Lundi 9 mars 2020
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L'impact du coronavirus sur la culture

Hier, à la sortie du conseil de défense, le ministre de la santé Olivier Véran a annoncé que les rassemblements de plus de 1000 personnes étaient désormais interdits en France. La musique classique est donc directement concernée.

L'impact du coronavirus sur la culture
L'impact du coronavirus sur les salles de spectacle suite à l'interdiction des rassemblements de plus de 1000 personnes, © Maxppp / Sandro Di Carlo Darsa

L’impact du coronavirus s’annonce particulièrement sévère. 

Dans un premier temps, il y avait eu l’interdiction des rassemblements de plus de 5000 personnes en milieux confinés, qui avait surtout touché les salles dédiées aux musiques actuelles. Désormais, avec cette annonce, la musique classique est en effet directement concernée.
Regardez les jauges des salles : la Philharmonie de Paris compte 2400 places, l’Auditorium de Lyon 2100 places, l’Opéra de Marseille 1800 places. Et ainsi de suite…

D’autant que le nombre de 1000 personnes comprend non seulement le public mais aussi les artistes, les techniciens, les ouvreurs, bref tout le monde présent dans la salle… Un seuil donc très vite atteint.
Un grand nombre de structures culturelles étaient déjà en grande partie à l’arrêt dans les départements considérés à risque comme l’Oise ou le Haut-Rhin. Mais maintenant, c’est tout le territoire qui est impacté, "à l’exception de certains événements utiles à la nation", ce sont les mots du ministre Olivier Véran, mais qui risque peu de concerner la musique classique.

Comment cela va-t-il impacter l’économie du secteur ?

Il y a un risque d’effet en cascade. L’annulation des concerts peut éventuellement, au mieux, entraîner des reports, par exemple à la saison prochaine, mais dans bien des cas, il y aura tout simplement des suppressions pures et simples de concerts.
Un manque à gagner colossal pour les structures musicales, qui sont bien souvent dans des économies déjà fragiles.
D’autant que ce cas de force majeure ne permet pas de dédommagement, ce qui entraîne aussi une diminution des revenues des artistes… Bref, toute la chaîne est impactée.
Le secteur en appelle donc à l’Etat pour assurer un soutien économique et financier, avec la mise en place d’un fonds d’urgence, comme ce fut le cas après l’attentat du Bataclan.

Comment font les structures musicales à l’étranger ?

En Italie, le décret du chef du gouvernement Giuseppe Conte est encore plus drastique : les opéras, mais aussi les cinémas ou les musées sont fermés jusqu’au 3 avril.

La Suisse a elle mise en place depuis fin février la règle qui vient d’être adopté en France, c’est-à-dire l’interdiction des spectacles réunissant plus de 1000 personnes. Les structures ont depuis cherché des solutions alternatives.
Le Grand Théâtre de Genève a décidé de réduire sa jauge, l’Orchestre de chambre de Lausanne se contente de retransmissions télévisées sans spectateurs.
Des plans B pour éviter au maximum l’annulation pure et simple. En France, la différence notable c’est que les tailles des salles sont souvent bien plus grandes. Hier soir, Thibault de Camas, le directeur général adjoint de la Philharmonie de Paris, indiquait ainsi que tous les concerts dans la grande salle étaient annulés. Purement et simplement.

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