Lundi 15 février 2021
2 min

La culture bat son plein en Bulgarie

Antoine Pecqueur est en direct de Sofia, où la Bulgarie est l'un des rares pays en Europe à poursuivre son activité culturelle, avec un protocole sanitaire strict. Le secteur culturel a pu faire un constat : c'est un nouveau public, plus jeune, que l'on retrouve dans les salles de spectacles.

La culture bat son plein en Bulgarie
Le Théâtre National Ivan Vazava à Sofia en Bulgarie ouvre actuellement ses portes au public, avec une jauge réduite et un protocole strict, © AFP / Artur Widak / NurPhoto / NurPhoto

Antoine Pecqueur a eu la chance d'assister à un concert du violoniste Maxim Vengerov avec l’Orchestre philharmonique de Sofia. Le protocole sanitaire est toutefois très strict : les salles ne sont remplies qu’à 30% de leurs jauges, la température du public est contrôlée et deux sièges vides séparent chaque spectateur. Mais avec ces conditions, les principales institutions du pays arrivent à maintenir l’activité.
Selon le directeur du Théâtre satirique de Sofia, il n’a fermé son théâtre que deux semaines depuis le début de la pandémie. Et ce qui est intéressant, c’est que le Covid amène un nouveau public dans les salles. Si les spectateurs âgés préfèrent rester chez eux, les jeunes vont par contre, certains pour la première fois, au concert classique. Car comme les cafés et les restaurants sont fermés, la culture est la seule distraction possible.

Par contre, tous les acteurs culturels ne sont pas égaux dans la situation actuelle

Les indépendants sont clairement délaissés. Prenez le cas des jazzmen. Les clubs, qui n’ont qu’une centaine de places, ne peuvent ouvrir avec une jauge de 30%, c’est impossible économiquement. Quant aux concerts debout de musique actuelle, ils ne sont pas autorisés. Ce qui donne l’impression d’un monde culturel à deux vitesses : celui des grandes institutions, aidé et en activité, et celui plus alternatif, qui bénéficie de très peu de soutien.

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Le tout dans un climat politique plutôt tendu

On est à deux mois des élections. Chaque jour, il y a devant le parlement des rassemblements pour dénoncer la politique du gouvernement, et tout particulièrement la corruption ; à juste titre puisque la Bulgarie est le pays le plus corrompu de l’Union européenne, il est aussi le plus pauvre. Une corruption qui touche même le secteur culturel, notamment dans les aides distribuées, par exemple au monde du cinéma. Si quelques uns en profitent, l’immense majorité des artistes est par contre dans une situation économique dramatique.
Concluons avec un chiffre : 3 euros c’est ce que gagne par heure un professeur du Conservatoire de Sofia. Le maintien salutaire ici de l’activité culturelle dans la crise ne doit donc pas masquer ces réalités, qui nous montrent que la Bulgarie est encore bien loin des standards européens.

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