Dimanche 12 janvier 2020
1h 58mn

Concerto pour violon, de Samuel Barber

Pierre Brévignon, Thomas Deschamps et Sarah Léon élisent la version de référence du Concerto pour violon de Samuel Barber.

Concerto pour violon, de Samuel Barber
Samuel Barber en 1944, © Getty / Corbis

compte-rendu:

Un archet poseur, une manière de s’épancher à n’en plus finir et un chef qui s’efface devant sa vedette : Kyoko Takezawa et Leonard Slatkin lassent vite. 

Isaac Stern et Leonard Bernstein divisent. Les uns trouvent de la poésie à ce Barber aux tons mimosa, les autres jugent aigre et ingrat le violon du maître, avec un New York Philharmonic appuyé, à la limite même de la justesse. 

Dans une prise de son qui zoome et dézoome à l’envi sur le soliste, Gil Shaham donne un Barber hyper lyrique et tout de même très attendu. Le tout avec la bénédiction d’un Previn qui verse dans le mauvais goût, culminant dans un second mouvement à la fois étriqué et sirupeux, sans tension, ni rêverie. Une vraie déception. 

Le vibrato de Vadim Gluzman envahit tout et tout de suite. Bien sûr il met du nerf et de l’allant, mais chef et soliste semblent jouer chacun dans leur coin, engloutissant la mélancolie et le chant aristocratique de Barber. Cette vision ultra dramatique semble hors propos.
Quelle acrobate ! La toute jeune Hillary Hahn nous étourdit techniquement, offrant un numéro de pure virtuosité que ce concerto automnal n’appelle peut être pas. Elle assume un romantisme généreux, jamais contredite par Hugh Wolff, livre un Andante bigger than life, qui va sans doute trop loin dans sa noblesse un peu feinte. On rend les armes devant un final frénétique... mais où est l’émotion ? 

L’équilibre parfait, c’est Anne Akiko Meyers et Christopher Seaman qui le trouvent. D’abord, l’entrée de ce violon lumière se fait sur la pointe des pieds, discret, tellement naturel dans son art d’entamer son dialogue aérien avec l’orchestre. Le rêve et la nostalgie s’instaurent, délicatement, tout en chant et en aigus argentés. Le mouvement central incite au recueillement et le final est idéalement chantant et affuté.

palmarès:

N°1
Version D
Anne Akiko Meyers, Royal Philharmonic Orchestra, dir. Christopher Seaman (Canyon, 1988) 

Le Concerto pour violon de Samuel Barber, interprété par Anne Akiko Meyers
Le Concerto pour violon de Samuel Barber, interprété par Anne Akiko Meyers, © Canyon

N°2
Version B
Hilary Hahn, Orchestre de chambre de Saint Paul, dir. Hugh Wolff (Sony, 1999) 

Le Concerto pour violon de Samuel Barber, interprété par Hilary Hahn
Le Concerto pour violon de Samuel Barber, interprété par Hilary Hahn, © Sony

N°3
Version F
Vadim Gluzman, Orchestre symphonique de São Paulo, dir. John Neschling (Bis, 2007) 

Le Concerto pour violon de Samuel Barber, interprété par Vadim Gluzman
Le Concerto pour violon de Samuel Barber, interprété par Vadim Gluzman, © Bis

N°4
Version A
Gil Shaham, London Symphony Orchestra, dir. André Previn (DG, 1993) 

Le Concerto pour violon de Samuel Barber, interprété par Gil Shaham
Le Concerto pour violon de Samuel Barber, interprété par Gil Shaham, © DG

N°5
Version C
Isaac Stern, New York Philharmonic, dir. Leonard Bernstein (Sony, 1963) 

Le Concerto pour violon de Samuel Barber, interprété par Isaac Stern
Le Concerto pour violon de Samuel Barber, interprété par Isaac Stern, © Sony

N°6
Version E
Kyoko Takezawa, Orchestre symphonique de Saint Louis, dir. Leonard Slatkin (RCA, 1994) 

Le Concerto pour violon de Samuel Barber, interprété par Kyoko Takezawa
Le Concerto pour violon de Samuel Barber, interprété par Kyoko Takezawa, © RCA

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