Lundi 15 mars 2021
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Démission de Joëlle Kerivin, directrice de La Folle Journée suite à des mouvements irréguliers sur les comptes

La ville de Nantes porte plainte contre la directrice de La Folle Journée, Joëlle Kerivin, après un audit réclamé par la mairie montrant certaines "irrégularités comptables". Antoine Pecqueur revient sur cette affaire.

Démission de Joëlle Kerivin, directrice de La Folle Journée suite à des mouvements irréguliers sur les comptes
La Folle Journée à la Cité des congrès de Nantes : la directrice du festival, Joëlle Kerivin, contrainte de démissionner, © Maxppp / Franck Dubray

Antoine Pecqueur a pu s'entretenir hier au téléphone avec Aymeric Seassau, l’adjoint à la culture de la ville de Nantes et qui est aussi à ce titre président du conseil d’administration de La Folle journée. Il a pu nous apporter certains éclairages.
Déjà, rappelons-le, La Folle Journée est une société d’économie mixte, dirigée depuis 2015 par Joëlle Kerivin. La même Joëlle Kérivin occupe une autre fonction: elle est présidente de l’Espace Simone de Beauvoir, également à Nantes, une association dédiée au féminisme.
Et si on vous parle de cette autre structure, c’est parce que c’est par ce biais que tout s’est déclenché. A la fin du mois de janvier, il y a eu une non certification des comptes de l’Espace Simone de Beauvoir. C’est extrêmement rare qu’un expert comptable ne certifie pas. La ville a donc décidé de commander un audit à un cabinet indépendant KPMG sur les deux structures dirigées donc par la même personne: à savoir l’Espace Simone de Beauvoir et La Folle Journée. L’audit est rendu un mois plus tard, début mars.

Que dit précisément cet audit ? 

L’audit fait état de mouvements irréguliers sur les comptes, de sommes anormales: des avances sur salaires, sur frais de représentation. Ces mouvements troubles convergent vers une seule et même personne : Joëlle Kerivin. « Aucune autre personne n’est impliquée », a précisé l’adjoint à la culture, rappelant que seule Joelle Kerivin disposait des moyens de paiement. Des lors, la ville a saisi le procureur le 1er mars, ce qui vaut un dépôt de plainte. A la ville, les documents étaient prêts pour une procédure de révocation mais Joëlle Kerivin l’a visiblement anticipée, en remettant mercredi dernier sa démission. L’urgence était bien sûr de récupérer ses moyens de paiement. L’enquête doit maintenant se poursuivre, pour expliquer ce qui semble s’apparenter à un dispositif triangulaire entre La Folle Journée, l’Espace Simone de Beauvoir et le compte personnel de Joëlle Kerivin. Cette dernière n’a pas répondu ce week-end à nos demandes d’entretien.

Que va-t-il se passer pour La Folle Journée, notamment d’un point de vue artistique ?

La Folle journée délègue la partie artistique à une autre structure, le CREA, dirigé par René Martin, fondateur de l’événement. « René Martin a toute notre confiance », c’est ce que a encore redit Aymeric Seassau à Antoine Pecqueur. La ville souhaite maintenant tourner au plus vite cette page, pour éviter bien sûr que cette affaire ne dégrade trop l’image de la manifestation.
Un conseil d’administration doit se tenir cette semaine pour nommer une nouvelle personne à la direction générale de La Folle Journée. Le Conseil d’administration devra aussi se prononcer sur un éventuel report de la manifestation. A l’origine, elle devait se tenir début février mais avait été décalée du 9 au 11 avril. Or il apparaît que ce calendrier ne semble plus guère tenable aujourd’hui.
Vous l’aurez compris: les défis ne vont pas manquer pour le futur directeur de La Folle Journée.

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