Dimanche 5 mai 2019
1h 58mn

Bagatelles op.126 de Beethoven

Bertrand Boissard, Melissa Khong et Alain Lompech élisent la version de référence des Six Bagatelles op.126 de Ludwig van Beethoven.

Bagatelles op.126 de Beethoven
Ludwig van Beethoven, © Getty / FierceAbin / coll. E+

Emission enregistrée en public le 02 mai 2019 à 19h au Studio 109 de la Maison de la radio.

compte-rendu:

Un son impérial c’est bien beau, mais pour en faire quoi ? Lent, Evgeni Koroliov donne trop d’ampleur et pas assez d’intimité à ces Bagatelles, bref, déploie des moyens un peu vains pour des pièces qui n’en demandent pas tant.

Le superbe toucher de Stephen Kovacevich s’éloigne du monde feutré et concentré des Bagatelles pour aller vers la surcharge expressive. C’est somptueusement joué, mais très présent, très concret, sans la simplicité attendue. Dommage.

Rien ne ressemble à Glenn Gould, et c’est tant mieux ! Son art de dévier Beethoven de son message et de sa trajectoire, de lui faire dire ce que bon lui semble frise le génie. De surcroît l’artiste ne baisse jamais la garde et tient constamment en haleine. Selon l’humeur, ce sera fascinant… ou repoussant.

La fraîcheur, la simplicité souriante, l’allant et la pulsation des Bagatelles selon Nelson Goerner touchent et saisissent. On aime leur lyrisme immédiat, leur poésie, et bien qu’elles ne débordent pas de personnalité, leur réalisation est tellement irréprochable que toute réserve s’envole. Mention spéciale pour la Sixième.

Quel charme dans la Première Bagatelle d’Alfred Brendel, avec ses teintes crépusculaires : cela frémit, s’élève, coule de source, irradié d’une lumière et d’un nuancier subtils. La Quatrième, rageuse, frôle le brutal, quand la Sixième, très volontaire, s’épanouit, solaire. Si le recueil ne se dévoile pas ici sous toutes ses facettes, c’est néanmoins magistral.

De l’humour, des fulgurances, des atmosphères, de la fantaisie que diable ! Evgeni Sudbin a tout compris : notre virtuose musarde, s’amuse, chante, élégant, éperdu, tour à tour grâcieux ou effaré, tendre et inquiet, capricieux, sur le qui-vive. Un Beethoven éperdu, des doigts de feu et mille surprises. Irrésistible.

palmarès:

N°1
Version F
Evgeni Sudbin (Bis, 2014)

Six Bagatelles op.126 de Beethoven par Evgeni Subdin
Six Bagatelles op.126 de Beethoven par Evgeni Subdin, © Bis

N°2
Version B
Alfred Brendel (Vox, 1964)

Six Bagatelles op.126 de Beethoven par Alfred Brendel
Six Bagatelles op.126 de Beethoven par Alfred Brendel, © Vox

N°3
Version C
Nelson Goerner (Alpha, 2015)

Six Bagatelles op.126 de Beethoven par Nelson Goerner
Six Bagatelles op.126 de Beethoven par Nelson Goerner, © Alpha

N°4
Version E
Glenn Gould (Sony, 1974)

Six Bagatelles op.126 de Beethoven par Glenn Gould
Six Bagatelles op.126 de Beethoven par Glenn Gould, © Sony

N°5
Version A
Stephen Kovacevich (Philips, 1974)

Six Bagatelles op.126 de Beethoven par Stephen Kovacevich
Six Bagatelles op.126 de Beethoven par Stephen Kovacevich, © Philips

N°6
Version D
Evgeni Koroliov (Tacet, 2017)

Six Bagatelles op.126 de Beethoven par Evgeni Koroliov
Six Bagatelles op.126 de Beethoven par Evgeni Koroliov, © Tacet

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