Lundi 7 décembre 2020
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La politique culturelle de Valéry Giscard d'Estaing

Alors que samedi dernier se sont déroulés les obsèques de Valery Giscard d’Estaing, revenons sur son héritage en matière de politique culturelle.

La politique culturelle de Valéry Giscard d'Estaing
Valéry Giscard d'Estaing au Musée d'Orsay en 2004, © Maxppp / Gilles BASSIGNAC

Le bilan de sa politique culturelle est bien maigre. Regardons les chiffres : quand Valéry Giscard d’Estaing arrive au pouvoir en 1974, la culture représente 0,64% du budget de l’Etat. A la fin de son septennat en 1981, la part n’est plus que de 0,47%. Il s'agit donc d'une diminution nette des moyens alloués à la Culture.
Sans compter une mesure des plus symboliques : Valery Giscard d’Estaing a choisi de reléguer le ministère des affaires culturelles à un simple secrétariat d’Etat. Alors, très clairement, entre d’un côté Georges Pompidou, passionné par les arts, et de l’autre François Mitterrand qui doublera le budget de la culture des son arrivée au pouvoir, Valery Giscard d’Estaing représente pour ce secteur une parenthèse peu excitante.

Défendait-il des domaines particuliers dans la culture ?

Il s’inscrivait en fait parfaitement dans l’ADN de la droite classique, c’est-à-dire la défense du patrimoine plus que de la création. C’est pendant son septennat qu’a par exemple ouvert le Musée d’Orsay, consacré à l’impressionnisme. Il va aussi mettre en place un dispositif pour aider le Château de Versailles, les musées de Fontainebleau ou encore celui de Compiègne. Des chartes culturelles seront en outre lancées, anticipant les futurs pactes avec les collectivités. Le principe est que l’Etat investit si les villes et les régions le font aussi. Mais globalement, sa politique culturelle reflète surtout ses convictions libérales, c’est-à-dire limiter au maximum l’intervention de l’Etat.

Et quid de la musique ?

Notons que l'Ensemble intercontemporain a vu le jour en 1976 sous Giscard d’Estaing. Mais cela tenait surtout au lien entre le secrétaire d’état de l’époque, Michel Guy et Pierre Boulez. En matière musicale, l’ancien président préférait l’accordéon et des musiques plus populaires ou du moins plus classiques. Enfin, il faudra rappeler que celui qui permit l’achèvement du Centre Pompidou au début du septennat de Giscard d’Estaing ne fut autre que son premier ministre, Jacques Chirac. Les deux vieux ennemis s’opposaient aussi en matière culturelle.

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