Dimanche 14 février 2021
1h 58mn

Turangalîla-Symphonie de Messiaen

Sophie Bourdais, Emmanuelle Giuliani et Jean-Charles Hoffelé élisent la version de référence de la Turangalîla-Symphonie d’Olivier Messiaen.

Turangalîla-Symphonie de Messiaen
Olivier Messiaen joue de l'orgue en l'église de la Trinité le 13 mars 1983 à Paris, France. , © Getty / Francois LOCHON/Gamma-Rapho via Getty Images

Emission enregistrée jeudi 11 février 2021 au Théâtre de l' Alliance française à Paris.

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Trio Messiaen et Raphaël Sévère
Trio Messiaen et Raphaël Sévère, © Mirare

compte-rendu:

Sec et prosaïque, lourd et massif : André Previn déçoit dans sa Turangalîla, avec un piano qui semble jouer un concerto de Liszt. 

Voici un Messiaen factuel, fait de blocs composites mal soudés. Le flot musical ordonné par Esa-Pekka Salonen ne prend pas, le chef pèche par sophistication. 

La Philharmonie de Berlin peut s’enorgueillir de pupitres flamboyants, basses sépulcrales, cuivres qui rugissent. Mais Kent Nagano ne raconte pas grand-chose, métrique et métronomique. Où sont la montée en puissance, l’exultation, l’amour cosmique ? 

Le piano debussyste de Jean-Yves Thibaudet se fond avec peine dans la vision séquencée de Riccardo Chailly, en quête d’éclat, de perfection, de démonstration, avec un Joie du sang des étoiles plus diabolique qu’orgiaque. Si le Concertgebouw reste somptueux, la cathédrale de couleurs de Messiaen fait du sur place. Mystère y es-tu ? 

Quel dommage que la prise de son compacte et lointaine nous prive du foisonnement de la palette orchestrale. Car la direction évidente de naturelle de Myung Whun Chung trouve le sens organique de la musique, portée par le piano volubile d’Yvonne Loriod. Le scherzo regorge de malice et de joie simple, mais tant de détails se perdent hélas… 

La poigne de Marek Janowski stupéfie. Du magma de timbres, qu’il clarifie pour en traduire la suractivité et les métamorphoses constantes, il tire l’élan vital et les mystères de la Turangalîla. Le Philharmonique de Radio France traduit la transe de Joie du sang des étoiles, avivée par le piano incandescent de Roger Muraro. Les longues tenues extatiques du final complètent le tableau.

palmarès:

N°1
Version B
Roger Muraro, Valérie Hartmann-Claverie, Orchestre philharmonique de Radio France, dir. Marek Janowski (RCA, 1992) 

Turangalîla-Symphonie d'Olvier Messiaen dirigée par Marek Janowski
Turangalîla-Symphonie d'Olvier Messiaen dirigée par Marek Janowski, © RCA

N°2
Version F
Yvonne Loriod, Jeanne Loriod, Orchestre de l’Opéra de Paris, dir. Myung-Whun Chung (DG, 1990) 

Turangalîla-Symphonie d'Olvier Messiaen dirigée par Myung-Whun Chung
Turangalîla-Symphonie d'Olvier Messiaen dirigée par Myung-Whun Chung, © DG

N°3
Version C
Jean-Yves Thibaudet, Takashi Harada, Concertgebouw d’Amsterdam, dir. Riccardo Chailly (Decca, 1992) 

Turangalîla-Symphonie d'Olvier Messiaen dirigée par Riccardo Chailly
Turangalîla-Symphonie d'Olvier Messiaen dirigée par Riccardo Chailly, © Decca

N°4
Version A
Pierre-Laurent Aimard, Dominique Kim, Orchestre philharmonique de Berlin, dir. Kent Nagano (Teldec, 2000) 

Turangalîla-Symphonie d'Olvier Messiaen dirigée par Kent Nagano
Turangalîla-Symphonie d'Olvier Messiaen dirigée par Kent Nagano, © Teldec

N°5
Version E
Paul Crossley, Tristan Murail, Philharmonia Orchestra, dir. Esa-Pekka Salonen (Sony, 1985) 

Turangalîla-Symphonie d'Olvier Messiaen dirigée par Esa-Pekka Salonen
Turangalîla-Symphonie d'Olvier Messiaen dirigée par Esa-Pekka Salonen, © Sony

N°6
Version D
Michel Béroff, Jeanne Loriod, London Symphony Orchestra, dir. André Previn (Warner, 1977)

Turangalîla-Symphonie d'Olvier Messiaen dirigée par André Prévin
Turangalîla-Symphonie d'Olvier Messiaen dirigée par André Prévin, © Warner
L'équipe de l'émission :