Dimanche 10 mars 2019
1h 58mn

Les Nuits d'été de Berlioz

Séverine Garnier, Emmanuelle Giuliani et Bruno Messina élisent la version de référence des Nuits d'été d'Hector Berlioz.

Les Nuits d'été de Berlioz
Portrait d'Hector Berlioz (1803-1869), © AFP / Brinzhofer

Emission enregistrée en public le jeudi 07 mars 2019 à 19h au Studio 109 de la Maison de la Radio.

compte-rendu:

Seuls ont été pris en compte les enregistrements des 40 dernières années.

La Villanelle flûtée de Jennifer Smith ne passe pas le premier tour, desservie par une diction floue et cotonneuse, et un orchestre (le Philharmonia) trop réverbéré - défauts flagrants de ce live de 1979.

Anne Sofie Otter déploie un timbre sensuel, moelleux, où passe, dès la Villanelle, une indicible mélancolie, quand Le Spectre de la rose, lui, nous enivre de sonorités de serres chaudes. Mais quoi ? Est-ce la Philharmonie de Berlin et Levine ? Ces Nuits d’été nous tiennent à l’écart et semblent même un rien appliquées...

Nous voici en présence d’une Cassandre, d’une Didon plutôt que d’une mélodiste se fondant au cœur du mot. C’est aussi que le mezzo, somptueux, de Susan Graham, est capté de bien près, gâchant l’atmosphère intime des Nuits. Et puis, l’Orchestre du Covent Garden n’est pas d’une grande séduction.

Des Nuits d’été pour baryton ? Stéphane Degout, impérial, cisèle et colore le texte de mille raffinements, aiguillé par les Siècles de François-Xavier Roth qui éclairent l’orchestre de Berlioz sous un jour nouveau. Si une grande voix masculine ne traduit pas, dans l’idéal, la légèreté de la Villanelle ou le mystère évanescent du Spectre de la rose, quelle leçon pourtant !

Le soprano de Véronique Gens, clair et délié, avec ses teintes boisées, apporte une pointe de fraîcheur et de verdeur aux mélodies de Berlioz. Énergique, la Villanelle fait entendre un printemps explosif, galvanisé par la direction, irrésistible d’énergie, de Louis Langrée. Le Spectre de la rose et Sur les lagunes passent comme en rêve, dans un clair-obscur savamment dosé.

La voix charnue et irisée de Bernarda Fink fait merveille dans ce Berlioz qui fait sonner chaque mot et chaque phrase avec naturel et évidence. L’orchestre, aux teintes moirées, se fait miroir de cette interprétation d’une poésie radieuse. Une belle et grande version moderne.

palmarès:

N°1
Version E
Bernarda Fink, Deutsches Symphonie-Orchester, dir. Kent Nagano (HM, 2006)

les Nuits d'été de Berlioz interprétées par Bernarda Fink
les Nuits d'été de Berlioz interprétées par Bernarda Fink, © HM

N°2
Version A
Véronique Gens, Orchestre de l’Opéra national de Lyon, dir. Louis Langrée (Virgin, 2001)

les Nuits d'été de Berlioz interprétées par Véronique Gens
les Nuits d'été de Berlioz interprétées par Véronique Gens, © Virgin

N°3
Version F
Stéphane Degout, Les Siècles, dir. François-Xavier Roth (HM, 2018)

les Nuits d'été de Berlioz interprétées par Stéphane Degout
les Nuits d'été de Berlioz interprétées par Stéphane Degout, © HM

N°4
Version C
Susan Graham, Orchestre du Covent Garden de Londres, dir. John Nelson (Sony, 1997)

les Nuits d'été de Berlioz interprétées par Susan Graham
les Nuits d'été de Berlioz interprétées par Susan Graham, © Sony

N°5
Version B
Anne Sofie von Otter, Orchestre philharmonique de Berlin, dir. James Levine (DG, 1991)

les Nuits d'été de Berlioz interprétées par Anne Sofie von Otter
les Nuits d'été de Berlioz interprétées par Anne Sofie von Otter, © DG

N°6
Version D
Jennifer Smith, Orchestre Philharmonia, dir. Charles Mackerras (BBC Radio Classics, 1979)

les Nuits d'été de Berlioz interprétées par Jennifer Smith
les Nuits d'été de Berlioz interprétées par Jennifer Smith, © BBC Radio Classics

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