Programmation musicale
Samedi 19 juillet 2014
59 min

"L’autobiographie pour dire le monde" avec Laura Alcoba et Jean Rouaud.

Pour cette seconde émission il sera question d’autobiographie. Ecriture de soi, écriture sur soi, l’autobiographie est un genre mouvant, riche et sans cesse renouvelé.

Journal intime, compilation de souvenirs, autoanalyse, l’autobiographie surprend, se métamorphose, et peut être aussi, paradoxalement, une façon de dire le monde, de raconter une histoire collective, de mettre en scène une époque. C’est ce qui nous intéresse chez les deux auteurs que nous écouterons : Laura Alcoba et Jean Rouaud.

En janvier dernier Jean Rouaud a publié Un peu la guerre, aux éditions Grasset. C’est le troisième volet d’un travail autobiographique commencé en 2011 avec Comment gagner sa vie honnêtement. Ce délicieux nouvel opus est un précieux document pour tous ceux qui s’intéressent à cet auteur devenu célèbre du jour au lendemain, lorsqu’il a décroché le Goncourt 1990 avec son premier roman, Les champs d’honneur. Ici, il raconte ses années de fac, au début des années soixante dix, alors que l’université française avait décrété que le roman était mort, ce qui tombait assez mal pour celui qui, justement, se rêvait romancier. Alors nous accompagnons le tout jeune homme, grandi dans un territoire rural qu’il est le dernier aujourd’hui à appeler Loire inférieure, territoire rural peuplé de fantômes et de rituels ancestraux, territoire rural qui, confie Jean Rouaud aujourd’hui, a façonné son imaginaire. Avec cette autodérision qui n’appartient qu’à lui, Jean Rouaud raconte son combat pour écrire, trouver sa place dans la littérature d’aujourd’hui, accéder à sa personnalité d’auteur et dire à sa façon le monde et le siècle, leurs changements et surtout, le temps qui passe.

Un peu la guerre
Un peu la guerre

En aout 2013 Laura Alcoba a publié chez Gallimard Le bleu des abeilles. Comme dans un de ses précédents livres, Manèges, Alcoba a puisé dans ses souvenirs de petite fille pour écrire ce livre. Elle raconte ici comment, à dix ans, elle a dû quitter l’Argentine, son pays natal, pour rejoindre sa mère déjà réfugiée en France alors que son père restait à Buenos Aires, emprisonné. C’était au début des années soixante-dix, et la petite fille s’est retrouvée du jour au lendemain dans la banlieue parisienne, sous le statut de réfugiée, et a dû affronter non seulement un nouveau pays mais surtout une nouvelle langue, le français, qui est la sienne aujourd’hui. Dans ce travail de mémoire tout en finesse, l’expérience personnelle est un révélateur de l’histoire collective, la douleur des Argentins qui fuyaient la dictature et s’exilaient en Europe. Dans de courtes scènes de la vie quotidienne, Laura Alcoba raconte la peur d’être montrée du doigt dans sa nouvelle école, la honte de ne pas savoir s’exprimer correctement, de ne pas trouver sa place dans ce nouveau pays.

Le bleu des abeilles
Le bleu des abeilles

Programmation musicale

Nelson Olivier : Stolen moments
Nelson Olivier sextet, Bill Evans
Impulse 254631 2

Homero Esposito/Hector Stamponi : Flor de Lino
Cuarteto Cedron
Moshe Naïm 106692

Foxes Fleet : White Winter Hymnal
Foxes Fleet
Rough trade records CC08

John Cage : In a Landscape
Francesco Tristano
DGG 47617 3

Donizetti : Lucia di Lammermoor
Maria Callas
Orchestre Symphonique du RIAS de Berlin, Herbert von Karajan
EMI 7636312

Ravel : Ma mère lOye, Le Jardin féérique
Philippe Entremont, Laura Mikkola
Cascavelle VEL 3075

Scarlatti : Sonate en ré m K1
Scott Ross
Erato

Alex Baupain : Avant la haine
Alex Baupain, Camelia Jordana
Naïve records NV 823011

Les invités :
L'équipe de l'émission :
Mots clés :