Dimanche 7 novembre 2021
1h 58mn

Concerto pour piano n°3 de Sergueï Rachmaninov

Elsa Fottorino, Mélissa Khong et Alain Lompech élisent la version de référence du Troisième Concerto pour piano de Sergei Rachmaninov.

Concerto pour piano n°3 de Sergueï Rachmaninov
Le compositeur russe Sergueï Rachmaninov (1873-1943)

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compte-rendu:

Opulent, terrien, lourd aussi : le Rachmaninov de Vladimir Ashkenazy et André Previn s’avère bien prévisible et n’emballe personne.

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C’est qui le chef ? C’est Martha ! La lionne Argerich se lance dans des embardées fantastiques, délivrant un concerto imprévisible et capricieux, donné comme une folle improvisation. Chailly et son orchestre n’auront qu’à suivre !

Le premier mouvement s’ouvre par des déséquilibres, comme si le feu follet Daniil Trifonov et un Yannick Nézet-Séguin soucieux de faire flamber sa phalange, croisaient à peine le regard. C’est aussi ce qui fera la fragilité, l’émotion à fleur de peau et bientôt le lyrisme incendiaire de ce Rachmaninov saturé de couleurs, d’une réelle noblesse. Mais pourquoi, ainsi lancés, le chef ajoute-t-il dans le final ces ralentis sirupeux ?

Nelson Goerner chante un chant éperdu, laissant s’envoler, entre ciel et terre, un Rachmaninov qui ne sera que tendresse et poésie. Les timbres du BBC Philharmonic se fondent à cette vision somptueuse alliant lumière, éloquence limpide et souplesse absolue. Le tandem se déchaine dans un final extatique.

Ce Troisième Concerto sort de l’ordinaire : Zoltán Kocsis et Edo de Waart font ressortir les motorismes rythmiques d’une partition qu’ils tirent vers Bartók, sans jamais s’alanguir sur la moindre phrase : d’une clarté exemplaire, ce jeu révolutionnaire et fin, cristallin et malicieux dévoile des détails insoupçonnés. On adore leur plaisir de jouer, jusque dans la course à l’abîme du final.

Quel miracle que le Rachmaninov, si mal connu, de Howard Shelley et Bryden Thomson ! Relief, justesse de la pulsation, puissance contenue, lyrisme sobre qui n’oublie ni profondeur ni mélancolie, c’est l’évidence même. L’Intermezzo est miraculeux, chaque phrase portée par un mélange de passion et de pudeur. Et le final, macabre, offre des moments d’exaltation qui laissent pantois.

palmarès:

N°1
Version B
Howard Shelley, Orchestre national d’Ecosse, dir. Bryden Thomson (Chandos, 1990) 

Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, interprété par Howard Shelley
Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, interprété par Howard Shelley, © Chandos

N°2
Version F
Zoltán Kocsis, Orchestre symphonique de San Francisco, dir. Edo de Waart (Philips, 1983)

Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, interprété par Zoltan Kocsis
Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, interprété par Zoltan Kocsis, © Philips

N°3
Version A
Nelson Goerner, BBC Philharmonic, dir. Vassili Sinaïski (Cascavelle, 2002)

Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, interprété par Nelson Goerner
Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, interprété par Nelson Goerner, © Cascavelle

N°4
Version C
Daniil Trifonov, Orchestre de Philadelphie, dir. Yannick Nézet-Séguin (DG, 2018) 

Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, interprété par Daniil Trifonov
Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, interprété par Daniil Trifonov, © DG

N°5
Version D
Martha Argerich, Radio-Sinfonie-Orchester Berlin, dir. Riccardo Chailly (Philips, 1982)

Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, interprété par Martha Argerich
Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, interprété par Martha Argerich, © Philips

N°6
Version E
Vladimir Ashkenazy, Orchestre symphonique de Londres, dir. André Previn (Decca, 1972) 

Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, interprété par Vladimir Ashkenazy
Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, interprété par Vladimir Ashkenazy, © Decca
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