Lundi 7 septembre 2020
2 min

La politique européenne de la culture

Antoine Pecqueur est à Bruxelles pour nous parler de la politique culturelle européenne. Des moyens supplémentaires ont-ils été mis en place suite à la crise sanitaire ?

La politique européenne de la culture
Mariya Gabriel, commissaire européenne en charge de la culture, de la recherche, de l'innovation et de l'éducation, © Maxppp / JULIEN WARNAND

Le budget culture de l’Europe a d’une certaine façon été victime du vaste plan de relance des 750 milliards d’euros.
On s’en souvient : en juillet, ce plan pour faire face à la crise économique liée au Covid a été arraché au forceps, avec une Europe du Nord très réfractaire à toute dépense supplémentaire. 

Il a donc fallu faire des compromis, notamment freiner les autres dépenses. Avant la crise sanitaire, le Parlement européen militait pour doubler le budget d’Europe Creative.
Europe Creative, c’est le bras armé de la politique culturelle de l’Union, qui ne représente que 0,15% du budget global de Bruxelles.
Finalement, le budget pour ce département sera pour la période 2021-2027. En effet à Bruxelles on fait toujours les budgets sur 7 ans. Il était d’1,46 milliard d’euros entre 2014 et 2020. Compte tenu de l’inflation, on ne peut même pas parler d’augmentation.

L’Europe a mis en place des dispositifs spécifiques

Les dispositifs ont été adaptés. Par exemple, Bruxelles a mis en place depuis 2016 un mécanisme de garantie d’emprunt qui permet d’aider les PME du secteur culturel à obtenir des prêts bancaires. On sait combien cela peut être difficile.
251 millions d’euros sont fléchés dans ce cadre pour aider les structures touchées par la crise du Covid.
Autre exemple : les capitales européennes de la culture. Pour les villes qui étaient capitales en 2020, la Commission a proposé qu’elles gardent ce titre jusqu’en 2021. Une prolongation qui concerne Rijeka en Croatie et Galway en Irlande, et qui a pour effet collatéral évidemment de retarder les suivantes.

Antoine Pecqueur ne pense pas que l’aide de l’Europe pour la culture soit anecdotique car elle comprend aussi une part importante des fonds structurels. Ces fonds aident à financer un grand nombre d’équipements culturels dans les pays qui ont le plus de difficultés économiques, en particulier en Europe de l’Est.
Face à la crise sanitaire, et aux difficultés de déplacements, il y a aujourd’hui un immense risque pour la culture : que les pays s’isolent encore plus et développent une vision nationaliste des arts. On l’a encore vu il y a quelques jours au Festival d’Utrecht, dont le directeur se félicite de ne programmer que des artistes hollandais.
Avec une politique culturelle forte, une vraie vision, l’Europe pourrait être un rempart face à ces possibles dérives et ne pas se limiter à un simple guichet de subventions. Il faut aussi pour cela une commissaire forte en charge de ce secteur. L’actuelle titulaire, Mariya Gabriel, qui doit également couvrir dans son portefeuille l’éducation et la recherche, reste bien silencieuse.

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