Dimanche 28 octobre 2018
1h 58mn

Romances sans paroles de Mendelssohn

Elsa Fottorino, Mélissa Khong et Alain Lompech élisent les versions de référence des Romances sans paroles de Félix Mendelssohn.

Romances sans paroles de Mendelssohn
Portrait du compositeur Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809 - 1847), © Getty / Peinture d'Eduard Magnus

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compte-rendu:

1) Opus 19 n°1

Des basses colorées, une main droite éloquente mais trop de joliesse : Howard Shelley ne laisse pas un souvenir inoubliable. Ania Dorfmann, elle, fait preuve d’une certaine humilité mais frôle bientôt l’académisme. On lui préfère les lenteurs mélancoliques de Walter Gieseking, qui délivre une berceuse sans paroles tout en introspection… et que détrône tout juste l’admirable Javier Perianes : un Mendelssohn simple et fluide, qui fait sourdre une pointe d’inquiétude de cette tendresse irrépressible.

N°1
Version D
Javier Perianes (HM, 2014)

Romances sans paroles op.19 n°1 de Mendelssohn interprétées par Javier Perianes
Romances sans paroles op.19 n°1 de Mendelssohn interprétées par Javier Perianes, © HM

N°2
Version B
Walter Gieseking (Warner, 1956)

Romances sans paroles op.19 n°1 de Mendelssohn interprétées par Walter Gieseking
Romances sans paroles op.19 n°1 de Mendelssohn interprétées par Walter Gieseking, © Warner

N°3
Version C
Ania Dorfmann (RCA, 1954)

Romances sans paroles op.19 n°1 de Mendelssohn interprétées par Ania Dorfmann
Romances sans paroles op.19 n°1 de Mendelssohn interprétées par Ania Dorfmann, © RCA

N°4
Version A
Howard Shelley (Hyperion, 2012)

Romances sans paroles op.19 n°1 de Mendelssohn interprétées par Howard Shelley
Romances sans paroles op.19 n°1 de Mendelssohn interprétées par Howard Shelley, © Hyperion

2) Op.67 n°4

Combien seront-ils à rater l’aérienne et véloce Fileuse ? Presque tous ! Dur, terrestre, Daniel Barenboim porte des godillots. D’un esprit enlevé et grisant, le Mendelssohn d’András Schiff s’emballe hélas et devient vite laborieux sur le plan digital. Si Walter Gieseking s’attarde dans une lecture austère, sur un tempo bien lent, Lívia Rév, elle, impressionne, davantage par la technique que par l’esprit : tout cela reste démonstratif. On apprécie l’ironie et le second degré sautillant de Rena Kyriakou, mais on succombe littéralement au tourbillon dans lequel nous jette Murray Perahia ; tout le caractère s’impose, brillant, insolent et fantastique à la fois. Un vrai feu follet !

N°1
Version F
Murray Perahia (Sony, 1997)

Romances sans paroles op.67 n°4 de Mendelssohn par Murray Perahia
Romances sans paroles op.67 n°4 de Mendelssohn par Murray Perahia, © Sony

N°2
Version E
Rena Kyriakou (Vox, 1961)

Romances sans paroles op.67 n°4 de Mendelssohn par Rena Kyriakou
Romances sans paroles op.67 n°4 de Mendelssohn par Rena Kyriakou, © Vox

N°3
Version D
Lívia Rév (Hyperion, 1986)

Romances sans paroles op.67 n°4 de Mendelssohn par Livia Rév
Romances sans paroles op.67 n°4 de Mendelssohn par Livia Rév, © Hyperion

N°4
Version C
Walter Gieseking (Warner, 1956)

Romances sans paroles op.67 n°4 de Mendelssohn par Walter Gieseking
Romances sans paroles op.67 n°4 de Mendelssohn par Walter Gieseking, © Warner

N°5
Version B
András Schiff (Decca, 1986)

Romances sans paroles op.67 n°4 de Mendelssohn par Andras Schiff
Romances sans paroles op.67 n°4 de Mendelssohn par Andras Schiff, © Decca

N°6
Version A
Daniel Barenboim (DG, 1973)

Romances sans paroles op.67 n°4 de Mendelssohn par Daniel Barenboim
Romances sans paroles op.67 n°4 de Mendelssohn par Daniel Barenboim, © DG

3) Op.67 n°2

Daniel Barenboïm, comme s’il déchiffrait la pièce, livre un jeu haché et emphatique : trop, c’est trop ! Eblouissant dans la Fileuse, Murray Perahia propose là une vision traditionnelle de Mendelssohn, un peu vive, un peu fébrile, sans la profondeur espérée. Dans une veine tout aussi virtuose, Bertrand Chamayou choisit de ne pas s’épancher dans une Romance tendue, nerveuse, qui brille plus qu’elle ne touche. Shani Diluka met mille intentions poétiques dans ces Illusions perdues, déployant un phrasé souple, colorant les lignes et y glissant ça et là des accents tragiques. 

Le chant, encore le chant, toujours le chant. Et la douceur aussi, et l’indicible mélancolie. Que de naturel dans le Mendelssohn de Philippe Cassard, d’un romantisme à fleur de peau ! Derrière cette romance si simple de mise, Javier Perianes déploie des abimes, des visions de désespoir : c’est un Mendelssohn grave et tragique… l’émotion à l’état brut.

N°1
Version B
Javier Perianes (HM, 2014)

Romances sans paroles op.67 n°2 de Mendelssohn par Javier Perianes
Romances sans paroles op.67 n°2 de Mendelssohn par Javier Perianes, © HM

N°2
Version D
Philippe Cassard (Sony, 2016)

Romances sans paroles op.67 n°2 de Mendelssohn par Philippe Cassard
Romances sans paroles op.67 n°2 de Mendelssohn par Philippe Cassard, © Sony

N°3
Version A
Shani Diluka (Mirare, 2008)

Romances sans paroles op.67 n°2 de Mendelssohn par Shani Diluka
Romances sans paroles op.67 n°2 de Mendelssohn par Shani Diluka, © Mirare

N°4
Version F
Bertrand Chamayou (Naïve, 2007)

Romances sans paroles op.67 n°2 de Mendelssohn par Bertrand Chamayou
Romances sans paroles op.67 n°2 de Mendelssohn par Bertrand Chamayou, © Naïve

N°5
Version C
Murray Perahia (Sony, 1997)

Romances sans paroles op.67 n°2 de Mendelssohn par Murray Perahia
Romances sans paroles op.67 n°2 de Mendelssohn par Murray Perahia, © Sony

N°6   Version E
Daniel Barenboim (DG, 1973)

Romances sans paroles op.67 n°2 de Mendelssohn par Daniel Barenboim
Romances sans paroles op.67 n°2 de Mendelssohn par Daniel Barenboim, © DG
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