Lundi 2 mars 2020
2 min

La culture dans les élections municipales

Ce matin, Antoine Pecqueur nous parle des élections municipales, et plus particulièrement de l'impact et l'enjeu que peuvent avoir la culture et la musique.

La culture dans les élections municipales
L'Opéra Garnier à Paris : Symbole fort de la culture en France - Le billet éco d'Antoine Pecqueur , © Alexander Spatari

Commençons par rappeler une donnée essentielle, les villes sont les premiers financeurs de la culture en France, bien loin devant l’Etat.
Nous avons parfois tendance à l’oublier mais les orchestres, les opéras et les conservatoires sont pris en charge en grande partie par le budget des villes, même si l'on voit tout de même certains équipements transférés de plus en plus vers les métropoles.
Ce qui est sûr, c’est que le choix d’un maire est déterminant pour la vitalité culturelle, ou pas, de la commune. 

La culture dans les campagnes

Ces élections ont été éclipsées ces dernières semaines par la mobilisation contre la réforme des retraites. Elles arrivent très tardivement sur le devant de la scène. Dans cette campagne resserrée, les enjeux se limitent donc à ce que les candidats estiment être les priorités : la sécurité, la circulation et la propreté, quitte à faire d’ailleurs entre eux les mêmes propositions. 

Il y a néanmoins des villes où la culture est un ADN fort, qui concentre l’attention des électeurs : notamment Lille, Nantes et Strasbourg. Dans ces villes, la question est de gérer une offre culturelle déjà considérable, comment la développer, comment l’ouvrir vers des cultures parfois plus alternatives ? Ce sont des sujets cruciaux.
Dans d’autres cas, comme à Bordeaux, la situation d’un établissement, en l’occurrence l’Opéra, se retrouve au cœur des débats. Enfin, la culture est aussi un facteur de rivalités entre villes. Metz-Nancy, Caen-Rouen, Tours-Orléans, autant de matchs, qui sont aussi artistiques. Faut-il se réjouir de cette émulation ou au contraire regretter des mutualisations qui pourraient être pertinentes ? 

Et quand est-il de la situation à Paris ?

Il y a beaucoup de questions qui se posent spécifiquement au sujet de la culture dans la capitale. Commençons par les conservatoires : il y a chaque année 9000 demandes d’inscription pour 3000 places. Comment accepter que ces établissements, qui sont financés par les impôts des citoyens, pratiquent le tirage au sort et soient donc sélectifs ? 

Autre sujet de crispation : le foncier.  Il devient de plus en plus difficile pour les artistes et même pour les salles de pouvoir faire face au coût des loyers à Paris. D’où l’exil de nombreux musiciens, notamment à l’étranger, de Bruxelles à Berlin.
Quant aux salles de spectacle, notamment pour les musiques actuelles, elles sont confrontées à la question des nuisances sonores. C’est là toute la gageure : comment faire de Paris, connu pour sa densité démographique, une ville respectueuse de la tranquillité des riverains et en même temps dynamique artistiquement. Aux candidats d’apporter maintenant des réponses.

L'équipe de l'émission :