Dimanche 22 septembre 2019
1h 58mn

Sonate pour violon et piano de Brahms

Melissa Khong, Emmanuelle Giuliani et Bertrand Boissard élisent la version de référence de la Sonate pour violon et piano de Johannes Brahms.

Sonate pour violon et piano de Brahms
Johannes Brahms, © Getty / Leemage / Universal Images Group

Brahms sur instruments d’époque ? C’est possible. Alexander Melnikov joue un pianoforte qui ne manque pas de saveur, mais Isabelle Faust affiche une prudence et une retenue qu’on ne lui soupçonnait pas. Dommage.

Le piano assez banal de Philippe Bianconi rencontre avec difficulté le violon de Tedi Papavrami, un peu aigre par ailleurs dans l’aigu, en dépit d’un bel engagement et d’une atmosphère mélancolique et poétique.

Le tandem Lars Vogt / Christian Tetzlaff parie sur l’élégance et la retenue. Finesse, archet à fleur de peau, lumière très douce dans le premier mouvement. Mais c’est aussi un peu court de proposition, et dans l’Adagio, ce Brahms piétine et languit, faute d’un piano aux soubassements solides.

Le feu du live ! Itzhak Perlman et Daniel Barenboim livrent une Troisième Sonate d’une tenue impeccable, soignée, engagée, avec ce qu’il faut de fièvre. Mais sont-ils sur la même longueur d’ondes ? Le pianiste opte pour la pudeur et la discrétion, le violoniste déploie un jeu lumineux très extraverti. Finalement, on restera extérieur à cette proposition assez prévisible.

On est ébloui par la complicité entre Boris Belkin et Michel Dalberto, qui creusent leur Brahms, osent de merveilleux phrasés, s’affranchissent des barres de mesure tout en respectant scrupuleusement les indications. Ils dialoguent, s’amusent, se laissent emporter par la passion. Dalberto signale sa présence avec maestria, Boris Belkin offre un jeu très concentré. Légère déception toutefois dans le finale.

Voici la version coup de cœur, une vraie surprise ! Un Brahms idéal, comme en rêve. Richesse des timbres, expressivité des lignes, piano paysage plein d’autorité et de chaleur, archet en osmose, chantant à tue-tête, plein, vibrant et puissant, jusque dans la retenue. Viktoria Mullova et Piotr Anderszewski triomphent dans une Troisième Sonate libre et théâtrale, d’une beauté à couper le souffle. Bravo!

Palmarès

  1. Version E
    Viktoria Mullova, Piotr Anderszewski (Philips, 1995)
  2. Version D
    Boris Belkin, Michel Dalberto (Denon, 1994)
  3. Version C
    Itzhak Perlman, Daniel Barenboim (Sony, 1989)
  4. Version A
    Lars Vogt, Christian Tetzlaff (Ondine, 2015)
  5. Version F
    Tedi Papavrami, Philippe Bianconi (Aeon, 2007)
  6. Version B
    Isabelle Faust, Alexander Melnikov (HM, 2014)

Présentation vidéo

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