Lundi 8 février 2021
2 min

L'intermittence du spectacle, quel avenir ?

La crise sanitaire persiste. De nombreux artistes intermittents sont dans l'attente quant aux futures mesures du régime d'intermittence prises par le gouvernement. Comment va se prolonger cette "année blanche" ?

L'intermittence du spectacle, quel avenir ?
L'intermittence du spectacle, quel avenir ?, © Getty / Krissana Porto / EyeEm

En mai dernier, Emmanuel Macron avait annoncé une année blanche pour les intermittents, c’est-à-dire la prolongation des droits aux allocations chômage jusqu’au 31 août 2021. L’intermittence permet à un salarié du monde du spectacle, avec des employeurs multiples, de bénéficier de l’allocation chômage pendant ses périodes d’inactivité. Hélàs, la crise sanitaire se poursuit et la reprise du secteur culturel n’est pas pour demain. Ce qui explique que le gouvernement réfléchisse à une éventuelle prolongation, mais qui pourrait être différente selon les secteurs. Car si le spectacle vivant est à l’arrêt, l’audiovisuel lui a par exemple bien repris. Il y a de grandes disparités d’activité, également entre artistes et techniciens. La CGT de son côté appelle à prolonger l’année blanche jusqu’à un an après la réouverture des lieux culturels.

Les intermittents peuvent-ils bénéficier de l’activité partielle ?

Les chiffres de l’Unedic montrent que 12% des salariés de ce secteur ont profité de l’activité partielle entre mars et août dernier. C’est très peu, alors même qu’ils devraient pouvoir en bénéficier. Beaucoup d’employeurs préfèrent l’éviter pour ne pas avoir à payer le reste à charge, et se disent que l’année blanche suffit. Or l’année blanche ne concerne que l’allocation et ne remplace pas les cachets. Au final, on estime que les revenus des intermittents sont actuellement divisés par deux. Sans compter qu’ils ont de graves difficultés pour accéder à leurs droits sociaux, qui sont normalement basés sur l’activité, comme par exemple la médecine du travail.

Un avenir inquiétant pour les nouveaux entrants

C’est un enjeu crucial. Comment vont faire les jeunes artistes pour accéder au régime, faire les fameuses 507 heures sur douze mois ? Faudra-t-il assouplir ces conditions d’accès ? D’autant qu’il risque d’y avoir un effet de goulot d’étranglement avec les cohortes d’artistes des différentes années. La prochaine renégociation des annexes 8 et 10, celles de l’intermittence, est prévue pour 2022. Les Ministère de la culture et du Travail vont devoir d’ici là trouver un terrain d’entente.

En partenariat avec La Lettre du Musicien.

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