Dimanche 31 octobre 2021
1h 58mn

"Orfeo ed Euridice" de Christoph Willibald Gluck

Chantal Cazaux, Piotr Kaminski et Pauline Sommelet élisent la version de référence de l'opéra "Orfeo ed Euridice" de Christoph Willibald Gluck.

"Orfeo ed Euridice" de Christoph Willibald Gluck
Christophe Willibald Gluck, © Getty / Grafissimo

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compte-rendu:

Sont comparés ici les enregistrements de la version originale italienne (1762). 

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Trois idées par mesure, des soufflets et des moulinets : qu’arrive-t-il à Diego Fasolis ? Sans parler de l’expression outrancière de Philippe Jarroussky, qui force le trait en Orfeo. 

John Eliot Gardiner et ses troupes s’effacent, neutres à l’extrême dans un Orfeo sec et raide, où le mince filet de voix de Derek Lee Ragin perce à peine.

On admire le galbe et la conduite nerveuse de Laurence Equilbey, à la tête d’un orchestre aux basses corsées et d’un chœur magnifique de rondeur, mais on reste hermétique au timbre de Franco Fagioli, voix fabriquée au vibrato surdimensionné, qui s’invente une tessiture pour un portrait caricatural.

Au lever de rideau, le chœur, dans l’épure, laisse jaillir les « Euridice » déchirants de Jochen Kowalski. Hélas, son « Che faro senza Euridice », pourtant épaulé par un Hartmut Haenchen attentif, laissera de marbre : de la prudence, bientôt de l’absence. 

Taillé dans le marbre, ce Gluck façon grand opéra opte pour un ton solennel, accentué par des tempi lents et des pupitres gonflés à bloc. Riccardo Muti lisse les arêtes, face à Agnes Baltsa et Margaret Marshall aussi sublimes de voix que somptueusement hors style. Un Gluck romantique, témoin d’une époque. 

Le Rias-Kammerchor, d’un nuancier infini, est à la fois précis, acteur et orateur, soulevé par la battue toujours mouvante de René Jacobs : quelle douleur y passe ! Autant de mouvements de l’âme qui trouvent une réponse immédiate chez Bernarda Fink, Orfeo aux accents pudiques, d’une douleur rentrée, conjuguant ligne exemplaire et voix de nacre, dont les moyens sont aux services constants de l’expression. On est bouleversé par la joie perdue de « Che faro » : le drame, et seulement lui.
 

palmarès:

N°1
Version E
Bernarda Fink, Verónica Cangemi, Rias-Kammerchor, Freiburger Barockorchester, dir. René Jacobs (HM, 2001)

Orfeo ed Euridice de Gluck, dirigé par René Jacobs
Orfeo ed Euridice de Gluck, dirigé par René Jacobs, © HM

N°2
Version B
Agnes Baltsa, Margaret Marshall, Ambrosian Opera Chorus, Philharmonia Orchestra, dir. Riccardo Muti (Warner, 1981)

Orfeo ed Euridice de Gluck, dirigé par Riccardo Muti
Orfeo ed Euridice de Gluck, dirigé par Riccardo Muti, © Warner

N°3
Version A
Jochen Kowalski, Dagmar Schellenberger-Ernst, Chœur de la radio de Berlin, Orchestre de chambre CPE Bach, dir. Hartmut Haenchen (Capriccio, 1988)

Orfeo ed Euridice de Gluck, dirigé par Harmut Haenchen
Orfeo ed Euridice de Gluck, dirigé par Harmut Haenchen, © Capriccio

N°4
Version C
Franco Fagioli, Malin Hartelius, Choeur Accentus, Insula Orchestra, dir. Laurence Equilbey (Archiv, 2015)

Orfeo ed Euridice de Gluck, dirigé par Lautrence Equilbey
Orfeo ed Euridice de Gluck, dirigé par Lautrence Equilbey, © Archiv

N°5
Version D
Derek Lee Ragin, Sylvia McNair, Monteverdi Choir, English Baroque Soloists, dir. John Eliot Gardiner (Philips, 1991)

Orfeo ed Euridice de Gluck, dirigé par John Eliot Gardiner
Orfeo ed Euridice de Gluck, dirigé par John Eliot Gardiner, © Philips

N°6
Version F
Philippe Jaroussky, Amanda Forsythe, Chœur de la Radio télévision Suisse Italienne, I Barocchisti, dir. Diego Fasolis (Erato, 2017)

Orfeo ed Euridice de Gluck, dirigé par Diego Fasolis
Orfeo ed Euridice de Gluck, dirigé par Diego Fasolis, © Erato
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