Dimanche 20 septembre 2020
1h 58mn

Symphonie n°4 « Italienne » de Mendelssohn

Yannick Millon , Emmanuelle Giuliani et Jérôme Bastiannelli élisent leur version de référence de la Symphonie n°4 « Italienne » de Mendelssohn

Symphonie n°4 « Italienne » de Mendelssohn
Portrait du compositeur Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809 - 1847), © Getty / Peinture d'Eduard Magnus

Votez pour votre version préférée

Compte-rendu

Beaucoup de raison, peu d’émotion, voire un brin de coquetterie, et un ton tout du long monocorde. John Eliot Gardiner a-t-il quelque chose à dire de l’Italienne 

Passionné à souhait, l’Allegro initial déborde d’enthousiasme et galope sur un mode très
volontariste. Mais le mouvement lent trouve Litton et le Philharmonique de Bergen à court d’idées : c’est un Mendelsssohn décoratif. 

Voici une Italienne immédiatement tendue, nerveuse, inquiète. Dompteur d’orchestre (ici Cleveland), George Szell forge une pièce taillée dans le cristal. Dommage que le second mouvement, indifférent dans son ton sautillant, ne soit hors sujet.

Yannick Nézet-Séguin et le Chamber Orchestra of Europe célèbrent un Mendelssohn solaire, qui évitera néanmoins tout débordement. On goûte le raffinement des cordes, les bois irisés, des dialogues vifs, souriants, bref un esprit, une jovialité, une pudeur aussi, qui vaudra un mouvement lent entre ciel et terre. De l’énergie à nouveau dans le Saltarello final, sans la folie et la transe que d’autres y mettent.

Christoph von Dohnányi et les Viennois signent une Italienne qui ne ressemble à aucune autre. Dans un halo un peu triste, comme lus dans le prisme du souvenir, les mouvements défilent avec émotion, dans un classicisme maitrisé. La mélancolie du II évoque un paradis perdu, et le finale s’écoule entre ombres lumière. 

Quelle folie ! Maazel et le Philharmonique de Berlin, bien que desservis par une prise de son de cathédrale, n’y vont pas par quatre chemins, explosifs dans le premier mouvement, qui ose un théâtre sursaturé, tandis que l’Andante, large et souple, s’épanche généreusement. Fantasque, le Finale sort surement du cadre, mais comme tout cela est grisant !

Palmarès

  1. Version C 
    Orchestre philharmonique de Berlin, dir. Lorin Maazel (DG, 1960) 
  2. Version F
    Orchestre philharmonique de Vienne, dir. Christoph von Dohnányi (Decca, 1978) 
  3. Version A
    Orchestre de chambre d’Europe, dir. Yannick Nézet-Séguin (DG, 2016) 
  4. Version D
    Orchestre de Cleveland, dir. George Szell (Sony, 1963) 
  5. Version B
    Orchestre philharmonique de Bergen, dir. Andrew Litton (Bis, 2007) 
  6. Version E
    Orchestre philharmonique de Vienne, dir. John Eliot Gardiner (DG, 1997) 
L'équipe de l'émission :