Dimanche 14 avril 2019
1h 58mn

Faust-Symphonie de Franz Liszt

Jérôme Bastianelli, Jean-Yves Clément et Emmanuelle Giuliani élisent la version de référence de la Faust-Symphonie de Franz Liszt.

Faust-Symphonie de Franz Liszt
Franz Liszt, © Getty / Hulton Archive

Emission enregistrée en public le jeudi 11 avril 2019 à 19h au Studio 109 le Maison de la radio.

compte-rendu:

Un orchestre en gloire (Dresde), un dessin net, mais une vision froide et analytique. Giuseppe Sinopoli, d’ordinaire si pénétrant, ne fait ni chaud ni froid dans cette Faust-Symphonie didactique et dépourvue d’enjeux.

Il faut arriver au second mouvement et scruter les déficiences de l’Orchestre de la Suisse romande pour mesurer l’ampleur du malaise. Ernest Ansermet ne capte ni l’esprit ni le mystère de cette Faust-Symphonie sans tranchant, qui s’arrête à mi chemin, pépère et prosaïque.

Après un début brumeux, d’où Faust émerge en sourdine, Thomas Beecham prend la partition à bras le corps, dans un premier mouvement fouetté, bouillonnant et théâtral dans sa mise en scène des affects lisztiens. Mais Gretchen – diable ! – expose des bois hasardeux et une battue métronomique, quand Méphistophélès s’endort à vue d’œil : quel étrange renoncement !

Voici une fort belle interprétation. Iván Fischer exalte la saveur de ses forces hongroises mais peine à insuffler cohésion et force de caractère : son Faust est avant tout confortable, ne charriant ni puissance ni métaphysique. Et Hans-Peter Blochwitz s’étrangle méchamment dans son récit final.

Par ici le spectacle ! Nous voici conviés à un festin d’orchestre, où les pupitres de Philadelphie scintillent et rugissent. Certes Riccardo Muti perd parfois de vue l’épopée de Goethe et manque d’éclairer le ciel et l’enfer des fulgurances indispensables. Mais ce Liszt conquérant est intrinsèquement si beau qu’on n’y résiste pas. Luxe absolu : le souffle et la leçon de chant de Gösta Winbergh dans le final.
Qu’admirer le plus ? La fièvre ? L’inquiétude ? La symphonie de couleurs ? La narration éperdue ?

L’évidence, tout simplement. Leonard Bernstein s’incarne tour à tour en Faust, en Marguerite, en Diable… en Liszt pour brosser la plus visionnaire et tourmentée des Faust-Symphonie, noble, noire, ample, inquiète, tendre, diabolique, dont chaque note est l’éloquence et la nécessité même. Âmes sensibles s’abstenir!

palmarès:

N°1
Version C
Charles Bressler, The Choral Art Society, New York Philharmonic, dir. Leonard Bernstein (Sony, 1960)

Faust-Symphonie de Franz Liszt dirigée par Leonard Bernstein
Faust-Symphonie de Franz Liszt dirigée par Leonard Bernstein, © Sony

N°2
Version E
Gösta Winbergh, Chœur du Collège de Westminster, Orchestre de Philadelphie, dir. Riccardo Muti (EMI, 1982)

Faust-Symphonie de Franz Liszt dirigée par Riccardo Muti
Faust-Symphonie de Franz Liszt dirigée par Riccardo Muti, © EMI

N°3
Version D
Hans-Peter Blochwitz, Chœur de la Radio hongroise, Orchestre du Festival de Budapest, dir. Iván Fischer (Philips, 1996)  

Faust-Symphonie de Franz Liszt dirigée par Ivan Fischer
Faust-Symphonie de Franz Liszt dirigée par Ivan Fischer, © Philips

N°4
Version B
Alexander Young, Beecham Choral Society, Royal Philharmonic Orchestra, dir. Thomas Beecham (EMI, 1956)
 

Faust-Symphonie de Franz Liszt dirigée par Thomas Beecham
Faust-Symphonie de Franz Liszt dirigée par Thomas Beecham, © Corbis / EMI

N°5
Version A
Werner Krenn, Choeur Pro Arte de Lausanne, Orchestre de la Suisse romande, dir. Ernest Ansermet (Decca, 1967)

Faust-Symphonie de Franz Liszt dirigée par Ernest Ansermet
Faust-Symphonie de Franz Liszt dirigée par Ernest Ansermet, © Decca

N°6
Version F
Vincent Cole, Chœurs de l’Opéra de Dresde, Staatskapelle de Dresde, dir. Giuseppe Sinopoli (DG, 1995)

Faust-Symphonie de Franz Liszt dirigée par Giuseppe Sinopoli
Faust-Symphonie de Franz Liszt dirigée par Giuseppe Sinopoli, © DG

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