Dimanche 9 décembre 2018
1h 58mn

Caprices de Paganini

Jérôme Bastianelli, Fabienne Bouvet et Michel Le Naour élisent la version de référence des Caprices de Niccolò Paganini.

Caprices de Paganini
Portrait de Paganini (détail) peint par John Whittle, © Getty / Heritage images / Hulton Fine Art Collection

compte-rendu:

Une belle mécanique, de l’énergie à revendre, quitte à bousculer le discours, mais un manque de chaleur, d’onctuosité… de musique, tout simplement ! On attend autre chose des Caprices, et James Ehnes n’enthousiasme pas outre mesure.

La fin d’un mythe ? Non seulement Michael Rabin semble à la peine techniquement, mais sa sonorité acidulée, que couronnent de vilains aigus, met tout le monde mal à l’aise. Quelques problèmes de justesse n’arrangent rien à ces Caprices, si réputés mais terriblement bridés et datés.

Si Salvatore Accardo n’est pas dépourvu de volonté et d’éloquence, il nous offre un Paganini plus violonistique que musical. Des Caprices monotones, comme étouffants, étrange mélange de légèreté et de discours hâché.

On suit avec délectation le violon (en)chanteur d’Itzhak Perlman, brillant, volubile, plus à son aise dans le lyrisme que dans la pure vélocité, où les traits se font soudain péremptoires. C’est splendide de bout en bout, mais sans ce frémissement et ce supplément d’âme qui feront la différence.

Un elfe ou le diable en personne ? Thomas Zehetmair se joue des pires difficultés en dansant, virevoltant, léger et armé de panache. Ses Caprices sont parcourus de milles nuances, de ruptures, d’élans et de silences subits : quel théâtre ! On croit entendre Paganini réincarné dans cet archet de feu.

Que dire quand les Caprices de Paganini se hissent à pareil degré de perfection ? Julia Fischer est non seulement une immense virtuose, régnant en souveraine sur cet océan de difficultés, mais elle s’en amuse en poète, élégante et modeste, ludique et magicienne, libre et lumineuse, jongleuse et architecte. Le rêve !

palmarès:

N°1
Version D
Julia Fischer (Decca, 2008)

Les Caprices de Paganini par Julian Fischer
Les Caprices de Paganini par Julian Fischer, © Decca

N°2
Version C
Thomas Zehetmair (Teldec, 1992)

Les Caprices de Paganini par Thomas Zehetmair
Les Caprices de Paganini par Thomas Zehetmair, © Teldec

N°3
Version A
Itzhak Perlman (Warner, 1971)

Les Caprices de Paganini par Itzhak Perlman
Les Caprices de Paganini par Itzhak Perlman, © Corbis / Warner

N°4
Version E
Salvatore Accardo (DG, 1977)

Les Caprices de Paganini par Salvatore Accardo
Les Caprices de Paganini par Salvatore Accardo, © DG

N°5
Version B
Michael Rabin (EMI, 1958)

Les Caprices de Paganini par Michael Rabin
Les Caprices de Paganini par Michael Rabin, © EMI

N°6
Version F
James Ehnes (Telarc, 1995)

Les Caprices de Paganini par James Ehnes
Les Caprices de Paganini par James Ehnes, © Telarc

la Tribune des internautes:

Quelle est la meilleure version des Caprices de Paganini ?
► Participez et votez pour votre version préférée

L'équipe de l'émission :