Mardi 3 mai 2016
1h 30mn

Le Boléro de Maurice Ravel

Emission en direct et en public du studio 105. Avec la participation de Bertrand Dermoncourt, Séverine Garnier et Christian Merlin. Et c'est la version B, avec l'orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam et Riccardo Chailly à la direction, qui a été choisie.

Seuls ont été pris en compte les enregistrements des 30 dernières années.

Les 6 versions comparées

Version A
London Symphony Orchestra, dir. Claudio Abbado (DG, 1985)

Ravel-A-500
Ravel-A-500

Version B
Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, dir. Riccardo Chailly (Decca, 1986)

Ravel-B-500
Ravel-B-500

Version C
Orchestre de l’Opéra National de Paris, dir. Philippe Jordan (Naïve, 2012)

Ravel-C-500
Ravel-C-500

Version D
Cincinnati Symphony Orchestra, dir. Paavo Järvi (Telarc, 2003)

Ravel-D-500
Ravel-D-500

Version E
Orchestre du Capitole de Toulouse, dir. Michel Plasson (EMI, 1987)
DNC 396896

Ravel-E-500
Ravel-E-500

Version F
Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Pierre Boulez (DG, 1993)

Ravel-F-500
Ravel-F-500

Compte-rendu

Boléro ou concerto pour solistes ? Les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Paris, d’un superbe velours sonore, sont excessivement mis en avant, au détriment d’une vision générale que Philippe Jordan peine à imposer. Tout le monde est déçu. Molle, ennuyeuse, la battue de Michel Plasson propose un Ravel sans relief, et la caisse claire, trop soulignée dès son entrée, en vient à écraser les solistes du Capitole de Toulouse, qui ne brillent pas particulièrement pour leur qualité individuelle.

Claudio Abbado et le London Symphony Orchestra optent pour un Boléro clair, élégant, où les bois semblent pépier dans une volière. Pourtant dès l’entrée des violons, une certaine lourdeur s’accentue, et l’élégance vire à la distance trop léché, ce Ravel en devient aseptisé, avec un crescendo qui ne croît plus. Curieux.

A la tête d’un Philharmonique de Berlin superlatif (ah, ce trombone !), Pierre Boulez réussit l’incroyable tour de force de ne pas dévier d’un iota du tempo initial. Rectiligne, imperturbable, sa direction fait ressortir l’aspect obsessionnel voire maladif de la partition. Voilà surement, réalisé ici, le « style plaintif et monotone » cher à Ravel. A peine regrette-t-on que la modulation finale ne surprenne pas davantage.

On aurait pu craindre que la version de Paavo Järvi, lancée à une vitesse explosive, fasse une sortie de route. Tout le contraire ! Légère, dansante, solaire, faisant le pari de l’objectivité, elle impose une énergie radieuse et un climat différent des Boléros plus tourmentés.

Quels bois miraculeux que ceux du Concertgebouw d’Amsterdam ! Riccardo Chailly, plus extraverti, exalte la réitération rythmique jusqu’à l’ivresse. Fermement tenu, son Boléro culmine dans une impressionnante prolifération, parsemé de couleurs lascives, nonchalantes, où des bouffées d’angoisse se fondent à la danse avec une joie inquiétante. Magistral.

Palmarès

N°1
Version B

Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, dir. Riccardo Chailly (Decca, 1986)

Ravel-B-500
Ravel-B-500

N°2
Version D

Cincinnati Symphony Orchestra, dir. Paavo Järvi (Telarc, 2003)

Ravel-D-500
Ravel-D-500

N°3
Version F

Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Pierre Boulez (DG, 1993)

Ravel-F-500
Ravel-F-500

N°4
Version A

London Symphony Orchestra, dir. Claudio Abbado (DG, 1985)

Ravel-A-500
Ravel-A-500

N°5
Version E

Orchestre du Capitole de Toulouse, dir. Michel Plasson (Erato, 1987)

Ravel-E-500
Ravel-E-500

N°6
Version C

Orchestre de l’Opéra National de Paris, dir. Philippe Jordan (Naïve, 2012)

Ravel-C-500
Ravel-C-500

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