Dimanche 6 décembre 2020
1h 58mn

Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen 

Jérémie Cahen, Emmanuelle Giuliani et Christian Merlin élisent la version de référence de la Symphonie n°4 « L’Inextinguible » de Carl Nielsen.

Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen 
Le compositeur danois Carl Nielsen, © Getty / Ullstein bild

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compte-rendu:

Le mordant des premiers accords augure d’une montée en puissance prometteuse. Hélas il n’en sera rien, le Nielsen de Paavo Berglund vire au tout mou.  

Pas de conflits dans l’Inextinguible raisonnée d’Herbert Blomstedt : la tendance est plus au dessin des lignes qu’à l’architecture, quand la gestion des phases calmes vaut des langueurs hypnotiques. Mais le statisme guette, et en dépit d’une jubilation carnassière, l’énergie déployée retombe. 

Ole Schmidt empoigne l’Inextinguible avec une franchise et un goût pour l’épique. C’est en partie spectaculaire, mais surtout fidèle à l’esprit de Nielsen, mélange d’énergie et de sensualité torrentielle. En revanche l’archaïsme du second mouvement passe à la trappe, cultivant le son pour le son sans vraie poésie. 

Il y a de l’électricité dans l’air, et ça ne rigole pas : Jean Martinon et sa phalange de Chicago avancent en ordre de bataille, brossant un Nielsen ultra discipliné qui ne perd jamais de vue sa trajectoire. Cette lecture sans concession met en lumière la modernité de l’Inextinguible, avec une petite harmonie piquante et un duo final de timbales sortie d’une scène de guerre à la Chostakovitch. 

Du grand et du beau son. Le Nielsen de John Storgårds lorgne chez Bruckner, avec cuivres en gloire et basses sépulcrales, animé d’une pulsation constante. Cette Inextinguible perd en expressivité ce qu’elle gagne en volupté et en legato, avec un second mouvement agreste, échappé de quelque fête galante, et un tableau final en technicolor : le spectacle est assuré. 

Tout au long des mouvements, le bras de Colin Davis à la tête du LSO s’impose. Canalisant l’énergie de la partition, le vieux maestro rend évidente cette coulée de musique qui ne ressemble à aucune autre, mosaïque d’épisodes qui s’imbriquent avec une logique organique – pastorale orageuse du II, finale cosmique au IV – dont on perçoit ici la vitalité, le souffle dramatique, l’exacerbation des contrastes, et la pointe d’angoisse qui prend à la gorge.

palmarès:

N°1
Version C
Orchestre symphonique de Londres, dir. Sir Colin Davis (LSO Live, 2009) 

Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen  dirigée par Sir Colin Davis
Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen  dirigée par Sir Colin Davis, © LSO Live

N°2
Version B
BBC Philharmonic, dir. John Storgårds (Chandos, 2014)   

Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen  dirigée par John Storgards
Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen  dirigée par John Storgards, © Chandos

N°3
Version E
Orchestre symphonique de Chicago, dir. Jean Martinon (RCA, 1966) 

Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen  dirigée par Jean Martinon
Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen  dirigée par Jean Martinon, © RCA

N°4
Version A
Orchestre symphonique de Londres, dir. Ole Schmidt (Alto, 1974) 

Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen  dirigée par Ole Schmidt
Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen  dirigée par Ole Schmidt, © Alto

N°5
Version D
Orchestre symphonique national du Danemark, dir. Herbert Blomstedt (EMI, 1974) 

Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen  dirigée par Herbert Blomstedt
Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen  dirigée par Herbert Blomstedt, © EMI

N°6
Version F
Orchestre royal du Danemark, dir. Paavo Berglund (RCA, 1988) 

Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen  dirigée par Paavo Berglund
Symphonie n°4 « Inextinguible » de Nielsen  dirigée par Paavo Berglund, © RCA
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