Dimanche 15 septembre 2019
1h 58mn

Lucrezia de Haendel, Cessate omai cessate de Vivaldi

Charlotte Landru-Chandès, Emmanuelle Giuliani et Piotr Kaminski élisent la version de référence des cantates Lucrezia de Haendel et Cessate omai cessate de Vivaldi.

Lucrezia de Haendel, Cessate omai cessate de Vivaldi
Georg Friedrich Ahendel circa 1725, © Getty / Hulton Archive / Hulton Fine Art coll.

Présentation vidéo

Quelle est la meilleure version de Cessate, omai cessate de Vivaldi ?

La voix, proche d’un mezzo, est riche, mais l’émission forcée. Et les mots glissent sans signifier grand chose : Max-Emanuel Cenčić, peu aidé par des musiciens traînards, déçoit.

Andreas Scholl, projetant timidement, ne cherche pas à investir davantage le texte de la cantate, rendu de manière uniforme et monochrome ; on ne trouvera pas plus de vie dans l’aimable ruban instrumental qui l’accompagne.

Le timbre chaud et moiré de Sara Mingardo s’accorde miraculeusement aux tons vermeils du Concerto Italiano, porteurs d’un vrai théâtre. Mais à nouveau, ces graves abyssaux et ce soleil dans la voix refusent une incarnation de chair.

Le miracle Anne Sofie von Otter ! Avec un timbre aux beautés intrinsèquement limitées, la musicienne déploie des trésors d’expressivité, s’invente des graves et des aigus qu’elle n’a peut-être pas, mais gorge son italien de caresses ou de furies, réveillant tous les incendies vivaldiens. Main dans la main avec l’énergique Musica Antiqua Köln de Reinhard Goebel.

Palmarès

  1. Version D
    Anne Sofie von Otter, Musica Antiqua Köln, dir. Reinhard Goebel (Archiv, 1997)
  2. Version B
    Sara Mingardo, Concerto Italiano, dir. Rinaldo Alessandrini (Opus 111, 1996)
  3. Version A
    Andreas Scholl, Ensemble 415, dir. Chiara Banchini (HM, 1995)
  4. Version C
    Max Emanuel Cenčić, Ornamente 99, dir. Karsten Erik Ose (Capriccio, 2003)

Quelle est la meilleure version de La Lucrezia de Haendel ?

Ça commence très bien. De sa voix crémeuse, Lorraine Hunt se livre corps et âme à la passion haendelienne et traduit, en un syllabe, un soupir, les affres de Lucrèce. Charismatique, la musicienne a aussi pour elle l’humilité, la noblesse et la simplicité, en osmose avec Harry Bicket.

Quelques accord évocateurs, un geste qui tout de suite guide la voix au sein de la Rome antique : Marc Minkowski et ses musiciens du Louvre tissent un écrin parfait pour Magdalena Kožená. Laquelle, de son mezzo sublime, bouleverse dans le murmure et la demi-teinte, mais surjoue hélas l’effroi et le déchirement.

En dépit du drapé de cordes et du continuo nasillard que Raymond Leppard anime avec effort, Janet Baker nous fait voir et toucher le cheminement psychologique fatal de Lucrezia comme personne d’autre : hauteur de vue, sens du tragique inné, couleurs et sous-entendus à foison. Rien n’a vieilli dans cette version légendaire de la diva anglaise, qui révéla à des millions de mélomanes ce chef d’œuvre du jeune Haendel.

Léa Desandre campe une Lucrezia plus juvénile, qui cherche à envoûter par le charme, le naturel, le fondant du timbre et la maitrise du style. Son intuition et sa fraîcheur émerveillent d’emblée. On adhère à la proposition, malgré un Concert d’Astrée très sonore et volubile.

Palmarès

  1. Version C
    Lea Desandre, Le Concert d’Astrée, dir. Emmanuelle Haïm (Erato, 2018)
  2. Version D
    Janet Baker, English Chamber Orchestra, dir. Raymond Leppard (Philips, 1972)
  3. Version B
    Magdalena Kožená, Les Musiciens du Louvre, dir. Marc Minkowski (Archiv, 1999)
  4. Version A
    Lorraine Hunt-Lieberson, Orchestre de l’âge des lumières, dir. Harry Bicket (Avie, 2004)

La Tribune des internautes

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