Dimanche 13 septembre 2020
1h 58mn

Suite pour orchestre n°3 de Jean-Sébastien Bach

Philippe Venturini, Emmanuelle Giuliani et Sophie Bourdais élisent leur version de référence de la Suite pour orchestre n°3 de Jean-Sébastien Bach.

Suite pour orchestre n°3 de Jean-Sébastien Bach
Portrait de Jean Sébastien Bach par le peintre Elias Gottlieb Haussmann in 1746, © Getty / Hulton Archive

Compte-rendu de l'émission

Seules ont été prises en compte les versions des 30 dernières années. 

Pâteux, lourds, caoutchouteux... stop ! Jordi Savall et le Concert des nations déroutent, détonnent, et sortent immédiatement. 

Bach, morne plaine. Jeanne Lamon et son Tafel Musik sont en panne de plaisir et de vertiges. Non que cette Suite soit désagréable en soi, mais leur désintérêt poli pour ce qu’ils jouent est terriblement contagieux. 

L’Ouverture vue par Trevor Pinnock divise d’abord : élégance et lisibilité ou essoufflement et acidité? Il faudra l’Air, énoncé avec des semelles de plomb par un violon sec et geignard, pour mettre chacun d’accord... et renoncer à l’aventure. 

Hors de question de faire comme tout le monde. Dans l’Air, les Barocchisti de Diego Fasolis avancent d’un pas si rapide qu’il tue dans l’œuf sa céleste beauté : hors sujet ! Le violon attire l’attention, acrobate chanteur, tout joyeux d’ornementer. Mais tout est un peu prévisible, et cette sérénité générale laisse de marbre, ce que confirme une Gigue trop mécanique. 

Ca commence mal, et ça ne finit pas si bien que ça pour le Freiburger Barockorchester : leur Bach semble bas de plafond, avec une Ouverture épaisse et sans souffle, comme éteinte par le meneur de jeu. Mais l’Aria, déliée, avenante, passe comme un rêve. Un résultat en demi-teinte donc. Qu’il est difficile de trouver sa version d’élection ! 

Ronds et mordants, les Zefiro d’Alfredo Bernardini prônent l’échange, le dialogue, la relance. On aime la pulsation qui donne l’énergie, les tempi toujours justes, les éclairs vif-argent, l’allant du clavecin, l’éloquence de la basse continue. Avec un lever de rideau pompeux à souhait, un Air aérien, une Gigue douce et dingue, on trouve là enfin le bonheur attendu. 

Palmarès 

  1. Version B 
    Ensemble Zefiro, dir. Alfredo Bernardini (Arcana, 2015) 
  2. Version D
    Freiburger Barockorchester (HM, 2011) 
  3. Version E
    I Barocchisti, dir. Diego Fasolis (Arts, 2001) 
  4. Version A
    The English Concert, dir. Trevor Pinnock (Archiv, 1993) 
  5. Version F
    Tafelmusik Baroque Orchestra, dir. Jeanne Lamon (Analekta, 2002) 
  6. Version C
    Le Concert des Nations, dir. Jordi Savall (Alia Vox, 1990) 

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