Lundi 30 novembre 2020
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L’essor numérique de la culture pendant la crise sanitaire

Les salles de spectacle devraient donc rouvrir le 15 décembre. Mais en attendant, une large offre culturelle est toujours en ligne. Les acteurs du secteur ont profité du deuxième confinement pour mettre leurs contenus sur les différentes plateformes.

L’essor numérique de la culture pendant la crise sanitaire
La mutation vers le numérique du monde culturel est en marche, © Getty / Guido Mieth

La crise sanitaire aura accéléré encore plus la mutation numérique du monde culturel. Avec une différence très importante entre le premier confinement et ce reconfinement : il est désormais possible pour les structures de poursuivre leur activité, sans public mais en ligne.  Tous les orchestres s’y sont mis : le Capitole de Toulouse fait ses concerts en Facebook live ou encore l’Orchestre de Lille sur sa chaîne Youtube. L’Etat accompagne et encourage cet essor : le Centre national de la Musique vient de mettre en place une enveloppe de 5 millions d’euros pour l’aide à ces captations sans public.

La grande majorité est en accès libre, ce qui pose le problème du consentement à payer pour la culture. Mais certaines institutions, les plus prestigieuses, ont fait le choix du payant, comme l’Opéra de Paris pour certains de ses spectacles chorégraphiques, et qui va même lancer une nouvelle plateforme en décembre, ou encore l’Opéra d’Athènes en Grèce qui propose un ticket d’entrée en ligne à 10 euros.
Bien sûr, les audiences peuvent être parfois moins importantes que celles des captations gratuites mais bien plus vertueuses car elles monétisent les contenus.

Le modèle économique de ces retransmissions

En fait, il n’y en a pas aujourd’hui, et c’est là où c’est dangereux. La plupart des acteurs culturels mettent leur contenu sur les plateformes type Facebook ou Youtube, les Gafam donc. Contrairement à une chaîne de télévision, ces géants du web ne financent pas les captations et ne reversent pas de droit aux artistes, sauf à quelques artistes-producteurs stars aux millions de vues, donc pas dans la musique classique. Donc ce sont bien ces tuyaux qui profitent du contexte actuel d’un point de vue économique bien plus que les artistes. Le contexte est à l’urgence, on peut le comprendre, mais le monde culturel doit être vigilant face à cet essor des plateformes. Au risque sinon comme on peut déjà le voir dans le monde du cinéma de freiner le retour des spectateurs en salle.

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