Dimanche 8 septembre 2019
1h 58mn

Le Concerto pour piano n°21 de Mozart

Sophie Bourdais, Elsa Fottorino et Alain Lompech élisent la version de référence du Concerto pour piano n°21 de Mozart.

Le Concerto pour piano n°21 de Mozart
Portrait de Mozart circa 1789 par peintre inconnu (détail), © Getty / Hulton Archive

Sophie Bourdais, Elsa Fottorino et Alain Lompech élisent la version de référence du 21e Concerto pour piano de Mozart.

Tout est en place dans le Mozart de Gardiner, les _English Baroque Soloists _crépitent, leur jeu sautillant s’accorde idéalement avec le pianoforte de Malcolm Bilson. Mais ce micro théâtre file bien droit, en défaut de véritable incarnation.

Voici un joli Mozart de porcelaine. Schiff et Végh donnent dans la clarté et la subtilité mais flirtent avec la mignardise. Le piano phrase petit, on reste en deçà de la tendresse et de la malice de l’irrésistible 21e Concerto.

Du théâtre ou des manières ? Le Mozart ciselé de Jean-Efflam Bavouzet et Gábor Takács-Nagy fait débat. L’Allegro maestoso est donné dans la même énergie, et si l’orchestre n’est pas de tout premier ordre, l’imagination du pianiste donne des ailes au Concerto. En revanche l’Andante divise profondément : certains adorent cet opéra des affects, d’autres jugent ces poses larmoyantes. Vraie pierre d’achoppement.

C’est ici l’option grand confort, orchestre opulent, tempo alangui, guidés depuis un piano clair et souverain par un prince musicien, Murray Perahia phrasant large. C’est un Mozart extraverti, démonstratif dans sa majesté : ça se traine, ça se répand un peu, pour autant un tel luxe ne se refuse pas.

L’idéal, ou presque. Tempi vif, discours allant, du théâtre toujours, le sourire et le chant. Le 21e Concerto de Christian Zacharias est l’évidence même, donné dans la lumière, une lumière dorée, fragile, sensible et pudique. Ce Mozart nous susurre à l’oreille et nous promet monts et merveille… mais il doit être possible d’aller plus loin.

Ah ce grain de folie, ce génie de Fazil Say qui, d’une note, d’un trait, d’un phrasé, lance des étincelles, allume un brasier sous l’Orchestre de chambre de Zurich dynamisé par Howard Griffiths. Le Mozart du pianiste turc ne coule pas, il jaillit, répand des éclairs, des grondements, des surprises, quand le chant déploie une ligne d’éther pur. Le mouvement final n’est que liberté, inventivité, jusqu’à la cadence féérique. Un joyau.

Palmarès

  1. Version E
    Fazil Say, Orchestre de chambre de Zurich, dir. Howard Griffiths (Naïve, 2003)
  2. Version D
    Christian Zacharias, Orchestre de chambre de Lausanne (MDG, 2009)
  3. Version A
    Murray Perahia, Orchestre de chambre d’Europe (Sony, 1990)
  4. Version F
    Jean-Efflam Bavouzet, Manchester Camerata, dir. Gábor Takács-Nagy (Chandos, 2018)
  5. Version B
    András Schiff, Orchestre du Mozarteum de Salzbourg, dir. Sándor Végh (Decca, 1989)
  6. Version C
    Malcolm Bilson, English Baroque Soloists, dir. John Eliot Gardiner (Archiv, 1986)

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