Dimanche 21 octobre 2018
1h 58mn

Les Planètes, de Holst

Vincent Agrech, Sophie Bourdais et Séverine Garnier élisent la version de référence des Planètes de Gustav Holst.

Les Planètes, de Holst
Gustav Holst (National Portrait Gallery), © © Herbert Lambert via Wikimedia Commons

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compte-rendu:

Cuivres écrasés, brouillard général, défaut de précision : en dépit d’un lever de rideau prometteur, le souffle ne prend pas dans la lecture à la fois lissée et tonitruante d’Eugène Ormandy

Bien mou, cet ostinato d’introduction aux cordes… Karajan et Vienne donnent un Mars suffocant, qui échoue à convoquer la menace de la guerre. Comme s’ils confondaient urgence et précipitation.

On sent d’emblée les affinités d’Adrian Boult avec les Planètes, dont il fut le créateur en 1918. Le chef anglais en propose une vision élégante, aérée, aux phrasés soignés, portant un soin particulier à la clarté de la polyphonie. Mars trahit l’inquiétude plus que la foudre, Saturne résonne apaisée. Mais serait-ce dans l’ensemble trop distant ?

Leonard Bernstein et le New York Philharmonic sont inégaux. Mars, pompeux et approximatif, laisse partagé, mais on est saisi par le caractère inexorable de Saturne, dont le mouvement d’horloge trahit la dramaturgie métaphysique ; et puis le finale de Neptune réussit admirablement l’effet de dislocation de la matière – le tout dans une prise de son un brin criarde.

Le grand spectacle en technicolor ou en son THX ; James Levine et les forces de Chicago se lancent dans un Mars épique, qui exalte cuivres et percussions : une armada sonore diablement efficace. Etrange choix alors que ce Saturne lentissime et dépressif, qui finit par se déliter. On retrouve un haut degré d’inspiration dans Neptune, avec un chœur féminin comme en lévitation, bénéficiant de tous les sortilèges de la spatialisation sonore.

De Mars, Saturne et Neptune, Vladimir Jurowski et l’Orchestre philharmonique exaltent la riche science orchestrale tout en révélant la portée astrologique de chacun des astres. On frémit devant ce Mars terrifiant, vision d’horreur au cœur du champ de bataille, on est happé par la marche inexorable de Saturne, où chaque pupitre vit et dit le drame, tandis que Neptune nous entraine loin de notre espace temps. Un live qui s’impose comme la grande référence moderne du chef-d’œuvre de Holst.

palmarès:

N°1
Version D
Orchestre philharmonique de Londres, dir. Vladimir Jurowski (LPO, 2009)

Les Planètes de Holst dirigés par Vladimir Jurowski
Les Planètes de Holst dirigés par Vladimir Jurowski, © LPO

N°2
Version E
Orchestre symphonique de Chicago, dir. James Levine (DG, 1989)

Les Planètes de Holst dirigés par James Levine
Les Planètes de Holst dirigés par James Levine, © DG

N°3
Version F
Orchestre philharmonique de New York, dir. Leonard Bernstein (Sony, 1973)

Les Planètes de Holst dirigés par Leonard Bernstein
Les Planètes de Holst dirigés par Leonard Bernstein, © SONY

N°4
Version B
Orchestre philharmonique de Londres, dir. Adrian Boult (Warner, 1978)

Les Planètes de Holst dirigés par Sir Adrian Boult
Les Planètes de Holst dirigés par Sir Adrian Boult, © WARNER

N°5
Version A
Orchestre philharmonique de Vienne, dir. Herbert von Karajan (Decca, 1961)

Les Planètes de Holst dirigés par Herbert von Karajan
Les Planètes de Holst dirigés par Herbert von Karajan, © DECCA

N°6
Version C
Orchestre de Philadelphie, dir. Eugene Ormandy (RCA, 1975)

Les Planètes de Holst dirigés par Eugene Ormandy
Les Planètes de Holst dirigés par Eugene Ormandy, © RCA
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