Dimanche 1 septembre 2019
1h 58mn

La Symphonie n°7 en la Majeur op.92 de Beethoven

Vincent Agrech, Chantal Cazaux et Philippe Venturini élisent la version de référence de la 7e Symphonie de Beethoven.

La Symphonie n°7 en la Majeur op.92 de Beethoven
Ludwig van Beethoven, peinture (1815) de Joseph Willibrord Mähler (détail), © Getty / Imagno

Enregistrement public le 29 août 2019 à 19h au Studio de l'Agora de la Maison de la Radio. Réservez vos places pour assister à cet enregistrement.

pitch:

compte-rendu:

John Eliot Gardiner et les siens s’engagent dans un Beethoven nerveux et granitique, plein de rugosités. Mais la virtuosité instrumentale et l’intention historiquement informée prennent le pas sur la nécessité intérieure : ne manque-t-il pas tout simplement une flamme à cette affolante Septième ?

Il y a une narration et une ligne directrice claire dans le geste de Simon Rattle, qui entend prendre son temps, d’où l’impression d’une certaine sagesse. De surcroît, la sonorité globale et très fondue des Berlinois laisse passer peu de lumière. Un brin décevant.

De l’espace, de la profondeur, mais surtout un hédonisme sonore et un refus du tranchant : est-ce bien d’Harnoncourt dont nous parlons ici ? Ce Beethoven, vrai moteur de Rolls-Royce qui ronronne, manque hélas de charme et d’esprit, et l’Allegretto semble à tous cadenassé, servi par un Orchestre de chambre d’Europe à la limite de l’affectation. Puis l’ennui gagne dans le troisième mouvement.

Voici un Beethoven léger, aéré, d’un beau galbe et d’une grande clarté polyphonique. Vent debout, la Philharmonie de chambre de Brême souffle une Septième charnelle et tempétueuse, dans la veine intimiste que lui autorisent ses effectifs réduits. On pourra reprocher à Paavo Järvi un second mouvement hésitant entre le sublime et le pathétique, et, au final, une tendance à rester dans un entre-deux trop neutre.

Difficile de départager les deux lauréats ! D’un côté, une Septième cursive, limpide, avec un Gewandhaus de Leipzig lancé au galop, sous la houlette énergique et l’autorité naturelle d’un Riccardo Chailly qui sait faire chanter ce merveilleux instrument, avec une impressionnante réserve de dynamiques. Fraîcheur, tempi allant, netteté des attaques, lignes de chant souveraines : la leçon des baroqueux a été retenue, coulée dans un orchestre vieux de plus de deux siècles.

De l’autre côté la référence historique : le Beethoven de Carlos Kleiber et de la Philharmonie de Vienne n’a pas pris une ride, et c’est l’équilibre parfait : lyrisme et générosité sans épanchement, chant tendu, discours creusé, articulations huilées, attaques nerveuses avec cordes jaillissant telles des fusées et petite harmonie savoureuse. Bref, une hauteur de vue, un art du théâtre et des clairs obscurs qui culminent dans un mémorable Allegretto, puis un Presto donné dans la fièvre et le brio. Insurpassable ?

palmarès:

N°1
Version C
Orchestre philharmonique de Vienne, dir. Carlos Kleiber (DG, 1976)

Symphonie n°7 de Beethoven dirigée par Carlos Kleiber
Symphonie n°7 de Beethoven dirigée par Carlos Kleiber, © DG

N°1 ex-aequo
Version D
Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, dir. Riccardo Chailly (Decca, 2011)

Symphonie n°7 de Beethoven dirigée par Riccardo Chailly
Symphonie n°7 de Beethoven dirigée par Riccardo Chailly, © Decca

N°2
Version A
Philharmonie de chambre allemande de Brême, dir. Paavo Järvi (RCA, 2006)

Symphonie n°7 de Beethoven dirigée par Paavo Järvi
Symphonie n°7 de Beethoven dirigée par Paavo Järvi, © RCA

N°3
Version F
Orchestre de chambre d’Europe, dir. Nikolaus Harnoncourt (Teldec, 1990)

Symphonie n°7 de Beethoven dirigée par Nikolaus Harnoncourt
Symphonie n°7 de Beethoven dirigée par Nikolaus Harnoncourt, © Teldec

N°4
Version B
Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Simon Rattle (BP, 2015)

Symphonie n°7 de Beethoven dirigée par Simon Rattle
Symphonie n°7 de Beethoven dirigée par Simon Rattle, © BP

N°5
Version E
Orchestre révolutionnaire et romantique, dir. John Eliot Gardiner (Archiv, 1992)

Symphonie n°7 de Beethoven dirigée par John Eliot Gardiner
Symphonie n°7 de Beethoven dirigée par John Eliot Gardiner, © Archiv

la Tribune des internautes:

Quelle est la meilleure version de la Septième Symphonie de Beethoven ?
► Participez et votez pour votre version préférée

L'équipe de l'émission :