Lundi 19 octobre 2020
2 min

Couvre-feu : tensions entre Castex et Bachelot

Antoine Pecqueur s'intéresse ce matin à l’impact du couvre-feu sur le secteur culturel et sa gestion par l’exécutif. Face à Jean Castex, Roselyne Bachelot n'a pas réussi à épargner les salles et cinémas du couvre-feu, démontrant ainsi que le ministère de la culture n'est pas un ministère régalien.

Couvre-feu : tensions entre Castex et Bachelot
Jean Castex n'a pas donné raison à Roselyne Bachelot face au couvre-feu, © Maxppp / IP3 Press

L’adage dit que gouverner, c’est prévoir. Ces derniers jours, on a plutôt eu la démonstration inverse.
Tout commence mercredi dernier quand Emmanuel Macron annonce le couvre-feu à partir de 21h à Paris et dans huit métropoles.
Le président se veut concret et explique que pour une personne qui a besoin de 30 minutes de transport, il devra partir à 20h30 pour rentrer chez lui. C’est le branle-bas de combat immédiat chez tous les directeurs de structures culturelles qui se lancent dans les reprogrammations, en avançant l’heure des spectacles, ou bien en changeant les programmes pour privilégier des formes plus courtes.
Les syndicats professionnels montent au créneau, dénonçant une mesure qui va encore plus freiner le déjà timide début de relance du secteur.
Surprise, des le lendemain, la ministre de la Culture s’exprime pour dire qu’elle va demander des adaptations pour les salles et les cinémas. L’idée est que 21h puisse être l’heure de départ de la salle et non pas l’arrivée chez soi.
Sauf que vendredi, Roselyne Bachelot a été remise à sa place par Jean Castex. En déplacement à Lille, le premier ministre a déclaré : "Les règles doivent être les mêmes pour tous. Il n’y a donc pas d’exception pour la culture, au risque sinon d’ouvrir une brèche pour d’autres secteurs".

Comment analysez ces dissensions ?

Ces dissensions sont d’autant plus cinglantes qu’elles arrivent un mois après l’annonce du volet culturel du plan de relance, une annonce qui avait été faite conjointement par Jean Castex et Roselyne Bachelot.
Le premier ministre avait alors même fait le déplacement Rue de Valois, tout un symbole martelé dans les éléments de langage du gouvernement. On avait l’impression d’une lune de miel entre Castex et Bachelot, qui sont de la même génération, les deux mélomanes et surtout de la même famille politique.
Un ancrage à droite qui aurait donc pu profiter à la culture, c’est ce que voulaient croire en tout cas nombre de professionnels.
Cependant la crise de ces derniers jours est venue rappeler que le Ministère de la Culture n’est pas un ministère régalien, il n’a pas le même poids.
Un exemple encore jeudi dernier, la conférence de presse détaillant les mesures du couvre-feu réunissait les ministres de la santé, de l’économie, de l’intérieur, du travail, mais pas de la culture.
Comment celle-ci peut-elle se faire davantage entendre ? Faut-il comme cela avait été un peu tenté dans le passé davantage la lier au Ministère de l’Education ? 

Ces annonces contradictoires des derniers jours auront en tout cas montré que si l’improvisation est une grande qualité en musique, elle ne l’est pas forcément en politique.

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