qui peuvent avoir des conséquences à long terme sur l’écosystème culturel.

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