Lundi 14 décembre 2020
2 min

La fermeture des lieux culturels : quels impacts économiques ?

Antoine Pecqueur revient ce matin sur la prolongation de la fermeture des lieux culturels jusqu'au 7 janvier, annoncé jeudi dernier par Jean Castex. Une décision qui a un lourd impact économique...

La fermeture des lieux culturels : quels impacts économiques ?
Jean Castex a annoncé jeudi 10 décembre que les salles de spectacles, musées et cinémas ne pourront pas rouvrir, avant le 7 janvier prochain au minimum. , © Maxppp / Philippe Renault / PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Premièrement, voyons déjà à court terme. Les lieux culturels s’étaient préparés à rouvrir, relançant leurs billetteries, les répétitions avaient en effet déjà commencées. La machine s’est donc arrêtée net, en dernière minute. Les salles doivent maintenant rembourser les spectateurs et les compagnies mettent leurs artistes au chômage partiel.
Il y a des dispositifs de soutien bien sûr, et Roselyne Bachelot a indiqué qu’elle demanderait 35 millions d’euros supplémentaires pour cette fin d’année. Mais pas sûr que cela éteigne la grogne du secteur, qui se préparait à mettre en place un protocole sanitaire strict. D’ailleurs rappelons-le, aucun cluster n’avait été constaté dans les lieux de culture entre les deux confinements.

Quid de la réouverture ?

Jean Castex a parlé jeudi dernier de la date du 7 janvier, mais dès le lendemain, Roselyne Bachelot précisait que cette date serait celle où le gouvernement annoncerait la suite des mesures et donc pas celle de la réouverture des salles. Une nuance de taille… Donc rien n’indique que la relance aura bien lieu la semaine du 7 janvier.  La date du 20 janvier, date de réouverture des restaurants, semble bien plus réaliste.
Mais surtout, après cette douche froide, comment les structures culturelles vont désormais envisager cette encore hypothétique reprise ? Les spectateurs prendront-ils des billets ? Les seuls qui vont encore profiter de cette période, ce sont les géants du web sur lesquels toutes les structures culturelles mettent leurs vidéos et qui ne paient pas de droit aux artistes, ne financent pas les captations. La taxation des Gafam est un enjeu plus que jamais prioritaire, rappelons-le, martelons-le encore s’il le faut.

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Comment analyser cette décision de non réouverture des salles d’un point de vue politique ?

La culture a fait les frais de deux choses : d’un côté la réouverture des commerces fin novembre, qui aura sans doute contribué à la reprise de l’épidémie, et de l’autre les fêtes de Noël maintenu par le gouvernement pour éviter encore plus de crispations au sein de la population.
Toutefois le signal envoyé au monde culturel est désastreux. L’absence de Roselyne Bachelot à la conférence de presse du 10 décembre était une grave erreur politique.
Au moment où la loi sécurité globale s’attaque à la liberté d’expression, la culture aurait du être entendu. Le gouvernement aurait pu jouer la carte de l’exception culturelle. Il ne l’a pas fait et va devoir affronter la mobilisation des acteurs du secteur. Ainsi une manifestation est prévue ce mardi 15 décembre et un recours en référé doit être fait devant le Conseil d’état dès que le décret sera publié. Le bras de fer est aussi engagé avec les collectivités, principaux financeurs de la culture : la maire écologiste de Lyon, Gregory Doucet, a ainsi demandé au premier ministre la réouverture des lieux culturels.

L'équipe de l'émission :